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Cent-Suisses

En 1497, le roi Charles VIII créait la compagnie des Cent-Suisses de la garde
Garde - service au cour - 1786.
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Les Cent-Suisses est une compagnie d'infanterie d'élite composée de mercenaires suisses au service du roi de France entre 1471 et 1830. Par analogie on parle également de Cent-Suisses pour désigner d'autres corps de mercenaires suisses. Une troupe folklorique de la Fête des vignerons porte ce titre en leur hommage depuis le milieu du XIXe siècle.

HistoireModifier

Cette unité militaire est instituée en 1471 par Louis XI[1] et portait alors la hallebarde. À l'origine, cette compagnie comprenait cent hommes, tous de nationalité suisse, sélectionnés pour leur grande taille. Lorsque les armes de l'époque évoluèrent, avec notamment l'apparition des armes à feu, ses membres furent divisés entre piquiers et arquebusiers[2].

Lorsque les mercenaires suisses apprennent que le roi Charles VIII prépare une expédition contre Naples, ils se précipitent en masse pour être recrutés. À la fin de l'année 1494, ils sont présents par milliers à Rome, de passage, avec l'armée française qui occupera Naples au mois de février suivant. En 1495, le roi a sa vie sauvée grâce à la fermeté inébranlable de ses fantassins suisses[3]. Charles VIII a l'ambition d'avoir une garde nombreuse, mais malgré leurs beaux habillements et leurs enseignes peintes à l’or fin, les Cent-Suisses sont surtout là pour gagner les batailles. Ils sont hallebardiers, archers, arbalétriers, se servent de mousquetons et montent, protègent le roi et la famille royale[4].

Louis de Menthon en est le premier commandant en 1496, avec le titre de capitaine surintendant[5]. Il faisait partie de la maison militaire du roi.

Le corps est supprimé en 1792 par l'Assemblée nationale, rétabli en 1814 par Louis XVIII et subsiste jusqu'en 1830.[réf. nécessaire]

 
Lors de la bataille de Pavie (1525) les Cent-Suisses sont décimés.

Les Cent-Suisses servirent de modèle à la création en 1579 d'une unité comparable au service de la Savoie puis du royaume de Piémont-Sardaigne, dissoute en 1798. On trouvait encore des Cent-Suisses en Toscane, en Autriche (1745), ou en Brandebourg (1696-1713). La Garde suisse pontificale, créée en 1506, fait partie de cette tradition.

DeviseModifier

La devise inscrite sur la croix blanche est : ea est fiducia gentis (« telle est la fidélité de cette Nation »).

OrganisationModifier

 
Épée de l'uniforme de cérémonie des Cent-Suisses, vers 1700-1725.

La garde était commandée par un capitaine suisse avec deux lieutenants sous ses ordres (un Suisse et un Français). Lors du sacre, le capitaine et ses officiers étaient vêtus de satin blanc avec de la toile d'argent dans les entaillures, les soldats portaient des casques de velours. La milice jouissait des mêmes privilèges que les sujets nés dans le royaume, dont l'exemption d'imposition pour le garde et sa famille, même en cas de décès[6]. Ils avaient le droit d'être jugés selon la jurisprudence de leur pays d'origine et la Maison du Roi comportait donc un tribunal des Cent-Suisses[7].

Lors des parades, la milice avec 100 hommes se présentait comme suit :

  • le capitaine
  • les deux lieutenants
  • le premier sergent
  • quatre trabans (hallebardiers) pour la défense du capitaine
  • les caporaux
  • les anspessades (grade inférieur au caporal)
  • les tambours
  • les mousquetaires
  • deux trabans pour la défense de l'enseigne
  • deux tambours
  • l'enseigne
  • les piquiers
  • les mousquetaires de la seconde marche
  • les sous-lieutenants à la fin de la compagnie
  • des sergents sur les côtés

Colonels généraux des Cent-Suisses et GrisonsModifier

CapitainesModifier

Les capitaines étaient les commandants effectifs du corps :

MédecinsModifier

Privilèges, et autres droitsModifier

HommageModifier

 
Costume du commandant des Cent-Suisses à la Fête des Vignerons de 1999.

Depuis 1819, il est fait mémoire de cette institution dans l'organisation de la Fête des Vignerons de Vevey. Une troupe de figurants costumés en « Anciens-Suisses » (1819), en référence aux premiers soldats confédérés, puis en « Cent-Suisses » (dès 1865[10]) en référence aux soldats du service étranger, est intégrée à chaque édition de cette manifestation, inscrite au Patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO et qui n'a lieu qu'une fois par génération. Pour la célébration de 2019 le concepteur de la fête, Daniele Finzi Pasca a imaginé une troupe complémentaire les « Cent pour Cent » formée de cent hommes et cent femmes, équipés du même type d'uniforme, mais sans armes.

Il existe une Marche des Cents-Suisses composée par Charles-Henri Bovet (1943-1992).

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

RéférencesModifier

  1. Dezobry et Bachelet, Dictionnaire de biographie, t. 1, Ch. Delagrave, 1876, p. 507.
  2. Ibid.
  3. La Sabretache, La maison du roi sous la Régence, J.F. Lyot, p. 1.
  4. Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des…, par William Duckett, p. 140.
  5. Rodolphe de Castella de Delley, I. Les colonels généraux des suisses et grisons. II. Les Cent-Suisses de la garde du Roi (1481-1792) devenus gardes à pied ordinaires du corps du Roi (1814-1830), p. 13 et Général Michel Hanotaux, Fastes militaires, la compagnie des Cent-Suisses de la garde ordinaire du corps du roy.
  6. Encyclopédie, ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, Diderot, d'Alembert, 1751 — 1772.
  7. Notice sur les archives du tribunal dans la Salle des inventaires virtuelle des Archives nationales.
  8. Minutier centrale, archives nationales de France.Étude de Bougainville cote: LXVIII/442, renonciation de succession par Claude Rinquenette de la Frette, son épouse décédée
  9. Bibliothèque historique de la Ville de Paris, , fol 4, droit de vente des vins, MS-NA-60, manuscrit entrés de 1903 à 1908: «  Nicolas Robbe, dit Benjamin, l'un des cent suisses de la garde ordinaire du roi et l'un des treize privilégiés de ladite compagnie, vend pour trois ans à Jacques Chérer, écuyer, exempt de la même compagnie, le privilège dont il jouit, de l'exemption des droits de gros huitième, ainsi que les autres droits dont jouissent les Suisses privilégiés, ledit Chérer ayant ainsi le droit de vendre et débiter, chacun an, jusqu'à cent cinquante muids de vin, francs desdits droits »
  10. « Fête des Vignerons », Journal de Genève,‎ , p. 1 (lire en ligne)