Bible Coverdale

livre de William Tyndale

La Bible Coverdale, compilée par Myles Coverdale et publiée en 1535, est la première traduction de la Bible complète en anglais moderne naissant, et la première Bible anglaise complète à être imprimée. Les éditions suivantes (in-folio et in-quarto), publiées en 1537, sont les premières Bibles complètes imprimées en Angleterre. L'édition in-folio de 1537 était munie de la licence royale et fut donc la première traduction de la Bible en anglais à être approuvée par les autorités. Le Psautier de la Bible Coverdale a été inclus dans le livre de prière commune des églises anglicanes et épiscopaliennes à partir de 1662 et jusqu'en 1979.

Bible Coverdale portant ce titre La Bible, c'est-à-dire l'écriture sainte de l'Ancien et du Nouveau Testament, fidèlement traduite en anglais.

HistoriqueModifier

Le lieu de publication de l'édition de 1535 a été longtemps contesté. Les historiens supposaient que l'imprimeur devait être Froschover à Zurich ou Cervicornus et Soter (à Cologne ou à Marbourg). Mais les découvertes de Guido Latré ont permis, en 1997, d'identifier l'imprimeur de la Bible Coverdale avec certitude : il s'agit de Merten de Keyser, à Anvers. La publication a été financée d'une part par Jacobus van Meteren, à Anvers, dont la belle-sœur, Adriana de Weyden, avait épousé John Rogers, et d'autre part par Leonard Ortels († 1539), neveu de Jacobus van Meteren et père du célèbre géographe et cartographe humaniste Abraham Ortelius (1527-1598).

Bien que Coverdale ait également participé à la préparation de la Grande Bible de 1539, la Bible Coverdale a continué à être réimprimée. La dernière des plus de 20 éditions de cette Bible date de 1553.

TraductionModifier

Myles Coverdale s'est appuyé, pour sa traduction du Nouveau Testament, sur la traduction de William Tyndale. Pour l'Ancien Testament, il a utilisé le Pentateuque publié par Tyndale et peut-être sa traduction du livre de Jonas. Il n'a apparemment fait usage d'aucune autre partie non publiée de l'Ancien Testament de Tyndale, mais il a traduit lui-même les livres restants de l'Ancien Testament et les apocryphes. Comme il n'avait qu'un niveau de connaissance intermédiaire de l'hébreu, de l'araméen et du grec, il a travaillé principalement à partir de Bibles allemandes : la Bible de Luther et la Bible de Zurich d'Huldrych Zwingli[1] et Leo Jud, et de sources latines, y compris la Vulgate .

Anecdote : la Bug BibleModifier

La Bible Coverdale de 1535 a été baptisée la Bug Bible parce que le début du cinquième verset du Psaume 91 se lisait : "Thou shall not nede to be afrayed for eny bugges by night", ce qui peut se traduire "Tu n'auras pas à t'effrayer des insectes la nuit". Il est possible que ce terme soit une reprise du mot moyen-anglais bugge qui signifiait "spectre" ou fantôme et qui a donné le mot boggart en anglais moderne (désignant des nains malfaisants qui visitent les maisons la nuit et traduit par "épouvantard" dans les aventures de Harry Potter)[2]. La Geneva Bible remplacera ce mot par le mot "feare" et la Bible du roi Jacques par le mot "terror". Coverdale lui-même le remplace par "terrour" dans la Great Bible de 1539. Le verset se lit comme suit en français : "Tu ne craindras ni les terreurs de la nuit, ni la flèche qui vole de jour,"[3]

Voir égalementModifier

Notes et référencesModifier

  1. Sanday, « Recent research on the origin of the Creed », The Journal of Theological Studies, vol. 1, no 1,‎ , p. 3–22 [6] (DOI 10.1093/jts/os-I.1.3)
  2. McNab, Chris. Ancient Legends/Folklore. (Légendes anciennes/folklore) New York : Scholastic, Inc., 2007. ( (ISBN 0-439-85479-2))
  3. [Traduction Louis Segond https://saintebible.com/psalms/91-5.htm]

BibliographieModifier

  • AS Herbert, Historical Catalogue of Printed Editions of the English Bible 1525–1961 ("Catalogue historique des éditions imprimées de la Bible anglaise 1525–1961"), Londres: British and Foreign Bible Society; New York: American Bible Society, 1968. SBN 564 00130 9.
  • Henri Emmanuel WAUWERMANS, Abraham Ortels ou Wortels, dit Ortelius, géographe et antiquaire, in Biographie générale de Belgique, volume XVI, Académie royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts, H. Thiry-Van Buggenhoudt, Bruxelles, 1901, col. 291-332.

Liens externesModifier