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Catherine Peyge

femme politique française

Catherine Peyge
Fonctions
Maire de Bobigny

(7 ans, 6 mois et 29 jours)
Prédécesseur Bernard Birsinger (PCF)
Successeur Stéphane De Paoli (UDI)
Biographie
Date de naissance (58 ans)
Lieu de naissance Marignac
Nationalité Française
Parti politique PCF
Diplômé de Université de Toulouse
Profession Professeure de géographie

Catherine Peyge est une femme politique française, née le à Marignac dans la Haute-Garonne, maire de Bobigny (préfecture de la Seine-Saint-Denis) de septembre 2006 à avril 2014.

Sommaire

BiographieModifier

Elle passe son enfance dans le village haut-garonnais de Marignac, un « petit trou perdu » dira-t-elle plus tard[1]. Son père est chocolatier et sa mère assistante médicale[2]. Elle commence son engagement militant en rejoignant la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC)[3],[4]. En 1980, elle adhère au Parti communiste français (PCF)[5]. Parallèlement, après des études de géographie à l’université de Toulouse, elle rentre à l’Éducation nationale. Mutée en région parisienne en 1986, elle y enseigne les lettres et l'histoire en lycée professionnel[6].

Engagement municipalModifier

En 1995, elle est élue conseillère municipale PCF de Bobigny et prend en charge la santé, supervisant les organismes municipaux qui la gèrent[1].

Après les élections de 2001, sur proposition du maire, Bernard Birsinger, le conseil municipal l’élit au poste de première adjointe déléguée aux questions financières et à la jeunesse. À une époque encore assez peu paritaire, elle est la première femme à s'installer dans un bureau de première adjointe à Bobigny[1].

En août 2006, Bernard Birsinger décède brutalement lors d’une réunion publique en province. Pour la succession, le conseil municipal choisit Catherine Peyge, qui devient ainsi, selon sa biographie officielle, la première femme maire de Bobigny et une des rares femmes maires d’une commune de plus de 20 000 habitants[7],[1].

Le soir-même de son élection au poste de maire, elle signe un arrêté s’opposant à toute expulsion locative dans sa commune, arguant du fait que « les expulsions et les dégâts humains qu'elles provoquent coûtent infiniment plus cher qu'un maintien dans les lieux, avec un accompagnement social adapté »[8].

Lors des élections municipales de 2008, elle conduit une liste rassemblant communistes, socialistes, chevénementistes, écologistes de gauche et représentants de la société civile[9]. Elle est élue dès le premier tour avec 54,8 % des voix[10].

Sous sa direction, la municipalité prend une initiative concernant la jeunesse : le « Contrat de réussite solidaire ». Ces projets sélectionnés par une commission constituée d’élus de la ville, d’enseignants et de chefs d’entreprises sont très divers. En contrepartie de cette aide, le jeune signataire s’engage à donner de son temps et de ses capacités au service de la communauté balbynienne[11].

Catherine Peyge suscite l'incompréhension de l'Union des associations musulmanes de Seine-Saint-Denis en refusant, lors du conseil municipal du , l'observation d’une minute de silence à la demande de la famille, d'amis, d'employés de Batkor ainsi que de Balbyniens souhaitant rendre hommage à Saïd Bourarach, agent de sécurité découvert noyé dans le canal de l'Ourcq, à la suite d'une altercation avec un client[12]. Selon la journaliste Caroline Fourest, « vouloir transformer toute altercation entre un juif et un Arabe en affaire politique » est, dans cette affaire, le souhait de « groupes victimaires »[13].

En janvier 2011, Catherine Peyge, en tant que maire, signe un protocole de partenariat avec la SNCF en vue de la réhabilitation du site de départ des convois de déportés du camp de Drancy pour en faire un lieu de mémoire[14]. Avec Anne Bourbon (chef de projet) et Annette Viel (muséologue conseil), elle avait présenté le projet au 16e symposium de l'ICOMOS qui s'était tenu à Québec au Canada du 29 septembre au 4 octobre 2008[15].

Même si Bobigny ne se réjouit pas d'avoir des camps de Roms sur son territoire[16], Catherine Peyge défend les droits des Roms conformément aux lois et circulaires de la République française : scolarité obligatoire des enfants, droits des citoyens européens qui ont tous une nationalité, coopération avec les pays d’origine, application de la circulaire du 26 août 2012 prévoyant un travail en amont avec les populations expulsables[17],[18].

Jugée trop distante et moins à l'aise avec les habitants que son prédécesseur, elle ne parvient pas à assurer durablement sa popularité malgré la rénovation du centre-ville, les chantiers de la cité Karl-Marx et un bilan de 2 500 logements construits[19],[20].

Lors de la campagne municipale de mars 2014, « elle n’imagine pas que, lorsque Stéphane de Paoli dénonce le « tout pour les Roms » supposé de la mairie, il trouve un écho chez une partie de ses concitoyens »[21].

À l'issue du premier tour, les résultats sont un choc : avec 44 % des voix, Stéphane de Paoli, le candidat UMP-UDI, encore inconnu deux ans plus tôt, arrive en tête tandis que Catherine Peyge recueille à peine plus de 40 % des voix, soit une chute de 14 points par rapport à 2008 ; 13 000 électeurs ne se sont pas déplacés[22].

Le 30 mars 2014, Catherine Peyge est battue aux élections municipales par Stéphane De Paoli soutenu par l'UDI, parti du député de la circonscription Jean-Christophe Lagarde, et l’UMP[23].

Lors de l’installation du nouveau conseil municipal et du nouveau maire, elle n’est pas présente. Elle a annoncé aux militants communistes de Bobigny qu'elle ne siègera pas au conseil municipal[24], mettant ainsi un terme à sa carrière politique et retournant de ce fait, à l'âge de 55 ans, à son administration initiale, l'Éducation nationale[6].

De 1920 à 2014 (soit 95 ans durant), Bobigny avait élu exclusivement des maires communistes[23].

Engagement militantModifier

En février 2013, elle rencontre, à Mahanoy en Pennsylvanie (États-Unis), le prisonnier politique américain Mumia Abu-Jamal, après l'inauguration par la municipalité de Bobigny, en octobre 2012, d'une rue au nom de l'ancien militant et journaliste des Black Panthers[25],[26].

Autres fonctionsModifier

D'avril 2008 à avril 2014, Catherine Peyge est présidente du Syndicat intercommunal de la périphérie de Paris pour l'électricité et les réseaux de communication (SIPPEREC)[27], établissement public qui gère les questions d’énergie et de communication de 80 communes représentant plus de 3 millions d’habitants. En juillet 2013, elle dénonce les fortes hausses des tarifs de l'électricité depuis 10 ans, y voyant la source d'une précarité énergétique accrue pour les populations dans certaines communes, dont Bobigny[28].

De janvier 2010 à avril 2014, Catherine Peyge est vice-présidence d’Est Ensemble, la communauté d’agglomération de l’est-parisien regroupant les villes de Bagnolet, Bobigny, Bondy, Les Lilas, Le Pré-Saint-Gervais, Montreuil, Noisy-le-Sec, Pantin et Romainville[29]. Elle y est chargée des ressources humaines[30].

En 2008, elle est mandatée comme experte au sein de l'ONU-Habitat, un comité du programme des Nations unies de lutte contre les expulsions locatives forcées[31].

En juin 2010, lors de son 35e congrès, Catherine Peyge est élue à la direction nationale du PCF, devenant membre du comité exécutif avec pour mission de promouvoir les luttes pour un service public du logement qui assure un toit à tous. Elle est, selon ses déclarations, responsable du collectif « Droit à la ville, logement » du PCF[32].

Catherine Peyge est également rapporteuse de la commission Cohésion sociale de l'Association des maires de France[33].

Notes et référencesModifier

  1. a, b, c et d Elodie Soulié, Catherine Peyge promet « fidélité et continuité », Le Parisien, 8 septembre 2006.
  2. La maire, sur le site Bobigny gueule d'amour, belle d'esprit : « Catherine Peyge est née le 8 octobre 1959, d'un père chocolatier et d'une mère secrétaire médicale, à Marignac en Haute-Garonne, petite commune des Pyrénées ».
  3. Raphaëlle Bacqué, Les Roms perdus de Bobigny, Le Monde, 29-11-2014 : « A l'époque, l'édile, dont les premiers engagements ont été pour les Jeunesse ouvrières chrétiennes [...] ».
  4. Syliva Zappi, « La droite brigue Bobigny, citadelle rouge de la Seine-Saint-Denis », lemonde.fr, (consulté le 12 avril 2014).
  5. La maire, op. cit. : « elle rejoint le Parti Communiste Français au début des années 80 ».
  6. a et b A Bobigny, Catherine Peyge (PC) se prépare à redevenir prof, Le Parisien, 30 juin 2014.
  7. La maire, op. cit. : « En septembre 2006, elle succède à Bernard Birsinger, brusquement décédé. Élue à l'unanimité par le Conseil municipal, elle devient la première femme maire de Bobigny et intègre ainsi le cercle étroit des très rares femmes à la tête d'une commune de plus de 20 000 habitants ».
  8. Bobigny prend un nouvel arrêté contre l'expulsion locative, sur le site pcf.fr, 20 mars 2008 : « Le 14 mars 2008 , à la veille de la reprise des expulsions locatives, la maire réélue de Bobigny, Catherine Peyge, signe un nouvel arrêté pour interdire les expulsions locatives, premier acte politique du nouveau conseil municipal ».
  9. La maire, op. cit. : « Lors des élections municipales de 2008, elle mène la liste « Bobigny pour tous » composée de représentants du PCF, du PS, du MRC, du Mouvement de la gauche écologiste et de la société civile balbynienne ».
  10. « Bobigny », Ministère de l'Intérieur (consulté le 12 avril 2014).
  11. Nathalie Perrier, Un contrat de réussite aidera les jeunes à réaliser leur rêve, Le Parisien, 5 octobre 2007.
  12. « Bobigny refuse une minute de silence pour Saïd Bourarach », UAM 93 (Union des associations musulmanes de Seine-saint-Denis, (consulté le 12 avril 2014).
  13. Caroline Fourest, Le vigile et la fausse vigilance, Lemonde.fr, 28 mai 2010 : « La défiance raciste a pu jouer, de part et d'autre, mais la motivation raciste n'est pas démontrée. Il s'agit donc d'un fait divers. A moins de vouloir transformer toute altercation entre un juif et un Arabe en affaire politique ».
  14. Catherine Peyge, maire de Bobigny : « Faire de ce site un lieu de recueillement et de réflexion active pour refuser tous les discours de haine que l’on peut entendre dans notre présent », sur le site du Conseil Représentatif des Institutions juives de France (CRIF), 27 janvier 2011.
  15. L'ancienne gare de deportation de Bobigny: De l’esprit du lieu à la médiation interculturelle, ICOMOS Open Archive.
  16. Il s'agit des deux camps illégaux de La Folie et des Coquetiers, plus une aire d'accueil légale rue de Paris, cf À Bobigny, la fermeture des camps roms s'organise, Le Parisien, 18 avril 2014.
  17. « Dignité, légalité, humanité pour les Roms », humanite.fr, (consulté le 12 avril 2014).
  18. « Catherine Peyge, maire de Bobigny condamne l’évacuation forcée des familles Roms du pont de Bondy », elunet.org, (consulté le 12 avril 2014).
  19. Sylvia Zappi, La droite brigue Bobigny, citadelle rouge de la Seine-Saint-Denis, Le Monde, 26-03-2014 : « Aujourd'hui encore, c'est le nom du maire disparu à 51 ans qu'on cite quand on veut faire la différence avec l'édile actuelle. « Lui savait » écouter, discuter, venir au contact... Les verbes déclinés sont autant de qualités déniées à Catherine Peyge, trop distante. Elle a beau vanter les 2 500 logements qu'elle a fait construire, la « métamorphose » du centre-ville, les chantiers de la cité Karl-Marx, sa « consult'action » et ses 14 000 questionnaires sur l'avenir de la ville, l'élue de 55 ans aux cheveux courts et blond platine a gardé, de ses années à la Jeunesse ouvrière chrétienne, son air un peu trop sûr d'avoir raison ».
  20. Une autre source donne le chiffre de 2 800 logements, cf. Cédric Néau et al., Alternance : étranges ambiances dans les services, lagazettedescommunes.com, 02/04/2014.
  21. Raphaëlle Bacqué, Les Roms perdus de Bobigny, Le Monde, le 29-11-2014.
  22. Pauline Graule, Bobigny : un bastion PCF menacé par l’abstention, Politis.fr, 28 mars 2014.
  23. a et b « À Bobigny, la « gueule de bois » des communistes », Libération, (consulté le 12 avril 2014).
  24. Anthime Verdier, A Bobigny, la « gueule de bois » des communistes, Libération, 7 avril 2014 : « Trois jours après la défaite, les militants se sont retrouvés dans une salle de l’espace Maurice-Nilès. Catherine Peyge, maire sortante, prend la parole : « J’ai pris la décision de ne pas siéger au conseil municipal. » ».
  25. Gaël de Santis, Visite française pour Mumia, l'Humanité.fr, 7 avril 2013.
  26. (en) Johanna Fernandez, Justice on trial: The case of Mumia Abu-Jamal, Aljazeera, 8 novembre 2012.
  27. Philippe Subra, Le Grand Paris: Géopolitique d'une ville mondiale (Livre numérique Google), Armand Colin, 2012, 336 pages.
  28. Hausse du prix de l'électricité : "J'aimerais qu'EDF redevienne un service public", challenges.fr, 9-7-2013.
  29. 9 villes de l'Est parisien ? Parlons-en-franchement, compte rendu, octobre 2009 : « La communauté d’agglomération de l’Est-parisien baptisée « Est ensemble » et composée des villes de Bagnolet, Bobigny, Bondy, Les Lilas, Le Pré-Saint-Gervais, Montreuil, Noisy-le-Sec, Pantin et Romainville, a pris effet en janvier 2010 ».
  30. Compte rendu de la séance plénière du lundi 20 décembre 2010 à Bobigny : « Catherine PEYGE, Vice Présidente en charge du personnel Est Ensemble ».
  31. Catherine Peyge épingle la loi sur le logement, Le Parisien, 6 août 2008.
  32. Nicolas Dutent, Penser la ville du vivre ensemble. Entretien avec Catherine Peyge, maire de Bobigny, La Revue du Projet, sur Mediapart, 17 janvier 2013.
  33. 96e Congrès des maires et des présidents de communautés, 18 au 21 novembre 2013.