Berthe de Souabe (Bourgogne)

reine de Bourgogne, épouse du roi Rodolphe II

Berthe de Souabe, dite la Filandière ou la reine fileuse, née vers 907 et morte ap. , fut reine consort de Bourgogne à partir de 933, l'épouse du roi Rodolphe II. Après le dècès de Rodolphe en 937, elle épousa, peut-être de force, Hugues d'Arles et devient reine d'Italie.

Berthe de Souabe
Reine Berthe et les fileueses, 1888.jpg
Berthe de Souabe, par Albert Anker, 1888.
Titre de noblesse
Duchesse
Biographie
Sépulture
Activité
AristocrateVoir et modifier les données sur Wikidata
Père
Mère
Regelinda (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Burchard III de Souabe
Adalric de Souabe (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoints
Enfants

BiographieModifier

Berthe est la fille du duc Burchard II de Souabe († 926) et de son épouse Regelinda († 958). Son père prit le pouvoir dans le duché de Souabe en 917 ; il était en conflit avec Rodolphe II, à ce temps roi de Haute-Bourgogne, qui avait occupé la ville de Zurich et pénétrait dans la région du lac de Constance. En 919, Burchard parvint à vaincre les troupes de Rodolphe près de Winterthour et à reconquérir Zurich et le Thurgau avec le soutien du nouveau roi Henri Ier de Germanie.

Afin de mettre un point final au différend, Berthe épouse le roi Rodolphe II en 922. Ils auront deux enfants :

Berthe, devenue veuve en 937 de Rodolphe II, se remarie — forcée semble-t-il — le avec le roi d'Italie, Hugues d'Arles (v. 880-† 947), fils de Théobald d'Arles, comte d'Arles, à Colombier (aujourd'hui canton de Neuchâtel). Elle résidait essentiellement dans son château, dans ce village, son mari ayant de nombreuses maîtresses et de nombreux bâtards.

Elle fut inhumée quelque part dans le chœur de l'abbatiale Notre-Dame de Payerne, aujourd'hui en Suisse, par sa fille Adélaïde de Bourgogne. Son tombeau n'a jamais été retrouvé.

Elle laissa un très bon souvenir dans la région du Pays de Vaud où elle vécut et où elle fut assimilée à une sainte. Un dicton fait référence au « temps que la reine Berthe filait » pour signifier un temps depuis longtemps révolu. Cette légende relative à une reine Berthe filandière se développe particulièrement au XIXe siècle. Elle reprend un dicton utilisé au nord de l’Italie dès la fin du Moyen Âge qui se réfère en réalité à une autre reine Berthe, épouse de l’empereur Henri IV (1050-1106), qui aurait vécu à Padoue au XIe siècle. L’anecdote apparaît déjà dans un ouvrage du paru à Bâle en 1560[1].

Son sceau, la représentant en train de filer, fait référence aux fées qui filent la trame des destins et protègent de leur bienveillance le petit peuple.

BibliographieModifier

  • Charles-Albert Cingria, La Reine Berthe, 1947, rééd. Lausanne, L’Âge d’homme, 1992.
  • F. Demotz, La Bourgogne, dernier des royaumes carolingiens, Lausanne, Société d'histoire de la Suisse romande, 2008.
  • Justin Favrod, « Comment la reine Berthe devient filandière », Passé simple, no 45,‎ , p. 17.

Notes et référencesModifier

  1. Bernardino Scardeone, De Antiquitate Patavini, Bâle 1560, p. 359. Cité d’après Justin Favrod, « Comment la reine Berthe devient filandière », Passé simple, no 45,‎ , p. 17.

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

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