Black Panther Party

mouvement révolutionnaire afro-américain

Le Black Panther Party ou BPP (à l'origine le Black Panther Party for Self-Defense) est un mouvement révolutionnaire de libération afro-américaine d'inspiration marxiste-léniniste et maoïste, formé en Californie le 15 octobre 1966 par Bobby Seale et Huey P. Newton. Il a atteint une échelle nationale avant de s'effondrer à cause de tensions internes et des actions menées par l'État, en particulier par le FBI (arrestations et agitation de factions rivales via des infiltrés)[1]. L'organisation est connue pour son programme « Free Breakfast for Children », l'utilisation du terme « pigs » (cochons) pour décrire les agents de police corrompus ainsi que pour avoir apporté des armes à feu à l'assemblée législative californienne. Le mouvement a hérité de la tradition maoïste et a fortement influencé les mouvements anti-impérialistes ultérieurs[2].

Contexte historiqueModifier

Dans ce contexte historique, les Afro-Américains souffrent régulièrement d'injustices et d'oppression. En effet, une de ces principales causes est la ségrégation raciale qui a pour but de séparer les individus en fonction de leur couleur de peau. Ainsi, les personnes blanches sont alors privilégiées par rapport aux personnes noires. Les exemples les plus connus sur ces "privilèges" sont les lieux, comme certains bars, restaurants, qui peuvent être côtoyés uniquement par des personnes de couleur blanche. Cette oppression ne résista qu'un temps lorsque des résistances eurent lieu. Nous pouvons citer le célèbre discours "I have a dream" de Martin Luther King en 1963, ainsi que les divers mouvements et manifestations qui ont eu lieu pour vaincre l'injustice.

Black Panther Party ne fut qu'une organisation parmi tant d'autre et encore dans notre décennie actuelle nous avons l'apparition de mouvement similaire comme le Black Lives Matter en 2013.

Naissance de l'organisationModifier

 
Le parti dispose d'un service de publication qui permet de faire connaître le mouvement et d'encourager à la lutte contre le racisme.

Le Black Panther Party, pouvant se traduire en français par le Parti panthère noire, est le fruit de la rencontre de deux jeunes militants de la cause noire, Huey P. Newton et Bobby Seale, à Oakland dans la région de la baie de San Francisco en Californie. Selon les sources, les deux hommes se seraient rencontrés en 1962[3] au Merritt College d'Oakland auquel Newton s'était inscrit en droit[4] ou lors de conférences organisées par l'Afro-American Association (AAA), une association née sur le campus de Berkeley en 1961 dont l'audience était importante dans le sud de la Californie. Son leader, Donald Warden, était l'une des figures locales de la communauté noire[5].

Newton, plus radical que Seale, est alors attiré par le nationalisme noir prôné par Malcolm X. Newton est à l'origine plus proche de la position intégrationniste et non-violente du NAACP (National Association for the Advancement of Colored People), dont il commence à se distancer[6]. Les deux hommes se détachent rapidement de l'AAA pour rejoindre le Revolutionary Action Movement (RAM) qu'ils quittent aussi bientôt, critiquant sa démarche trop tournée vers la réflexion théorique et son incapacité à porter son action sur le terrain pour résoudre les problèmes concrets rencontrés par les plus pauvres des Afro-Américains[7].

Newton s'inscrit parallèlement à la San Francisco Law School. Il purge en 1964 une peine de prison de six mois, consécutive à une agression à l'arme blanche[7]. À sa sortie de prison, en 1965, les deux hommes se retrouvent au Merritt College où ils adhèrent au Soul Student Advisory Council, une structure émanant du RAM. Ils participent à une mobilisation pour mettre en place un cycle de cours sur l'histoire des Noirs[8]. Seale travaille alors au centre de lutte contre la pauvreté d'Oakland Nord (North Oakland Neighborhood Anti-Poverty Center) où il est confronté quotidiennement aux problèmes économiques et sociaux qui touchent la population noire.

Cette situation sociale s'accompagne d'un accroissement de tensions entre la police et la population noire dans la ville d'Oakland, notamment depuis les émeutes de Watts (1965) dans la ville de Los Angeles. L'insatisfaction qu'ils éprouvent, devant les réponses faites par les différentes organisations auxquelles ils ont successivement adhéré, les persuade de créer leur propre structure et de prôner l'action directe. D'autres groupes les avaient précédés dans l'utilisation de la violence à des fins politiques et d'autodéfense, dont la section du NAACP dirigée en Caroline du Nord par Robert F. Williams dans les années 1950 et les Deacons for Defense (en) au début des années 1960[9].

Enregistrement du partiModifier

Dans la première quinzaine d'octobre 1966, ils rédigent le Programme en dix points, véritable plateforme de démonstration idéologique propre au Black Panther Party, qui s'inspire directement des préoccupations de la population et vise à être aisément compréhensible par les moins instruits[10]. Il s'agit de l'acte de naissance du Black Panther Party pour l'Autodéfense. Seale en devient le président, Newton le « ministre de la Défense ». Le mouvement s'ancre dès ses origines dans une perspective anti-capitaliste et internationaliste : « Nous ne combattons pas le racisme par le racisme. Nous combattons le racisme par la solidarité. Nous ne combattons pas le capitalisme exploiteur par le capitalisme noir. Nous combattons le capitalisme par le socialisme. Et nous ne combattons pas l'impérialisme avec plus d'impérialisme. Nous combattons l'impérialisme avec l'internationalisme prolétarien. [...] Nous croyons que notre combat est une lutte des classes et non pas une lutte raciale »[11].

Kathleen Cleaver a pris la parole au Hutton Memorial Park dans le comté d'Alameda, en Californie.

Les femmes sont plusieurs milliers à rejoindre le BPP, représentant 60 % des membres du parti[12](p. 51). Les plus célèbres étant Elaine Brown, Kathleen Cleaver, Assata Shakur ou encore Ericka Huggins. D'après cette dernière, « si vous étiez une Black Panther, vous étiez une féministe ». L'historienne Sylvie Laurent relève que « la misogynie voire le sexisme n'ont bien sûr pas été éradiqués au sein des Panthers et la parité n'a jamais été totale. Mais la dynamique sociale au sein des Panthers était marquée par une quête constante de parité et une véritable réflexion sur le rôle des femmes dans la lutte. Autant que les hommes, elles tenaient le microphone en public et, à la tête de nombreuses sections, elles infléchirent en sous-main le travail du BPP »[13] .

Origines du nom et de son emblèmeModifier

Après les Émeutes de Watts, des patrouilles de surveillance des agissements de la police, les Community Alert Patrols sont créées, et les activistes apposent des panthères noires sur les voitures de patrouille, et de nombreuses organisations emboitent le pas[12].

L'emblème et le nom de l'organisation s'inspirent toutefois directement de la Lowndes County Freedom Organization (en) (LCFO) un parti né dans le sillage de la Marche de Selma de 1965, organisée par une coalition d'organisation luttant pour les droits civiques[14]. Lors de leur passage dans le comté de Lowndes (Alabama), composé par une écrasante majorité de Noirs mais dirigé par des démocrates blancs, les membres du Student Nonviolent Coordinating Committee (SNCC), parmi lesquels Stokely Carmichael et Gwendolyne Patton[12],[15] entreprennent de créer un parti ayant la vocation est de représenter les intérêts des Noirs, le LCFO, qui est le premier Black Panther Party[16]. Une démarche similaire a lieu en 1964 dans l'État du Mississippi où le Mississippi Freedom Democratic Party avait contesté avec succès la « légitimité du Parti démocrate local »[17].

 
Affiche appelant à la convention de 1970 à Washington.

Loi sur l'iconographie des partis politiquesModifier

La loi de l'Alabama oblige tous les partis à présenter une identification visuelle pour les votants analphabètes. Ruth Howard du SNCC, contacté par Courtland Cox, présente d'abord un pigeon mais les acteurs du SNCC refusent cet emblème jugé trop doux[18]. La deuxième proposition est une panthère noire, la mascotte du Clark College d'Atlanta. Cette image est remarquée par Seale, et Newton par la suite[12].

Influences du LCFO et symbole de la panthère et du Black PowerModifier

Mark Comfort (en), un militant bien connu localement s'était rendu à Lowndes pour travailler à l'enregistrement des électeurs et électrices noirs aux côtés du SNCC, et ramena des informations à propos du LCFO et de son iconographie à Oakland. Des leaders du LCFO se rendirent également au chapitre de Berkerley de la SNCC pour présenter leurs actions de militantisme « grassroot ». Les liens sont renforcés par la tenue de deux conférences Black Power qui se tiennent à l'Université de Californie à Bekerley en octobre 1966. La première a pour objectif de lever des fonds pour le Black Panther Party LCFO. La deuxième est chapeautée par la Students for a Democratic Society et rassemble des personnes militantes au niveau local et national autour de la thématique du Black Power. Mark Comfort, Maulana Karenga de Los Angeles y assistent et Stokely Carmichael y fait une présentation du Black Panther Party d'Alabama[12](p. 56). Newton et Seale fondent le Black Panther Party for Self Defense le même mois et Newton suggère l'utilisation de la même symbolique de la panthère noire pour le nouveau parti, aussi bien pour le logo que pour le nom. Le logo et le nom de la panthère noire du LCFO sont inclus dans le document fondateur du parti, intitulé What We Want Now! What We Believe (en français Ce que Nous Voulons et ce que nous croyons)[19](p. 37) le manifeste fondateur du parti[12](p. 56).

L'adoption de ce symbole, qui coïncide avec le développement de l'usage du slogan « Black Power », est une des manifestations du tournant opéré par une partie du mouvement des droits civiques. La rupture entre la Conférence du leadership chrétien du Sud (Southern Christian Leadership Conference ou SCLC) de Martin Luther King et d'autres organisations plus radicales, telles que le SNCC, est en passe d'être consommée. Le positionnement vis-à-vis de la violence est l'un des points de discorde entre les deux associations. La violence dont ils sont régulièrement victimes lors de leurs actions dans le Sud du pays amène progressivement les militants du SNCC à rompre avec la doctrine non violente de King.

Dans l'esprit de John Hullet (en), un des leaders du SNCC, la panthère noire est « un animal sauvage qui, si on l'attaque, ne reculera pas. Cela voulait dire que nous riposterions si nous le devions […] »[20].

Ce symbole et le nom de « Black Panther » sont rapidement repris par d'autres organisations dans le pays qui n'entretiennent pas de lien avec le SNCC. A l'origine, le Black Panther Party for Self-Defense, lui-même, n'était pas lié ni au SNCC, ni avec aucun de ces partis.

Lien avec le personnage de MarvelModifier

En juillet 1966, Stan Lee et Jack Kirby créent le personnage de comics Black Panther, premier super-héros noir[21],[22]. Même si aucun lien n'est avéré entre le nom du parti, créé en octobre de la même année, et celui du personnage, il est sûr que le personnage est créé dans le but de soutenir la cause afro-américaine et le Black Power[21]. Le super héros noir est non pas un Américain, mais un authentique Africain, dont le royaume ayant échappé à la colonisation, est à la pointe des sciences et des technologies[23].

En février 1972, l'ascension du mouvement politique du Black Panther Party, pousse Marvel à renommer pour un temps son personnage en « Black Leopard » (le Léopard Noir)[24] pour éviter toute association entre le super héros et le parti[21]. La réaction du public est très négative et Marvel fait machine arrière dès novembre 1972[21].

Le film Black Panther, sorti en 2018, fait référence au Black Panther Party de plusieurs façons. Au niveau de l'intrigue, puisqu'on y voit l'oncle du super héros tenter de monter une révolte armée dans un des ghettos noirs d'Oakland, lieu de la création du parti. Et lors de la promotion du film, puisqu'une des affiches publicitaires met en scène Chadwick Boseman, qui joue le super héros, prenant une pose similaire à celle d'une des plus célèbres photos de Huey Newton, assis sur un trône africain tenant en main une arme à feu et une sagaie[21]. L'héritage de la philosophie de Black Panther Party perdure avec le sujet de la restitution de biens culturels à l'Afrique et la fiction Marvel la transpose dans la culture populaire à sa manière[25],[26].

Lien avec d'autres organisationsModifier

Bobby Seale et Huey P. NewtonModifier

Robert George "Bobby" Seale - né le 22 octobre 1936 à Dallas (Texas), militant des droits civiques - cofonde le Black Panther Party For Self Defense en 1966.

Huey Percy Newton - né le 17 février 1942 à Monroe (Louisiane) et mort le 22 août 1989 à Oakland (Californie), homme politique, écrivain et théoricien - cofonde le Black Panther Party For Self Defense.

PhilosophiesModifier

Influences révolutionnairesModifier

Frantz Fanon et Malcolm X sont deux références majeures du mouvement. Fanon, l'un des premiers théoriciens marxiste-léninistes d'importance à s'être préoccupé du problème des Noirs avec une analyse de classe, légitime notamment la violence révolutionnaire, considérée comme émancipatrice, et son livre Les damnés de la terre rencontre un écho particulièrement favorable, comme le témoigne Eldrige Cleaver dans Les Temps Modernes en 1970[27]. Son analyse de l'usage raciste de la psychiatrie en Algérie inspire la critique de l’industrie médicale américaine comme moyen de contrôle social [28]. Malcolm X est apprécié pour avoir combiné l'érudition et sa capacité à communiquer au plus grand nombre ; pour le dépassement du nationalisme noir laissant la possibilité d'alliances avec les Blancs et la critique des leaders de la lutte des droits civiques[29].

Le Black Panther Party est l'une des premières organisations noires à se revendiquer du communisme dans le pays, dans un contexte de répression de ce mouvement politique. Les dirigeants et combattants des différentes mouvances, comme Che Guevara ou Hô Chi Minh, sont considérés comme une source d'inspiration, bien que le parti reste indépendant des organisations communistes. Les Black Panthers reprennent une rhétorique révolutionnaire engagée contre le capitalisme et l'impérialisme, notamment identifiés aux États-Unis. De plus, des liens de solidarité sont créés avec des organisations révolutionnaires, et en premier lieu avec les Vietcongs[30]. Le maoïsme introduit l'idée que « le pouvoir est au bout du fusil » et la nécessité d'abolir la distance entre les intellectuels et les masses, mais inspire également les programmes communautaires, le mot d'ordre « Servir le peuple » étant repris d'un chapitre du Petit Livre rouge. Deux voyages sont organisés en Chine dans le début des années 1970, lors desquels les délégations sont sensibilisés à la déprofessionalisation de la médecine. Le docteur Tolbert Small décide d'encourager la pratique de l’acupuncture après avoir participé à la délégation de 1972[31].

Selon Earl Anthony, en plus du programme et de la hiérarchie du Parti, chaque membre devait étudier et lire le Petit Livre rouge de Mao Zedong. Il affirme que le concept de critique et d'autocritique était en particulier bénéfique pour encadrer les divergences et préserver les relations à l'intérieur de l’organisation[32].

Discours et textes notoiresModifier

DiscoursModifier

Un certain nombre de discours emblématiques du parti sont répertoriés dans le livre All Power to the People[19].

TextesModifier

  • Août 1970 : A Letter from Huey to the Revolutionary Brothers and Sisters About the Womens Liberation and Gay Liberation Movements[37].

Alliances, coalitions et soutiensModifier

Women libs et Gay liberation frontModifier

Au début de l'année 1970, dans un rallye organisé en soutient de Bobby Seale qui avait été emprisonné, Jim Fouratt exhorte les membres du mouvement des droits civiques à ne plus utiliser de rhétorique homophobes et à réviser leurs biais et leurs préjugés envers les personnes gays. L'écrivain Jean Genet est présent également.

Huey P. Newton a exprimé son soutien au Women's Lib et au Gay liberation (en) movement dans une lettre de 1970 publiée dans le journal The Black Panther intitulée «A Letter from Huey to the Revolutionary Brothers and Sisters About the Womens Liberation and Gay Liberation Movements»[37]. Écrite un an après les émeutes de Stonewall, Newton reconnaît que les femmes et les homosexuels sont des groupes opprimés et exhorte les membres du Black Panther Party à s'unir à eux de manière révolutionnaire. Le Black Panther Party a travaillé avec le Gay Liberation Front; les deux mouvements partageaient un terrain d'entente dans leur lutte contre la brutalité policière.

Parmi les personnes du mouvement de libération homosexuelle qui ont soutenu activement le Black Panther Party, on trouve l'écrivain Jean Genet, venu aux États-Unis sans visa suite à l'emprisonnement de Bobby Seale et la traque envers Angela Davies[38]. Genet prononce des discours et écrit en dénonçant les violences policières[39],[40],[41],[42],[43].

ProgrammeModifier

Programme en dix pointsModifier

 
Détail du programme.

Le 15 mai 1967, dans le deuxième numéro du journal Black Panther Newspaper, le Black Panther Party publie la version originale de son programme en dix points (« Ten-Point program »)[44]. Les dix points ont les titres suivants[45],[46] :

  1. Nous voulons la liberté. Nous voulons pouvoir décider de la destinée de notre Communauté noire.
  2. Nous voulons le plein emploi pour notre peuple.
  3. Nous voulons la fin de la spoliation de notre Communauté noire par les Capitalistes.
  4. Nous voulons des habitations décentes, dignes d'abriter des êtres humains.
  5. Nous voulons pour notre peuple une éducation qui expose la vraie nature de cette société américaine décadente. Nous voulons une éducation qui enseigne notre vraie histoire et notre rôle dans la société d'aujourd'hui.
  6. Nous voulons que les hommes noirs soient exemptés du service militaire.
  7. Nous voulons un arrêt immédiat de la BRUTALITÉ POLICIÈRE et des MEURTRES de Noirs.
  8. Nous voulons la liberté pour tous les hommes noirs détenus dans des prisons fédérales, d'États, de comtés et de villes.
  9. Nous voulons que les Noirs, lorsqu'ils sont soumis à un procès, soient jugés par un jury constitués de leurs pairs ou de personnes issues de leurs communautés noires, comme défini dans la constitution des États-Unis.
  10. Nous voulons des terres, du pain, des logements, l'éducation, des habits, la justice et la paix.

Modalités d'actionModifier

Patrouilles d'auto-défenseModifier

 
Convention des Black Panthers en 1970.

En janvier 1967, le parti ouvre officiellement son premier bureau à Oakland. Il entreprend quelques mois après sa création une campagne de patrouilles visant à surveiller les agissements de la police de la ville. L'action est censée répondre au septième point de son programme : « Nous exigeons la fin immédiate des brutalités policières et des assassinats de Noirs ». Les Black Panthers s'inspirent d'actions équivalentes menées l'été précédent dans le quartier de Watts en Californie. Des « Patrouilles d'alerte des citoyens noirs » (Negro Citizen Alert Patrols) s'étaient organisées en équipant des véhicules de scanners destinés à écouter et suivre les voitures de la police de Los Angeles. Munies de livres de droit et de magnétophones, les patrouilles s'assuraient de la légalité de chacune des interventions des forces de l'ordre. L'opération avait cependant dû être interrompue après que la police eut détruit les appareils d'enregistrement et dispersé les patrouilles par la force[47].

Les Black Panthers ajoutent un élément à la panoplie initiale du groupe de Los Angeles, en armant les participants des rondes de surveillance de la ville d'Oakland. L'objectif du groupe est toutefois de rester dans le strict cadre de la légalité. Il s'appuie sur le deuxième amendement de la Constitution des États-Unis et la législation de l'État de Californie pour justifier le port d'armes non dissimulées de ses membres[48]. Ces derniers reçoivent une formation sur les droits constitutionnels fondamentaux en matière d'arrestation et de port d'armes.

Travail communautaireModifier

Aide sociale et alimentaireModifier

Le parti lance une variété de programmes communautaires à visée sociale et politique, comme des distributions de nourriture et de vêtements[49]. L'une des réussites majeures du parti est sans doute le « Free Breakfast for Children Program », initialement à St. Augustine's Church, une église d'Oakland, et qui a nourri des milliers d'enfants durant l'histoire du parti[50].

Analysée comme la conséquence prévisible d'un racisme institutionnel et du capitalisme, la faim est considérée comme un inhibiteur du développement physique, de l'éducation et de l’engagement politique. La distribution des petits-déjeuners et plus tard de nourriture gratuite répond à la fois aux besoins vitaux de la population noire et participe à sa mobilisation politique tout en discréditant les institutions fédérales et en particulier les programmes d'assistance alimentaire tel que le National School Lunch Program (en), suscitant par là l'hostilité des autorités. Bénéficiant d'une forte popularité et répondant à de réels besoins au sein quartiers déshérités, ce programme, principalement porté par les femmes, contribue à légitimer le parti au-delà de la communauté noire. Si les adversaires du parti les accusent d'instrumentaliser les enfants à des fins de propagande, il reçoit aussi le soutien d'organisations éloignées de leurs idéaux politiques. Par exemple, les congrégations ecclésiastiques se montrent divisées, certaines fermant leurs portes tandis que d'autres les soutiennent. Les pressions politiques et les intimidations policières tendent dans un premier temps à l'isoler, néanmoins l’autorisation permanente du programme des petits-déjeuners en 1975 constitue une forme de reconnaissance officielle qui n'a pas [51].

Le parti combat aussi la toxicomanie, l'alcoolisme et plus largement l'usage des drogues par des campagnes de sensibilisation.

Activisme médicalModifier

Les Black Panther prennent des initiatives pour l’accès aux soins et la lutte contre les discriminations dans le domaine de la santé. Ces mesures s’inscrivent dans un contexte nommé par ce que l’écrivain Harriet A. Washington (en) nomme un « apartheid médical », principalement caractérisé par le caractère ségrégué des professions médicales, les inégalités en termes de couverture et d’accès à l’offre de soins et une prise en charge dégradée des minorités ethniques[52]. La marginalisation économique renforce cette situation défavorable sur le plan sanitaire[53].

Le Black Panther s’inspire librement de la charte de l’OMS pour revendiquer le droit à la santé. Cet activisme est concomitant avec une exigence plus large d’inclusion sociale des citadins Noirs défavorisés[54]. Il hérite aussi de l’expérience des communautés noires contraintes de s’autonomiser face à la ségrégation dans les hôpitaux, à l’exclusion des formations médicales et, parfois, aux formes de négligence et de maltraitance[55].

Le siège du Parti donne des directives aux différents chapitres pour l’établissement de cliniques médicales communautaires gratuites (les Party’s Free Medical Clinics). Les cadres y travaillent avec bénévoles et des salariés des secteurs médicaux et paramédicaux pour administrer des soins de base, l’aide au diagnostic et, par exemple, des services d’ambulance ou de dentisterie. En raison du faible nombre de médecins noirs à l'époque (environ 3 % des médecins[56]), ainsi que du parti-pris multiracial des Panthers, la plupart des médecins de ces cliniques sont Blancs, une partie d'entre eux s'étant engagé dans le mouvement des droits civiques lors de la campagne de 1964 des Freedom Summers[56]. Les cliniques aident également les patients à défendre leurs droits en matière d’accès aux soins. Des unités mobiles et véhiculées permettent aux soignants de se rendre au sein des populations démunies[57].

Les cliniques abolissent la distance symbolique et économique entre les populations marginalisées et le système de santé. Elles servent de base aux initiatives proprement médicales mais sont aussi le siège d'une assistance sociale plus large, comme l’aide juridique et l’accès au logement. Contribuant à la promotion de la santé et à la démystification de la médecine, elles participent à la mouvance radicale des cliniques gratuites ou à faible coût, principalement animées par des groupes minoritaires ou féministes, revendiquant le droit à la santé pour tous[58],[59].

Selon A. Nelson, auteur de Body and Soul : The Black Panther Party and the Fight Against Medical Discrimination (2011):

« On comptait entre douze et quinze cliniques. À la suite de la fondation du Parti émergèrent des cellules locales auxquelles le siège cherchait à faire adopter les directives nationales. Ces cellules étaient censées ouvrir une clinique, lancer un programme de distribution de petits-déjeuners et vendre des journaux. Si, en 1966, le manifeste en dix points des Panthers ne comportait qu'une vague référence à la santé, toutes les cellules locales étaient censées avoir ouvert leur clinique dès 1969, de sorte qu'en 1972 le nouvel article 6 du manifeste révisé en dix points traitait uniquement des soins médicaux, accordant ainsi à la santé beaucoup plus d'importance dans l'œuvre politique du Parti[56]. »

.

Au moins l'une de ces cliniques, le Carolyn Downs Medical Center à Seattle, existe toujours[60]. La clinique Common Ground, fondée à La Nouvelle-Orléans après l'ouragan Katrina de 2005, l'a été par un ex-Black Panther, Malik Rahim[60],[56].

Le parti organise la lutte contre la drépanocytose à la fois par l'éducation à la santé, sous la forme de multiples canaux médiatiques, et par le dépistage génétique. Il développe une analyse politique de celle-ci, soulignant les causes aussi bien sociales que biologiques de sa prévalence. En 1970, un article de Robert B. Scott dans le Journal of the American Medical Association souligne l’invisibilité de la drépanocytose par rapport aux autres maladies génétiques, exposant les disparités des fonds fédéraux attribués à la recherche dans ce domaine. Cet article, abondamment relayé et commenté, renforce la critique à l'égard de l’administration de Richard Nixon et d'une politique de santé publique qui, étant articulée au profit, néglige une maladie touchant principalement une population démunie[61],[56]. En 1972, le Congrès adopte le National Sickle Cell Anemia Control Act, ce qui constitue une victoire à double-tranchant puisqu'elle affaiblit la critique politique de l'État[62].

Afin de sensibiliser l'opinion, les Panthers participent même à une émission du Mike Douglas Show aux côtés de John Lennon et de Yoko Ono afin de demander davantage d'études sur cette maladie[60].

Le parti mène également une campagne contre la biologisation de la violence. Il participe ainsi, avec des organisations féministes, étudiantes, de prisonniers ou de défense de droits civiques, à la mobilisation contre le projet de création du Center for the Study and Reduction of Violence de l'université de Californie à Los Angeles, patronné par Ronald Reagan, dont le but est en partie de rechercher les causes biologiques des comportements violents. Conçu et principalement promu par le psychiatre Louis Jolyon West, il suscite de vives réactions lorsqu'il est appris que des programmes de recherches ciblent spécifiquement des groupes minoritaires et des populations vulnérables avec des méthodes psychiatriques invasives. La réduction de la violence à des facteurs biologiques est considérée comme un moyen d'évacuer les causes sociales et politiques, mais aussi une manière d'entériner la pathologisation de groupes sociaux, en l’occurrence les Noirs. L'État n'autorise finalement pas la création du centre après des mois de négociations politiques[63].

Activités électorales et rapports avec le SNCCModifier

Le Black Panther Party conclut une alliance électorale avec le Parti paix et liberté (Peace and Freedom Party), une coalition d'organisations de gauche qui se distingue alors par son opposition à l'intervention américaine au Viêt Nam. Malgré son jeune âge, Eldridge Cleaver qui a alors 34 ans devient le candidat du PPL pour l'élection présidentielle de 1968[64].

L'alliance des Panthers avec des organisations à majorité blanche est pour beaucoup dans l'échec du rapprochement avec le Student Nonviolent Coordinating Committee amorcé au cours de l'année 1967. Les principaux leaders du SNCC, Stokely Carmichael, James Forman et H. Rap Brown sont nommés à des postes clés de l'organisation en février 1968. La jonction ne dure cependant que quelques mois avant d'éclater, butant sur l'intransigeance du nationalisme noir prôné par le SNCC[65].

D'autre part, le BPP construit des liens avec les mouvements pour les droits des personnes homosexuelles. En 1970, des militants homosexuels participent à la Revolutionary People's Constitutional Convention organisée par les Panthers. Huey P. Newton, cofondateur du BPP, déclare : « Nous devons essayer de nous unir avec [les femmes et les homosexuels] dans une perspective révolutionnaire (…). Personne ne reconnaît aux homosexuels le droit à être libres. Ils sont peut-être la couche la plus opprimée de la société »[66].

En 1973, Bobby Seale se présente pour le BPP à la mairie d'Oakland (Californie), se concentrant sur les services sociaux et la politisation de la communauté noire. Il obtient 19,26 % des voix et est qualifié pour le second tour, où il échoue cependant[67].

Détournement d'avionModifier

Le vol 841 de Delta Air Lines est détourné le 31 juillet 1972 par cinq ex-militants des Black Panthers[réf. nécessaire], qui finissent par en libérer les passagers contre une rançon d'un million de dollars. Ils sont ensuite arrêtés et jugés en France.

Actions historiquesModifier

Marche sur l'Assemblée de CalifornieModifier

Pour répondre à l'initiative des Black Panthers, le député républicain Dom Mulford présente un projet de loi visant à interdire le port d'armes chargées dans l'espace public dans l'État de Californie[19]. En guise de protestation, trente membres armés des Black Panthers se réunissent le 2 mai 1967 devant le Capitole de l'État de Californie et pénètrent dans la galerie des visiteurs[68]. Bobby Seale lit une déclaration sur les les marches de l'escalier devant le Congrès. À la suite de cette action, plusieurs membres du groupe, dont Bobby Seale sont arrêtés puis condamnés à six mois de prison. L'image de la milice armée pénétrant dans l'Assemblée fait le tour du pays, contribuant à élargir l'audience, jusqu'alors très locale, de l'organisation. Plusieurs chapitres sont créés à l'Ouest (Los Angeles) comme à l'Est du pays (New York, Détroit)[69].

Campagne de libération de NewtonModifier

 
Huey Newton.

Les heurts avec la police se multiplient à mesure que la notoriété du Parti progresse. Le 28 octobre 1967, une fusillade éclate à la suite du contrôle du véhicule de Huey Newton ; l'officier John Frey est tué, un autre officier, Herbert Heanes, blessé. Newton reçoit quatre balles dans l'abdomen. Conduit à l'hôpital par un ami, il y est arrêté par la police et accusé d'homicide volontaire[70].

Une campagne, intitulée « Libérez Huey ! » (Free Huey!), est organisée par le Black Panther Party. Orchestrée par Kathleen et Eldridge Cleaver, deux nouveaux venus dans l'organisation, elle atteint rapidement une dimension nationale et permet le rapprochement avec des organisations de la mouvance radicale américaine[70]. Cleaver n'est pas étranger à ce développement. Après avoir purgé neuf ans de prison pour viol et tentative de meurtre[71], il écrit dans la revue Ramparts, associée à la Nouvelle Gauche américaine. Il choisit d'adhérer au parti après avoir vu les Black Panthers organiser de manière spectaculaire l'escorte de Betty Shabbaz, la veuve de Malcolm X, depuis l'aéroport de Los Angeles jusqu'au siège du magazine[72]. Il devient « ministre de l'information » et rédacteur en chef du journal du Black Panther Party.

COINTELPRO et la répression du mouvementModifier

 
Jean Seberg cible d'une opération de dénigrement opérée par le FBI en raison de son soutien au Black Panther Party.

Le , le directeur du FBI, J. Edgar Hoover, qualifia le BPP de « menace la plus sérieuse à la sécurité interne du pays »[73]. Il ordonna à ses services de « perturber, détourner, discréditer ou neutraliser par d'autres moyens l'action des nationalistes noirs » et de prendre « des mesures draconiennes pour démanteler le BPP »[74]. Les Black Panthers furent ainsi particulièrement ciblés par le programme de contre-insurrection COINTELPRO du FBI, qui tentait systématiquement d'interrompre les activités et de dissoudre le parti. COINTELPRO y arrivait par infiltration, propagande publique et la provocation de rivalités entre factions et ce principalement par l'envoi de lettres anonymes ou falsifiées. La police retenait le groupe par des poursuites interminables, des fusillades, des assassinats, des enquêtes, de la surveillance et des dirty tricks. Selon l'historien Ward Churchill, 27 Black Panthers furent ainsi assassinés entre 1968 et 1976[75]. En 1969, la police avait conduit plus de 13 raids sur des locaux du parti, et à la fin de l'année, on estimait que 30 Black Panthers risquaient la peine de mort ; 40 la perpétuité ; 55 des peines de prison allant jusqu'à 30 ans ; et encore 155 étaient soit incarcérés, soit recherchés[73].

En avril 1969, 21 cadres du chapitre de la Côte est (en particulier de New York), dont Kuwasi Balagoon, Sundiata Acoli, Sekou Odinga ou Afeni Shakur, la mère du rappeur Tupac Shakur, sont arrêtés et inculpés d'« association de malfaiteurs en vue de commettre des actes terroristes ». Les Panther 21 feront l'objet d'une intense campagne de soutien populaire, à laquelle participeront par exemple des membres de l'agence cinématographique Newsreel, le chef d'orchestre Leonard Bernstein ou encore le Weather Underground, avant d'être tous acquittés en mai 1971. À la suite d'une lettre critique envers la direction du BPP, ils seront exclus du parti par Huey P. Newton. Peu de temps après l'arrestation des 21 Panthères, l'organe de presse des Black Panthers annonce en juin 1969 la création de la Rainbow Coalition avec les Young Lords (chicanos), la Young Patriots Organization (groupe blanc des Appalaches), Rising Up Angry (en), et d'autres collectifs.

Lors de l'une des plus notoires de ces actions, le FBI et la police de Chicago ont pris d'assaut le le domicile de l'organisateur talentueux et charismatique des Panthers Fred Hampton, qui avait participé à la mise en place de la Rainbow Coalition et négociait une alliance avec le gang de Chicago Black P. Stones. Les personnes dans la maison, endormies lors de l'assaut, avaient été préalablement droguées par l'informateur du FBI William O'Neal. Hampton fut tué par balles ainsi qu'un autre cadre du BPP, Mark Clark. D'autres furent blessés, et les survivants battus puis accusés de tentatives de meurtre. Les charges furent abandonnées en 1972 à la suite d'un règlement à l'amiable, au cours duquel les charges contre des policiers pour obstruction d'enquête furent également abandonnées. En 1982, les familles des victimes reçurent plus d'un million de dollars en réparations.

Quatre jours après ce raid meurtrier, une opération analogue fut menée à Los Angeles contre Geronimo Pratt, mais échoua. Cette fois-ci éveillés, les Panthères se défendirent arme à la main, avant d'être arrêtées et mis en détention provisoire. Les opérations supervisées par le FBI se multiplièrent dans le pays, à tel point qu'en 1970, le maire de Seattle Wesley Uhlman refusa tout raid de ce genre en déclarant que « nous n'aurons aucun raid du style de la Gestapo contre quiconque »[76].

Le meurtre de Hampton et Clark suscita d'immédiates protestations des Weathermen, qui incendièrent plusieurs voitures, et marqua un tournant dans leur stratégie concrétisé lors du Conseil de guerre de Flint de fin décembre 1969, lors duquel ils décidèrent d'entrer dans la clandestinité afin de lutter aux côtés des Black Panthers. Outre les Weathermen, d'autres groupes blancs furent constitués pour lutter aux côtés des Black Panthers, dont le White Panther Party. Le slogan Black Power ne signifiait en effet, pas, à l'origine, pour le Black Panther Party un séparatisme racial complet, mais plutôt l'organisation non-mixte afin d'éviter toute domination insidieuse des Blancs sur les Noirs, qui allait de pair avec la création d'autres groupes organisés selon le même principe (Weathermen et White Panthers, mais aussi American Indian Movement qui fut lui aussi particulièrement touché par les assassinats menés dans le cadre de COINTELPRO, etc.). Kathleen Cleaver, ex-militante du SNCC et première femme du comité central du Black Panther Party, affirmait ainsi :

« [Nous] considérions que nous n'avions pas le même rapport à l'Etat [que les Blancs] et que nous n'avions donc pas à appartenir aux mêmes organisations. [Nous plaidions cependant pour] une relation de coalition, de collaboration : œuvrer ensemble, partager nos ressources, s'appuyer mutuellement lors de projets spécifiques mais ne pas faire partie de la même organisation. (...) Nous imaginions que si des Blancs faisaient partie des mêmes groupes que nous, ils en prendraient la direction (...) Or, comment faire pour se libérer de ce genre de domination, lorsque l'on fait partie de ceux qui ont été asservis, de ceux qui ont été exclus, opprimés, colonisés tout au long de l'histoire[77] »

Les membres Bunchy Carter et John Huggins furent tués sur le campus de l'UCLA en 1969 lors d'un autre incident. Bien qu'ils aient été tués par un groupe rival nommé US (United Slaves) créé par Maulana Karenga, le directeur local du COINTELPRO a revendiqué les meurtres dans des notes internes du FBI, y affirmant qu'une série de documents falsifiés provenant de son bureau avaient mené directement à la fusillade : le FBI avait écrit des fausses lettres au nom des Black Panther et des United Slaves afin d'envenimer l'atmosphère[78].

Pendant qu'une partie de l'organisation participait ou était proche des services sociaux des gouvernements locaux, un autre groupe avait constamment des démêlés avec la police. La séparation entre l'action politique, l'activité illégale, les services sociaux, l'accès au pouvoir et la recherche d'identité est devenue floue et bizarrement contradictoire[réf. nécessaire].

ArrestationsModifier

Personnalités notoiresModifier

Elaine BrownModifier

Elaine Brown s'élève dans la hiérarchie du parti quand elle devient ministre de l'information après qu'Eldridge Cleaver s'enfuit à l'étranger. En 1974, elle devient la présidente du chapitre d'Oakland. Elle est nommée à ce poste par Huey Newton, le président précédent, pendant que Newton et d'autres s'attellent aux questions juridiques[79],[80]. Dès le début de son mandat en tant que présidente, elle fait face à de l'opposition et craint un putsch. Elle nomme nombre de femmes à des positions officielles et doit faire face à un back lash sur les politiques d'égalité qu'elle met en place dans l'organisation. Quand Huey Newton revient d'exil et entérine le fait qu'une enseignante des Blacks Panthers ait été battue, Brown quitte l'organisation[80].

Gwen RobinsonModifier

Dans une interview avec Judson Jeffries Gwen Robinson revient sur son expérience avec les Black Panther Party Detroit Division à Détroit[81]. Elle explique qu'elle rejoint le parti en octobre 1969 malgré les doutes de sa mère qui avait participé à une marche avec Martin Luther King Jr. au début de la décennie. Elle choisit le Black Panther Party parce que qu'elle «sentait une proximité et un lien avec eux» bien plus qu'avec d'autres organisations comme le SNCC, le NACCP, la National Urban League, Nation of Islam, Shrines of Madonna, Eastside Voice of Independent Detroit (ESVID), Republic of New Africa, et Revolutionary Action Movement[81].

Durant la dernière année de l'école secondaire (12e grade), elle décide de travailler au parti, abandonnant ses études à Denby High School à Detroit. Les étudiants y parlaient selon elle un langage «Il y avait des étudiants qui utilisaient le N word librement» et « un prof de gym l'accuse de lui avoir volé ses clefs». Elle est poussée de force dans la piscine quand elle refuse de nager par peur de mouiller ses cheveux tandis qu'un professeur blanc qui enseignait l'histoire africaine américaine expulsait les gens si ses vues sur certains leaders noirs»[81].

Dans le BPP elle vivait en étant membre d'un collectif où tout le travail était partagé, et elle appréciait de travailler toute la journée en vendant des journaux. Elle monte dans la hiérarchie et devient Secrétaire du département de Communication en janvier 1971, après que son prédécesseur parte en raison de problèmes relatifs à un certain sexisme. Dans ce département, contrairement à la plupart des autres, les frères ne sont pas violents. Elle part de l'organisation en 1973, en gardant le lien à travers son mari. En résumant l'héritage laissé par la branche de Détroit, elle dit «Il est important que les gens réalisent que la force de l'organisation est ancrée dans la discipline, un engagement profond, et un amour sincère pour les gens[82],[83].

Rôle des femmes et womanismModifier

Une notice dans la première édition du journal The Black Panther proclamait que l'organisation entièrement composée d'hommes était la « crème de la masculinité noire… là pour la protection et la défense de notre communauté noire»[84]. Les études académiques considèrent en général comme typiquement masculine la pratique de lutte armée du Parti, avec l'utilisation des armes à feu et de la violence qui fondait la virilité[85]. En 1968, plusieurs articles intiment aux femmes de se tenir derrière les hommes noirs, et de les soutenir[86]. La première femme à rejoindre le parti est Joan Tarika Lewis en 1967[87].

 
Ericka Huggins.

Les femmes sont néanmoins présentes dans le parti depuis les débuts et leur rôle ne cessa d'augmenter au cours du temps[88]. Elle rejoignait souvent le parti pour lutter contre les normes de genre[89]. Dès 1968, le journal du parti enjoignait les hommes à traiter les femmes membres du parti sur un pied d'égalité[90], un changement conséquent par rapport à l'idée de les avoir en tant que subordonnées. La même année, le vice-président Fred Hampton du chapitre de l'Illinois dirige une réunion condamnant le sexisme. Après 1969, le parti considère le sexisme comme contre révolutionnaire[90].

Le Black Panther Party adopte une idéologie qualifiée de womanism, répondant à l'expérience particulière des femmes afro-américaines[91], considérant le racisme comme présentant un facteur d’oppression supérieur au sexisme[92]. Le Womanism est un mélange entre le nationalisme noir et la revendication des femmes[91], mettant la race et la lutte communautaire avant la question du genre. Le womanism postule que le féminisme traditionnel a échoué dans l'intégration de la lutte pour l'égalité des races et des classes dans sa remise en cause du sexisme masculin[91], et en cela fait partie de l'hégémonie blanche. En opposition avec certains points de vue féministes, le womanism promeut une vision spécifique des rôles de genre : les hommes ne sont pas supérieurs aux femmes, mais tiennent une position différente à la maison et dans leur communauté. De ce fait, les hommes et les femmes sont tenus de travailler ensemble pour la préservation de la culture et la communauté afro-américaine[93].

Le journal du parti dépeint les femmes comme des révolutionnaires politiques intelligentes et elles sont mises en avant avec des modèles comme exemplifiées Kathleen Cleaver, Angela Davis, Ericka Huggins et Assata Shakur[90]:10. Le journal du Black Party montre souvent les femmes comme des participantes actives dans les mouvements armés de self-défense en les mettant en scène avec des armes à feux et des enfants, en tant que protectrice de leur maison, familles et communautés[90].

La police tue et incarcère beaucoup d'hommes dirigeants du parti, mais les femmes Black panthers sont moins ciblées pendant les années 1960 et 1970. Dès 1968, les femmes représentent les 2/3 du parti, tandis que beaucoup d'hommes, qui souvent incarcérés et ou fugitifs ne sont pas en mesure de servir le parti[79],[94]. Leurs rôles incluaient des positions de dirigeantes, l'implémentation des programmes communautaires et soulever la communauté noire. Les femmes du parti mettent en évidence le sexisme à l'intérieur du parti et travaillent de l'intérieur pour initier des changements[95].

De 1968 à la fin de sa publication en 1982, la direction de la rédaction du journal du Black Panther party est assurée entièrement par des femmes[90]:5. En 1970 de 40% à 70% des membres du Parti sont des femmes In 1970[90]:8, et plusieurs chapitres, comme ceux de Des Moines, Iowa, et New Haven, Connecticut sont dirigés par des femmes[85]:7.

Durant les années 1970, reconnaissant l'accès limité à l'avortement pour les femmes pauvres, le Parti soutient officiellement les droits reproductifs des femmes, en incluant le droit à l'avortement[86]:11. La même année, le parti condamne et s'oppose à la prostitution[86].

De nombreuses femmes commencent à demander la mise en place de solutions de garde d'enfants pour pouvoir participer pleinement à l'organisation. Le parti accède à leur demande en proposant des centres de gardes d'enfant in situ dans de nombreux chapitres aux États-Unis. Les crèches deviennent des activités de groupe, les enfants étant élevés collectivement en accord avec l'engagement du parti envers la collectivisation et la tradition afro-américaine de la famille élargie. Les crèches permettent aux femmes Black Panthers de devenir mères tout en participant aux activités du Parti[96].

Le Parti rencontre des problèmes significatif dans plusieurs chapitres avec la question du sexisme et de l’oppression de genre, tout particulièrement dans les chapitres d'Oakland où les cas de harcèlement et les conflits genrés sont fréquents[97]:5. Quand des Black Panthers arrivent d'Oakland Panthers pour soutenir le chapitre de New-York après l'incarcération de 21 dirigeants, ils déploient de telles attitudes chauvinistes envers les femmes du parti local, qu'ils durent être contrés à l'aide de fusils[98]. Certains membres du Parti pensaient que la lutte pour l'égalité des sexes constituait une menace pour les hommes et une distraction de la lutte pour l'égalité raciale[90].

En réponse les chapitres de New York et de Chicago notamment posent le principe de l'égalité entre hommes et femmes comme une priorité et tentent d'éliminer les attitudes sexistes[85]:13. Au moment où le Parti est démantelé, la politique officielle est de réprimander les hommes violant le principe de l'égalité des genres[85].

Dynamiques de genreModifier

Au début de l'existence du Parti le recrutement des femmes ne constitue pas une grande priorité pour Newton and Seale[99]. Seale indique dans une interview que Newton ciblait les «frères qui se livraient au proxénétisme, à la vente de drogue, les frères qui ne s'en laissaient pas trop compter, qui avaient combattu les poulets». Ils n'avaient pas réalisé que les femmes pouvaient les aider dans leurs combats, jusqu’à ce que l'une d'entre elles viennent dans une réunion et pose une question à propos du leadership féminin[100]. Regina Jennings se rappelle du fait que bien des dirigeants mâles avaient un problème de sexisme non déconstruit, et son travail constituait à «soulever la chambre à coucher hors de leurs esprits». Elle évoque avoir entendu des membres des choses comme «Certains conclurent que le FBI m'avait envoyé, mais leur capitaine les rassura avec un mot salace en leur disant qu'elle était trop stupide pour appartenir au FBI»[100]. Il pensait que ma couverture et mes commentaires étaient trop honnête et trop ridicule pour être sérieux».

Rôle des femmesModifier

Le Black Panther Party initiait nombre de projets d'aide communautaires, comme l'organisation de petits déjeuners, des programmes d'éducation et de santé[79]. Dans certains cas, les femmes sont les principales actrices de ce type de programme.

L'importance de l'éducation est soulignée notamment dans le programme en dix points, le journal distribué par le parti et les commentaires publics exprimés par les membres[79]. Le journal est l'un des outils principaux pour éclairer les consciences et éduquer la population noire[79]. Malgré le fait que ce sont les hommes qui distribuent le journal à l'extérieur, des femmes comme Elaine Brown et Kathleen Cleaver travaillent sur les articles en arrière plan[101].

Arts et cultureModifier

Rickey Vincent, Party Music: The Inside Story of the Black Panthers' Band and How Black Power Transformed Soul Music, Lawrence Hill Books, [102]

Les mouvements culturels et artistiques de l’époque (particulièrement la musique) ont clairement été influencés par les revendications des Blacks Panthers. Dans le contexte plus général du mouvement afro-américain des droits civiques, certains artistes vont prendre position pour faire passer des messages revendicateurs : James Brown, par exemple, avec Say It Loud – I'm Black and I'm Proud, ou encore Nina Simone lorsqu’elle proclame ouvertement sur scène « This next song is only for the black people that are here »[103]. De plus, certains ont également joué un rôle important en produisant directement des textes servant à la communication du Black Panther Party. Elaine Brown, membre, puis dirigeante de 1974 à 1977, produit par exemple dans ce but Until We're Free (1973)[103].

Au début des années 1970, le mouvement culturel et artistique hip-hop émerge et « l’influence prépondérante dont s’est nourrie la génération hip-hop des années 1970-1980 est certainement celle des Last Poets. Inspirée par les discours subversifs des Blacks Panthers, la musique de ce groupe repose sur des textes aux propos engagés et volontiers provocateurs, déclamés sur fond de percussions[104]. » Plus précisément, il est communément admis que la pratique musicale du hip-hop s’inspire et combine « la spoken poetry engagée des Last Poets, des Watts Prophets et de Gil Scott-Heron aux rythmes débridés inventés par les musiciens de James Brown[105]. »

Déclin et désintégrationModifier

La destruction du Parti est due aux dépenses légales et aux dissensions internes accentuées par COINTELPRO. En 1971, la direction nationale, avec Huey P. Newton à sa tête, exclut la section internationale du parti, dirigée par Eldridge Cleaver, ainsi que les chapitres de New York et de Los Angeles[73]. Les exclus étaient en faveur d'une voie révolutionnaire, et plusieurs d'entre eux rejoignirent la Black Liberation Army[73], tandis que d'autres (par exemple Eldridge Cleaver) ont repris une politique plus modérée, pacifique. Divers membres sont restés plusieurs années en prison à la suite des dossiers du COINTELPRO, dont certains demeurent incarcérés aujourd'hui (outre Mumia Abu-Jamal, on peut citer Mondo we Langwa et Ed Poindexter, condamné dans les mêmes circonstances que Geronimo Pratt - voir l'affaire Rice/Poindexter (en), Sundiata Acoli, l'un des Panther 21 condamné en même temps qu'Assata Shakur, etc.).

PostéritéModifier

New Black Panther PartyModifier

Un groupe s'appelant le New Black Panther Party a émergé de la Nation of Islam plusieurs décennies après la chute des Black Panthers originaux. Des membres du Black Panther Party original les ont publiquement et durement critiqués. Par exemple, la Dr Huey P. Newton Foundation insiste sur le fait qu'il « n'y a pas de nouveau Black Panther Party »[réf. nécessaire]. Une nouvelle National Alliance of Black Panthers a été formée le 31 juillet 2004, inspirée par l'activisme de l'organisation initiale, mais non autrement reliée. Leur présidente est Shazza Nzingha.

Black Lives MatterModifier

Le 22 octobre 2016, Alicia Garza - à l’origine du mouvement Black Lives Matter - et Ericka Huggins[106] dialoguent à Oakland, en Californie[107].

S'il est difficile de voir un lien formel entre les Black Panthers Party et le mouvement Black Lives Matter, plusieurs différences et similitudes ont fait l'objet d'articles de presse et d'essais :

  • Créations, au moins en partie, en réaction au meurtre d'un jeune noir[108].
  • Origines des mouvements à Oakland en Californie[109].
  • Utilisation des outils visuels de communication.
  • Intégration dans le mouvement des revendications des féministes[106].
  • Black Lives Matter revendique l'héritage des Black Panther Party mais se veut plus inclusif[110],[111].

RéférencesModifier

  1. (en) G. Flint Taylor, « How the FBI Conspired to Destroy the Black Panther Party », J,‎ (lire en ligne)
  2. « Black like Mao. Chine rouge et révolution noire – Période », sur revueperiode.net (consulté le 22 mars 2017).
  3. Van Eersel 2006, p. 33.
  4. Ogbonna Green Ogbar 2005, p. 96.
  5. Ogbonna Green Ogbar 2005, p. 126.
  6. Van Eersel 2006, p. 33 et suivantes.
  7. a et b Van Eersel 2006, p. 34.
  8. Van Eersel 2006, p. 43.
  9. Dan Berger, Weather Underground : Histoire explosive du plus célèbre groupe radical américain, Paris, L'Échappée, , p. 106.
  10. Philip F. Soner, « Introduction », dans Les Panthères noires parlent, Paris, Éditions Maspero, , p. 16.
  11. Saïd Bouamama, Figures de la révolution africaine : de Kenyatta à Sankara, Paris, La Découverte, .
  12. a b c d e et f Ashley D. Farmer, Remaking Black power : how Black women transformed an era, (ISBN 978-1-4696-3437-1, 1-4696-3437-6 et 978-1-4696-5473-7, OCLC 975491060, lire en ligne)
  13. Sylvie Laurent, « « Femme noire garde la tête haute » : le féminisme méconnu du Black Panther Party », sur The Conversation, (consulté le 6 mars 2021)
  14. Nicole Bacharan, Histoire des Noirs américains au XXe siècle, Paris, Éditions Complexe, , p. 187.
  15. (en) « Gwendolyn Patton's Biography », sur The HistoryMakers (consulté le 9 mars 2021)
  16. Ashley D. Farmer, Remaking Black power : how Black women transformed an era, (ISBN 978-1-4696-3437-1, 1-4696-3437-6 et 978-1-4696-5473-7, OCLC 975491060, lire en ligne)
  17. Bacharan 1994, p. 187.
  18. (en) « Ruth Howard », sur SNCC Digital Gateway (consulté le 16 mars 2021)
  19. a b et c Philip Sheldon Black panther party for self defense et Collectif Angles morts, All power to the people : textes et discours des Black Panthers, Éditions Syllepse, dl 2016, ©2016 (ISBN 978-2-84950-467-3 et 2-84950-467-X, OCLC 951104393, lire en ligne)
  20. (en) Henry Hampton et Steve Fayer, Voices of freedom : An oral history of the civil rights movement from the 1950s to the 1980s, New York, Bantam Books, , p. 277 cité dans Bacharan 1994, p. 188.
  21. a b c d et e William Blanc, Super-héros : une histoire politique, dl 2018 (ISBN 978-2-37729-044-4 et 2-37729-044-2, OCLC 1061274207, lire en ligne), p. 178-186
  22. « Black Panther and the Black Panthers », sur Bunk History (consulté le 23 mars 2021)
  23. AlloCine, « Black Panther, Captain Marvel, les Inhumains : qui sont les prochains héros ciné de Marvel ? », sur AlloCiné (consulté le 10 mars 2021)
  24. « Black Panther, Captain Marvel, les Inhumains : qui sont les prochains héros ciné de Marvel ? » Allociné.com (consulté le 13 mai 2016).
  25. Mathilde Serrell, « Quand Black Panther s’emparait de la restitution du patrimoine africain », sur https://www.franceculture.fr, France Culture,
  26. MATTHIEU HOFFSTETTER, « Va-t-on vider les musées? », sur https://www.bilan.ch, Bilan (magazine), 20. juillet 2019
  27. Van Eersel 2006, p. 36-38.
  28. Nelson 2011, p. 67.
  29. Van Eersel 2006, p. 40-42.
  30. Van Eersel 2006, p. 63.
  31. Nelson 2011, p. 69-71.
  32. Anthony 1971, p. 97-98.
  33. « Stokely Carmichael | Speech at University of California, Berkeley », sur americanradioworks.publicradio.org (consulté le 11 mai 2021)
  34. « Kathleen Cleaver | Speech delivered at Memorial Service for Bobby Hutton », sur americanradioworks.publicradio.org (consulté le 11 mai 2021)
  35. « Bobby Seale | Speech delivered at the Kaleidoscope Theater », sur americanradioworks.publicradio.org (consulté le 11 mai 2021)
  36. « Stokely Carmichael | From Black Power to Pan-Africanism », sur americanradioworks.publicradio.org (consulté le 11 mai 2021)
  37. a et b (en) Huey P Newton et Black Panther Party, A letter from Huey to the revolutionary brothers and sisters about the women's liberation and gay liberation movements., (OCLC 914356415, lire en ligne)
  38. « Jean Genet parle d'Angela Davis | Images en bibliothèques », sur imagesenbibliotheques.fr (consulté le 17 mars 2021)
  39. (en-US) John Darnton, « Genet Emerges as an Idol of Panthers (Published 1970) », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 17 mars 2021)
  40. Robert Sandarg, « Jean Genet and the Black Panther Party », Journal of Black Studies, vol. 16, no 3,‎ , p. 269–282 (ISSN 0021-9347, lire en ligne, consulté le 17 mars 2021)
  41. « Black LGBT History: The Black Panthers on Gay Rights », sur Bilerico Report / LGBTQ Nation (consulté le 17 mars 2021)
  42. « Jean Genet Supports the Black Panther Party - Bay Area Television Archive », sur diva.sfsu.edu (consulté le 17 mars 2021)
  43. « Jean Genet chez les "Panthères noires" », sur L'Obs (consulté le 17 mars 2021)
  44. Black Panther Newspaper, 15 mai 1967, p. 3. Bloom and Martin, 71–72.
  45. (en) « The Black Panthers: Ten Point Program » [PDF], sur collectiveliberation.org (consulté le 10 novembre 2020).
  46. (en) « The Black Panther Party's Ten-Point Program », sur ucpress.edu (consulté le 10 novembre 2017).
  47. Van Eersel 2006, p. 51.
  48. Bacharan 1994, p. 196.
  49. Marie-Agnès Combesque, « Comment le FBI a liquidé les Panthères noires », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne, consulté le 3 février 2018)
  50. (en) Nik Heynen, « Bending the Bars of Empire from Every Ghetto for Survival: The Black Panther Party's Radical Antihunger Politics of Social Reproduction and Scale », Annals of the Association of American Geographers, vol. 99, no 2,‎ 406-422, p. 406-422 (DOI 10.1080/00045600802683767, lire en ligne, consulté le 20 février 2021).
  51. (en) Mary Potorty, « “Feeding the Revolution”: the Black Panther Party, Hunger, and Community Survival », Journal of African American Studies, vol. 21, no 1,‎ , p. 85-100 (DOI 10.1007/s12111-017-9345-9).
  52. Nelson 2011, p. X-XI.
  53. Nelson 2011, p. 9-10.
  54. Nelson 2011, p. 10-11.
  55. Nelson 2011, p. 15.
  56. a b c d et e P. Peretz, Race et santé dans l'Amérique contemporaine - Entretien avec Alondra Nelson, La Vie des idées, 21 février 2012 (autour de l'ouvrage d'Alondra Nelson, Body and Soul : The Black Panther Party and the Fight Against Medical Discrimination, University of Minnesota Press, 2011).
  57. Nelson 2011, p. 6.
  58. Nelson 2011, p. 80-82.
  59. Éveline Thévenard, « Faciliter l’accès aux soins des plus vulnérables : l’évolution des free clinics aux États-Unis depuis les années 1960 », Revue d'histoire de la protection sociale, vol. 1, no 6,‎ , p. 59-81 (DOI 10.3917/rhps.006.0059, lire en ligne, consulté le 13 mai 2021).
  60. a b et c Alondra Nelson, Black Berets, White Coats : The Black Panther Party for Medical Self-Defense, blog de l'auteur, 31 octobre 2011
  61. Nelson 2011, p. 116-119.
  62. Nelson 2011, p. 120.
  63. Nelson 2011, p. 153-155.
  64. Soner 1971, p. 25.
  65. Soner 1971, p. 26.
  66. Benoît Bréville, « Homosexuels et subversifs », sur monde-diplomatique.fr, (consulté le 10 novembre 2020).
  67. Alain-Marie Carron, « Les Black Panthers à la conquête d'Oakland », article de mai 1973, Manière de voir no 118, août-septembre 2011, pages 20-22.
  68. Van Eersel 2006, p. 58.
  69. Soner 1971, p. 23.
  70. a et b Ogbonna Green Ogbar 2005, p. 88.
  71. Bacharan 1994, p. 197
  72. Bacharan 1994, p. 197.
  73. a b c et d Akinyele Omowale Umoja, « Repression Breeds Resistance. The Black Liberation Army and the Legacy of the Black Panther Party », in Liberation, imagination, and the Black Panther Party: a new look at the Panthers and their legacy, ed. Kathleen Cleaver, George N. Katsiaficas, Routledge, 2001, p. 3-20 [lire en ligne]
  74. T. D. Allman, « Eldridge Cleaver : le retour de l'enfant prodigue », sur monde-diplomatique.fr, (consulté le 10 novembre 2020).
  75. Berger 2010, p. 107.
  76. Ward Churchill, Jim Vander Wall, The COINTELPRO Papers: Documents from the FBI's Secret Wars Against Dissent in the United States, South End Press, 2002, p. 143
  77. Kathleen Cleaver, entretien avec Sam Green et Bill Siegel (auteurs du documentaire The Weather Underground), cité par Berger 2010, p. 60.
  78. Berger 2010.
  79. a b c d et e Seale, Bobby, Seize the time : the story of the Black Panther party and Huey P. Newton, Baltimore, Md., Black Classic Press, (ISBN 9780933121300, OCLC 24636234).
  80. a et b (en-US) DeNeen L. Brown, « 'I have all the guns and money': When a woman led the Black Panther Party », Washington Post,‎ (ISSN 0190-8286, lire en ligne[archive du ], consulté le 18 février 2018).
  81. a b et c Judson L. Jeffries, « Conversing with Gwen Robinson », Spectrum: A Journal on Black Men, vol. 5,‎ fall 2016, p. 137–145 (DOI 10.2979/spectrum.5.1.07, S2CID 185337572, lire en ligne[archive du ], consulté le 19 juin 2018).
  82. Judson Jeffries, « Conversing with Gwen Robinson », Spectrum: A Journal on Black Men, vol. 5,‎ fall 2016, p. 137–145 (DOI 10.2979/spectrum.5.1.07, S2CID 185337572).
  83. Judson Jeffries, « Conversing with Gwen Robinson », Spectrum: A Journal on Black Men, vol. 5,‎ fall 2016, p. 137–145 (DOI 10.2979/spectrum.5.1.07, S2CID 185337572)
  84. (en) Robyn Ceanne. Spencer, « Engendering the Black Freedom Struggle: Revolutionary Black Womanhood and the Black Panther Party in the Bay Area, California », Journal of Women's History, vol. 20, no 1,‎ , p. 90–113 (ISSN 1527-2036, DOI 10.1353/jowh.2008.0006, lire en ligne, consulté le 10 novembre 2020).
  85. a b c et d Jakobi Williams, « 'Don't no woman have to do nothing she don't want to do': Gender, Activism, and the Illinois Black Panther Party », Black Women, Gender & Families, vol. 6, no 2,‎ .
  86. a b et c Linda Lumsden, « Good Mothers With Guns: Framing Black Womanhood in the Black Panther, 1968–1980 », Journalism & Mass Communication Quarterly, vol. 86, no 4,‎ , p. 900–922 (DOI 10.1177/107769900908600411, S2CID 145098294).
  87. Jones, Charles E. (Charles Earl), 1953-, The Black Panther party (reconsidered), Black Classic Press, (ISBN 0-933121-96-2, 978-0-933121-96-6 et 0-933121-97-0, OCLC 39228699, lire en ligne).
  88. Seale, Bobby, 1936-, Seize the time : the story of the Black Panther party and Huey P. Newton, Black Classic Press, (ISBN 0-933121-30-X et 978-0-933121-30-0, OCLC 24636234, lire en ligne).
  89. (en) Kathleen Neal Cleaver, « Women, power, and revolution », New Political Science, vol. 21, no 2,‎ , p. 231–236 (ISSN 0739-3148 et 1469-9931, DOI 10.1080/07393149908429865, lire en ligne, consulté le 10 novembre 2020).
  90. a b c d e f et g Linda Lumsden, « Good Mothers With Guns: Framing Black Womanhood in the Black Panther, 1968–1980 », Journalism & Mass Communication Quarterly, vol. 86, no 4,‎ , p. 900–922 (DOI 10.1177/107769900908600411, S2CID 145098294).
  91. a b et c (en) Janiece L. Blackmon, I Am Because We Are: Africana Womanism as a Vehicle of Empowerment and Influence., Blacksburg, Virginia Polytechnic Institute, (lire en ligne), p 28.
  92. (en) Janiece L. Blackmon, I Am Because We Are: Africana Womanism as a Vehicle of Empowerment and Influence., Blacksburg, Virginia Polytechnic Institute, (lire en ligne), p 2.
  93. Blackmon 2008, p. 28.
  94. « Whose Revolution is This - Gender's Divisive Role in the Black Panther Party Ninth Symposium Issue of Gender and Sexuality Law: Note 9 Georgetown Journal of Gender and the Law 2008 » [archive du ], sur heinonline.org (consulté le 6 octobre 2016).
  95. « Say It Loud: 9 Black Women in the Black Power Movement Everyone Should Know », For Harriet | Celebrating the Fullness of Black Womanhood,‎ (lire en ligne[archive du ], consulté le 6 octobre 2016).
  96. Kari Bauer, « No Revolution Without Us: Feminists of the Black Panther Party, with Lynn C. French and Salamishah Tillet » [archive du ], sur Urban Democracy Lab, (consulté le 25 juin 2016).
  97. Regina Jennings, "Africana Womanism in the Black Panthers Party: a Personal story", The Western Journal of Black Study 25/3 (2001).
  98. Austin 2006, p. 300–301.
  99. Antwanisha Alameen-Shavers, « The Woman Question: Gender Dynamics within the Black Panther Party », Spectrum: A Journal on Black Men, vol. 5,‎ fall 2016, p. 33–62 (DOI 10.2979/spectrum.5.1.03, S2CID 152211806).
  100. a et b Regina Jennings, « Africana Womanism in The Black Panther Party: A Personal Story », The Western Journal of Black Studies, vol. 25,‎ , p. 146–152.
  101. Kathleen Cleaver et Katsiaficas, Liberation, Imagination and the Black Panther Party: A new look at the Panthers and their legacy, New York, Routledge, .
  102. (en) « After the Party: Music and the Black Panthers », sur the Guardian, (consulté le 9 mars 2021)
  103. a et b (en) « Inside Music & The Black Panther Party », sur GRAMMY.com, (consulté le 17 mars 2021)
  104. Olivier Cachin, « RAP, musique, Les origines du hip-hop », sur Encyclopædia Universalis (consulté le 18 mars 2021)
  105. Sylvain Bertot, Rap, Hip-hop : Trente années en 150 albums de Kurtis Blow à Odd Future, Le Mot et le Reste, (ISBN 978-2-36054-105-8), p. 12.
  106. a et b (en) Christina M. Tapper, « A Former Black Panther Party Leader Reflects on Her Revolutionary Work », sur Medium, (consulté le 23 mars 2021)
  107. « Des Black Panthers à Black Lives Matter, la rage en héritage », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 23 mars 2021)
  108. (en) Colette Gaiter, « Black Panthers and Black Lives Matter -- parallels and progress », sur The Conversation (consulté le 23 mars 2021)
  109. (en-US) Rachel Swan et Otis R. Taylor Jr, « 50 years later, Black Lives Matter takes up Panthers' fight », sur San Francisco Chronicle, (consulté le 23 mars 2021)
  110. « D’où vient « Black Lives Matter », le cri de ralliement de la jeunesse antiraciste ? », sur L'Obs (consulté le 23 mars 2021)
  111. Sylvie Laurent, « Black Lives Matter, le renouveau militant », sur Le Monde diplomatique, (consulté le 23 mars 2021)

Voir aussiModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

FilmographieModifier

BibliographieModifier

Publications du Black Panther PartyModifier

  • Georges Jackson, « Le Maréchal Georges Jackson analyse la bonne méthode pour combattre le fascisme américain », dans Sole Medere Pede Ede Perede Melos, Paris, Gruppen, .
  • Michael Tabor (en), « Capitalisme plus came égale génocide », Gruppen, no 9,‎ .

Sur le Black Panther PartyModifier

TémoignagesModifier

Liens externesModifier