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Boulevard Delessert

boulevard de Paris, France
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16e arrt
Boulevard Delessert
Image illustrative de l’article Boulevard Delessert
Le boulevard Delessert vu de la place de Costa-Rica.
Situation
Arrondissement 16e
Quartier Muette
Début Rue Le Nôtre
Fin Place de Costa-Rica
Morphologie
Longueur 250 m
Largeur 30 m
Historique
Création 1876
Géocodification
Ville de Paris 2684
DGI 2674

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Boulevard Delessert
Images sur Wikimedia Commons Images sur Wikimedia Commons

Le boulevard Delessert est une voie du 16e arrondissement de Paris, en France.

Situation et accèsModifier

Situé dans le quartier de Passy et proche du jardin du Trocadéro, il débute rue Le Nôtre, dans le prolongement de l'avenue des Nations-Unies, et se termine place de Costa-Rica, parallèlement à l'avenue de New-York.

Ce site est desservi par la ligne    à la station de métro Passy.

Origine du nomModifier

 
Benjamin Delessert.

Cette voie porte le nom de Benjamin Delessert (1773-1847), industriel, financier et philanthrope français, propriétaire dans cette région de Passy.

HistoriqueModifier

 
Couvent des Bonshommes ou des Minimes en 1770.

Le boulevard Delessert est situé à l’emplacement de l’ancien domaine du couvent des Minimes de Chaillot, ou couvent des Bons Hommes, qui s’étendait jusqu’en 1786 entre la rue Vineuse et la route de Versailles au bord de la Seine. L’église et les bâtiments principaux du couvent étaient situés entre les actuels boulevard Delessert, rue Chardin et rue Beethoven.

Jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, la liaison entre le bois de Boulogne et le village de Passy (actuelles rues Raynouard et rue de Passy) d’une part, et Paris d'autre part s’établissait :

  • par la rue de la Montagne qui descendait en forte pente du carrefour de la Montagne, actuelle place de Costa-Rica, jusqu'au 11 du boulevard Delessert puis obliquait à l’emplacement de l’actuelle rue Beethoven jusqu’à la Seine qu'on longeait jusqu'à Paris ;
  • ou par la rue Vineuse au profil plus modéré qui longeait le domaine des Minimes et au-delà celui du couvent de la Visitation pour rejoindre la rue de Chaillot.

Le mur des Fermiers généraux construit de 1786 à 1789 empiéta sur le domaine des Minimes et entraîna l’ouverture de la rue Franklin établissant une liaison directe du carrefour de la Montagne, actuelle place de Costa-Rica, à la barrière Sainte-Marie (située à l’emplacement de l’actuel square de Yorktown). Les religieux furent indemnisés pour cette amputation foncière. Cette enceinte plaça le couvent des Minimes, auparavant considéré comme faisant partie de Chaillot, à l'extérieur de la ville de Paris, dans le territoire de la commune de Passy créée le 14 décembre 1789.

Le domaine est démantelé en 1790 et vendu aux enchères. L'église qui était située à l'emplacement des numéros 9 et 11 du boulevard est détruite en 1796. L'ancien cloître et les jardins entre la rue Chardin et le quai sont acquis le 31 août 1796 au prix de 39 000 livres par un négociant originaire de Gand, Liévin Bauwens, qui y établit une tannerie puis une manufacture de coton d’après les procédés anglais[1].

Une nouvelle rue, « rue neuve des Bons Hommes » ou « rue neuve des Minimes » est ouverte dans la première décennie du XIXe siècle à l'emplacement de l'ancienne église entre le coude de la rue de la Montagne et le mur des fermiers généraux dans lequel une nouvelle barrière (nommée « barrière Franklin ») est créée donnant accès à un chemin descendant vers le pont d'Iéna (ouvert en 1813). Cette rue moins abrupte que la rue de la Montagne comportait cependant un passage à pente de 11 %.

C'est pourquoi une rue à pente plus modérée de l'ordre de 4 % fut créée en 1847, parallèlement et au-dessus de la rue de la Montagne et de la rue des Bons Hommes. Cet aménagement fut financé à hauteur de 200 000 F par le département de la Seine et de 100 000 F par la commune de Passy dont la participation fut couverte par une souscription de 60 000 F auprès des habitants fortunés et par une surimposition de 40 000 F, le terrain nécessaire étant offert par Benjamin Delessert[2],[3].

Le boulevard Delessert ouvert par un décret du 17 mai 1876 absorba la rue Delessert, la rue des Bons Hommes et l’ilot entre ces voies en surplombant la partie de la rue de la Montagne, renommée « rue Beethoven » en 1864 entre le carrefour de la Montagne et la descente de cette rue vers la Seine. Un escalier fut créé du boulevard à la rue Beethoven. La rampe de la rue Beethoven le long du boulevard se termina en impasse puis fut remplacée par les immeubles construits de 1900 à 1913 du no 11 à l'angle de la rue Beethoven au no 21 à l'angle de la rue de l'Alboni.

L'ouverture du boulevard et celle de la rue Chardin en 1876 firent disparaître les vestiges de l'ancien cloître du couvent des Minimes où était exploitée une raffinerie de sucre de 1834 à 1865[4]. Les dernières dépendances de l’ancien couvent (ferme Boccage) situées côté impair de la rue Beethoven à l’angle du boulevard Delessert disparurent vers 1910.

  Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Bâtiments remarquables et lieux de mémoireModifier

Personnalité liée au boulevardModifier

Dans la fictionModifier

RéférencesModifier

  1. Paul Marmottan, « La vente du couvent des Bonshommes en l'an IV », Bulletin de la Société historique d'Auteuil et de Passy,‎ (lire en ligne).
  2. Léopold Mar, « Benjamin Delessert », Bulletin de la société historique d'Auteuil et de Passy,‎ (lire en ligne)
  3. Hubert Demory, Auteuil et Passy de la Révolution à l'annexion, L'Harmattan, (ISBN 2-7475-7992-1).
  4. Léopold Mar, « Les frères Périer raffineurs de sucre », Bulletin de la société historique d'Auteuil et de Passy,‎ (lire en ligne).
  5. Annexe 6 du PLU, 16e arrondissement de Paris.
  6. « La fortune d'Édouard Balladur », www.humanite.fr, 11 mars 1995.

AnnexesModifier