Un capirote est un chapeau pointu en forme de cône utilisé en Espagne, initialement par certains flagellants, aujourd'hui par les pénitents durant les processions de la Semaine sainte.

Peinture de Francisco de Goya où l'on peut voir des flagellants portant des capirotes blancs

HistoireModifier

 
Procession de la Sanch à Perpignan durant la Semaine sainte

Historiquement utilisé par les flagellants à partir du Moyen-Âge, le capirote était également présent durant les condamnations à mort prononcée par l'Inquisition, où la personne condamnée était obligée de porter ce chapeau pour être humiliée publiquement[1]. Cette humiliation fait écho à celle de Jésus Christ lors de sa montée du Golgotha[2]. À partir du XVIIe siècle, les confréries de Séville commencèrent à l'utiliser lors des processions de la Semaine Sainte, en commémoration de la Passion du Christ pour la rémission des péchés des hommes, et sa résurrection subséquente[3].

Usages contemporainsModifier

Dans les processions de la Semaine sainte, une variante du capirote est utilisée par certaines confréries. Cette fois-ci, le couvre-chef tombe jusqu'aux épaules pour recouvrir l'intégralité du visage, ne laissant que deux trous pour les yeux. Elle fait partie du costume des nazarenos (pénitents)[1].

Les costumes du Ku Klux Klan reprennent le capirote pour se couvrir la tête, les rendant ainsi anonymes. Ironiquement, la capirote est d'origine catholique, alors que le Ku Klux Klan, mouvement prônant la suprématie blanche protestante, est anti-catholique.

CouleursModifier

Le capirote, en plus de représenter l'humilité, sert également à différencier les confréries grâce à leurs couleurs et leurs symboles[1]. À l'origine, les capirotes destinés aux condamnés étaient jaunes et revêtaient des scènes liées au péché commis[3]. Les couleurs les plus répandues depuis l'utilisation des capirotes par les confréries sont le rouge (symbole du sang du Christ), le noir (symbole du deuil), le blanc (symbole de la gloire de Dieu) et le vert (symbole de la résurrection)[3].

Voir aussiModifier

Notes et référencesModifier

  1. a b et c Aleksey, « Le pénitent espagnol et la Semaine Sainte en Espagne », sur Retraite en Espagne, (consulté le )
  2. DJINNZZ, « La capirote: le bonnet d’âne du catholique? », sur Etale ta culture, (consulté le )
  3. a b et c (es) Francisco Martínez Hoyos, « El bochornoso origen de los capirotes de Semana Santa », sur La Vanguardia, (consulté le )