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Centre technique des industries de la fonderie

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CTIF
logo de Centre technique des industries de la fonderie

Création 1942
Forme juridique Centre technique industriel
Siège social Sèvres (92, Hauts-de-Seine)
Drapeau de France France
Direction Gérard Thuet (président)

Paul-Henri Renard (directeur général)

Activité Fonderie et autres procédés de mise en forme des matériaux métalliques ; matériaux et produits métalliques ; thermique domestique (appareils à gaz, à bois, à fioul et à charbon)
Effectif 110 (2014)
Site web www.ctif.com

Le centre technique industriel CTIF (Centre technique des industries de la fonderie), établissement d’utilité publique, est un centre de recherches et développement français spécialisé en fonderie et en matériaux et produits métalliques.

Sommaire

PrésentationModifier

CTIF est un centre technique industriel qui a pour mission de promouvoir l'innovation et le progrès technique et participer à l'amélioration de la productivité et de la garantie de la qualité dans l'industrie. Il exerce des activités en pointe dans des domaines très divers comme la recherche, l'expertise, l'évaluation, l'enseignement, la diffusion des connaissances. En interaction permanente avec l'environnement technique, économique, réglementaire et normatif de son secteur, il aide les entreprises à intégrer les innovations, à s'adapter à l'évolution rapide des marchés et à se positionner en leader aux niveaux européen et mondial.

Son fonctionnement est régi par la loi du 22 juillet 1948[1] fixant le statut juridique des centres techniques industriels (CTI). Il est placé sous la tutelle de l'État.

CTIF est administré par un Conseil d'Administration dont les membres sont nommés par arrêté du Ministre chargé de l'Industrie. Ce conseil est composé de représentants des chefs d’entreprise des industries de la fonderie, de personnalités universitaires et scientifiques, de représentants des industries utilisatrices de la fonderie et de représentants du personnel technique des industries de la fonderie.

CTIF fait partie du réseau des centres techniques industriels (réseau CTI)[2].

HistoriqueModifier

CTIF est né du besoin de maintenir en activité le tissu de PME que forment les industries de la fonderie française pendant le régime de Vichy malgré les restrictions sur l'approvisionnement en matières premières et les menaces de saisie des outils et du matériel de production par l'occupant[3],[4]. Le Comité d'organisation des industries de la fonderie a créé, à cet effet, un modèle de centre technique d'excellence qui a inspiré celui des centres techniques industriels et qui a été repris à partir de 1949 par de nombreuses professions[5],[6],[7].

Genèse (1942-1946)Modifier

Le Comité d'organisation des industries de la fonderie est créé à la fin de 1940. En 1942, un service technique est formé pour recenser les fonderies françaises et identifier leurs besoins. Ce service technique intègre très rapidement des activités de documentation ainsi qu’un bureau de normalisation. Dès 1943, ce service technique prend le nom de Centre Technique et commence à éditer en son nom des ouvrages de référence sur les meilleures pratiques des métiers de la fonderie[8]. Parallèlement à ses activités dans le domaine de la fonderie, CTIF est habilité la même année à exécuter les essais des appareils de thermique domestique conformément à une nouvelle réglementation technique décidée par l'Union des Fabricants d'Appareils de Chauffage Domestique (UFACD)[9]. En 1944, un laboratoire d'analyse et de caractérisation des matériaux métalliques est ouvert à Paris au 46, avenue Victor-Hugo.

Pour pérenniser cette organisation, une taxe dite d’encouragement aux études et recherches est créée suivant l'arrêté no 11073 du 15 janvier 1945[10]. Cette taxe de 1 % est répercutée sur les prix de vente. Le Centre Technique reçoit la moitié de son produit (0,5 %), le reste servant aux recherches individuelles des industriels. Enfin, le 25 janvier 1946, un Conseil d’Administration siège pour la première fois avec la nomination d’un président (Pierre Ricard[3]) et d’un directeur général (Auguste E. Le Thomas). CTIF est né.

Montée en puissance (1947-1959)Modifier

À la suite des travaux d'une commission de modernisation de la fonderie créée par un arrêté du 03 avril 1947[11], l'État français décide de donner un cadre légal aux statuts de CTIF. C'est la loi du 22 juillet 1948[1] qui permettra par la suite la création de nombreux autres centres techniques industriels. Cette loi entre en vigueur en 1949 et CTIF devient officiellement le premier centre technique industriel en avril de la même année[12].

En parallèle, CTIF se lance dans l'achat de biens immobiliers au 12, avenue Raphaël à Paris pour y établir sa direction générale et ses services administratifs, à Sèvres pour y construire un laboratoire central et en régions pour y implanter des antennes. Ainsi, en 1952, le dispositif est complet et se compose :

  • d'une présence en Île-de-France (Paris et Sèvres) qui élabore les plans de modernisation du tissu industriel, qui mène des recherches permettant d'améliorer la qualité des pièces produites et qui anime les travaux de normalisation des alliages ;
  • d'une présence en région (Bordeaux, Charleville-Mézières, Lille, Lyon, Marseille, Nancy, Rennes, Rouen, Saint-Dizier) qui effectuent des analyses de laboratoire et conseillent et dépannent les industriels[13].

Maturité (1960-1999)Modifier

Changement de modèle (2000-aujourd'hui)Modifier

En l'an 2000, les actions collectives de CTIF voient leur mode de financement changer. CTIF passe d'un financement par taxe parafiscale à un financement par dotation budgétaire d'état[14]

MissionsModifier

Les missions de CTIF sont de deux ordres : d'une part des actions et travaux mutualisés pour les industries de la fonderie française, d'autre part des prestations de services aux entreprises dans les domaines de :

CTIF a pour ambition d'accompagner au mieux les industriels dans leur développement en mêlant, au gré de leurs besoins, une connaissance scientifique de haut niveau à une expérience terrain acquise sur de nombreuses années[15].

Actions et travaux mutualisés pour les industries de la fonderie françaiseModifier

Veille et prospectiveModifier

R&D et innovationModifier

Matières premièresModifier

Ces travaux visent en particulier de fiabiliser les fabrications, malgré les variations sensibles sur les qualités des matières premières et d’atteindre des performances nouvelles à partir de compositions nouvelles.

Produits nouveauxModifier

Ces travaux visent de répondre avec des solutions nouvelles à des sollicitations fonctionnelles :

Parmi les derniers développements de CTIF, il faut noter les mousses métalliques[16],[17] régulières CastFoam®[18] (développées en partenariat avec l'École Centrale de Lille[19]) obtenues par fonderie. Ce sont des matériaux métalliques poreux qui peuvent être réalisés en alliage d'aluminium, alliage de cuivre, en acier... Les caractéristiques de ces mousses permettent d'assurer des fonctions innovantes telles que l'absorption d'énergie (crash box…), l'absorption de bruit ou de vibration, l'échange de chaleur, l'allègement de pièces (60 % à 85 % de vide), le design (mobilier d'intérieur…).

Cette technologie, lauréate des Trophées Midest 2009 (Catégorie Innovation) a fait l'objet de plusieurs brevets.

CTIF a mené un projet collaboratif (ANR FOAM, 2010-2015 ) avec des partenaires industriels (TNI Areva, MOTA, Mersen) et des universitaires (INSA/Mateis, Ecole Centrale de Paris, IUSTI / Polytech Marseille, Mines de Paris) afin d'apporter un cadre structurant (modèles de comportement) permettant de dimensionner une structure en mousse et de calculer le système de coulée.

Technologies de fonderieModifier

Cette thématique est au cœur des actions « métier » historiques de CTIF. Ces travaux visent à améliorer la maîtrise, la fiabilité et/ou le niveau des performances (techniques, économiques, industrielles) des technologies de fonderie (élaboration, procédés de mise en forme et contrôle des pièces finies).

Prédiction de comportementModifier

De la prise en compte de la métallurgie dans les logiciels de simulation, à l’analyse des causes de rupture et critères d’acceptation des défauts de fonderie, la prédiction par la simulation des procédés et conceptions de fonderie est une activité essentielle de CTIF pour amener les fondeurs et utilisateurs de pièces de fonderie au niveau de performance souhaité.

Fonderie durableModifier

CTIF mène aussi des actions de R&D dans le domaine du développement durable sur les thèmes clés de l’éco-efficience, de l’énergie, de la valorisation des déchets et de la gestion des émissions et des effluents.

Transfert technologiqueModifier

Formation initialeModifier

CTIF participe aux actions de formation initiale du personnel technique des industries de la fonderie en hébergeant l'École supérieure de fonderie et de forge dans ses locaux à Sèvres et en menant plusieurs types d'actions :

  • des enseignements techniques en métallurgie, en procédés de mise en forme des matériaux et en conception de pièces mécaniques et d'outillages ;
  • le tutorat des élèves en apprentissage ;
  • l'encadrement de travaux de recherche menés par les élèves.

Diffusion des connaissancesModifier

Les actions et travaux mutualisés pour la fonderie française sont présentées de manière régulière aux industriels lors de réunions professionnelles à Sèvres et en régions dans le cadre de plusieurs manifestations :

  • les journées J'Tech qui sont des journées, à Sèvres, d'échanges techniques et stratégiques destinées aux fondeurs français[20] ;
  • les réunions de restitution technique organisées par CTIF en région (Bordeaux, Charleville-Mézières, Rennes, Lyon) ;
  • les assemblées générales annuelles des délégations régionales (GFO, UFSE, UNEPF) de l'organisation professionnelle des Fondeurs de France.

CTIF diffuse aussi le résultat de ses actions et travaux mutualisés par trois vecteurs d'information :

  • Fonderie Magazine[21], magazine mensuel rédigé en commun avec l'ATF (Association technique de fonderie) et l'AAESFF (Association des anciens élèves de l'ESFF) ;
  • Metal News, newsletter mensuelle sous format numérique à destination des fondeurs français ;
  • Service Éditions[22], service interne à CTIF éditant des ouvrages de référence dans le domaine de la fonderie et les domaines connexes.

NormalisationModifier

En tant que centre technique industriel, CTIF participe aux actions françaises d'anticipation et d'accompagnement des évolutions normatives du secteur de la fonderie afin de maintenir et développer la compétitivité des industries de la fonderie française. Les experts de CTIF sont impliqués dans de nombreuses commissions de normalisation françaises et européennes concernant les conditions de fournitures, les désignations, les contrôles et essais, les tolérances dimensionnelles et des normes de produits dans les métallurgies classiques de la fonderie : fonte, acier, alliage d’aluminium, de magnésium, de zinc, de cuivre, etc.

Le Bureau de normalisation des industries de la fonderie (BNIF) est agréé en tant que bureau de normalisation sectoriel par le ministère chargé de l’industrie pour mener à bien les travaux normatifs dans son champ de compétence. CTIF assure l'hébergement, la gestion et le financement du BNIF par convention avec l'AFNOR[23].

Prestations de services aux entreprisesModifier

Conseil industrielModifier

Travaux de laboratoireModifier

Formation continueModifier

Moyens et équipementsModifier

CTIF dispose, en propre et via des partenariats, de nombreux moyens et équipements pour mener à bien ses missions :

  • 5 000 m2 de laboratoires (essai physique, essai mécanique, métallographie, investigation structurale, analyse chimique, spectrométrie, contrôle non destructif, conformité produit, expertise de défaillance, mesure tridimensionnelle optique...) ;
  • une plateforme de fonderie (6 fours de fusion) permettant de mettre en œuvre tous les procédés conventionnels de fonderie (moulage sable à prise chimique, noyautage conventionnel et noyautage à liant inorganique, moulage coquille, moulage cire perdue…) à une échelle semi-industrielle. La capacité de fusion permet de produire des prototypes fonctionnels jusqu'à 150 kg ;
  • une plateforme d'impression 3D métal (3 imprimantes) permettant de mettre en œuvre le procédé de fabrication additive métallique par fusion laser sur lit de poudre pour des aciers, des Inconel et des alliages de titane et de chrome-cobalt ;
  • une plateforme de thermique domestique (3 postes pour le gaz, 3 postes pour le bois, 1 poste pour le charbon et 1 poste pour le fioul) permettant de tester la conformité des appareils à gaz, au fioul, à bois, au charbon, etc. ;
  • un centre de calcul disposant de logiciels de CAO (CATIA, SolidWorks), de calcul de structure (MSC Software) et d'optimisation topologique (OptiStruct) et de simulation du process de fonderie (QuikCAST et ProCAST) permettant de concevoir une pièce répondant à un besoin fonctionnel ;
  • deux ateliers de mécanique disposant de moyens permettant de préparer les échantillons pour les analyses et expertises de laboratoire et de fabriquer des plaques modèles et moules métalliques pour les expérimentations semi-industrielle ;
  • un service d’intelligence économique ;
  • un centre de formation.

Notes et référencesModifier

  1. a et b « Loi n° 48-1228 du 22 juillet 1948 fixant le statut juridique des centres techniques industriels », sur legifrance.gouv.fr
  2. Réseau CTI, Rapport annuel, (lire en ligne)
  3. a et b Louis Charvet, « A la mémoire de Pierre Ricard, président de la Chambre syndicale de la sidérurgie française, ingénieur au corps des Mines (3 avril 1899 - 4 avril 1956) », Annales des Mines,‎ , p. 3-12 (lire en ligne)
  4. René Minguet, Géographie industrielle de Paris, Librairie Hachette, , 224 p., p. 157-168
  5. « Centre Technique des Industries de la Fonderie », The Engineer, vol. 201, no 5239,‎ , p. 735 (lire en ligne)
  6. « Réalisations françaises - Le Centre Technique des Industries de la Fonderie », Les Cahiers Français, no 22,‎ , p. 16-17 (lire en ligne)
  7. Ministère de l'Économie, de l'Industrie et de l'Emploi, « Les Centres Techniques Industriels - 60 ans d’appui à la compétitivité de nos entreprises », Rapport ministériel,‎ , p. 26 (lire en ligne)
  8. Comité d'Organisation des Industries de la Fonderie - Centre technique, Possibilités techniques normales de la fonderie sous pression, Paris, Éditions du Comité Général d'Organisation des Industries Mécaniques, , 16 p.
  9. Serge Boiton, « Le contrôle des appareils de chauffage domestique », Fonderie, no 1,‎ , p. 27-30
  10. « JO de l'Assemblée Nationale N° 144 de 1948 - Séance n° 258 », sur 4e.republique.jo-an.fr, , p. 7415
  11. « Arrêté du 3 avril 1947 portant création de la commission de modernisation de la fonderie et fixant la composition de ladite commission », sur legifrance.gouv.fr
  12. « Arrêté du 7 avril 1949 transformant le Centre technique des industries de la fonderie en centre technique industriel », sur legifrance.gouv.fr
  13. Présidence du conseil - Commissariat général du plan de modernisation et d'équipement - Commission des industries de transformation, Rapport du groupe de travail de la fonderie, , 56 p., p. 11
  14. Ministère des Finances, « Projet de loi de finances pour 2000 - Rapport sur les taxes parafiscales », Rapport ministériel,‎ , p. 56 (lire en ligne)
  15. CTIF, Rapport annuel, , 50 p. (lire en ligne)
  16. Jonathan Dairon, « Mousses métalliques - Structures et procédés de fabrication : Réf : N3800 », Techniques de l'ingénieur,‎ (lire en ligne)
  17. Jonathan Dairon, Les mousses métalliques, Editions techniques des industries de la fonderie, , 75 p. (ISBN 978-2-7119-0234-7)
  18. Jonathan Dairon et Yves Gaillard, « Mousses métalliques CTIF », Journée SFT (Société française de thermique) - Mousses métalliques, applications en échangeurs thermiques et réacteurs,‎ (lire en ligne)
  19. Jonathan Dairon, Développement d’une nouvelle technique d’élaboration de mousses d’acier par fonderie et caractérisation mécanique (Thèse de doctorat), Ecole Centrale de Lille, , 226 p. (lire en ligne)
  20. « J’Tech 2014, Journées d’échanges techniques et stratégiques réservées aux fondeurs », sur ctif.com
  21. « Notre revue - Le creuset du savoir », sur ctif-editions.com
  22. « Le creuset du savoir - Comprendre la fonderie », sur ctif-editions.com
  23. « Liste des Bureaux de normalisation sectoriels », sur afnor.org

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

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