Bataille de Neerwinden (1693)

bataille de la guerre de la Ligue d'Augsbourg

La bataille de Neerwinden ou de Landen eut lieu dans le cadre de la guerre de la Ligue d'Augsbourg le entre l'armée française sous le commandement du maréchal de Luxembourg et les forces alliées sous les ordres de Guillaume d'Orange.

DispositionModifier

Guillaume III s'installa sur une position défensive bien solide, palliant ainsi sa légère infériorité numérique, bien compensée néanmoins par une artillerie plus nombreuse. L'armée coalisée formait un triangle, dont les arrières étaient protégés par une crête et dont le flanc gauche était couvert par des marécages. Plusieurs villages servaient d'avant-postes.

Le Roi d'Angleterre avait identifié plusieurs points-clés : les villages de Neerwinden et de Laer. Il y plaça ses meilleures troupes : un bataillon des Highlanders écossais, les Hanovriens et la Garde bleue hollandaise (en) à Neerwinden ; une brigade de Highlanders à Laer.

L'artillerie et le reste de l'infanterie étaient postés le long de tranchées fortifiées derrières lesquelles attendait la cavalerie. Le tout en position statique.

Guillaume d'Orange redoutait en fait fortement la cavalerie française, et notamment celle de la Maison militaire du roi. C'est pourquoi il souhaitait éviter les combats de cavalerie. Le souvenir de l'humiliation de Leuze était encore bien présent.

En face, l'aile droite française, 15 000 fantassins et 2 000 dragons, menaçait Neerlanden et Rumsdorp. L'aile gauche, 20 000 fantassins et 8 000 cavaliers, s'apprêtait à prendre d'assaut Neerwinden. Le centre français, parallèle aux tranchées ennemies, s'étendait sur huit lignes.

La batailleModifier

 
Jeton de la Bataille de Neerwinden frappé en 1693. Cette dernière fut une grande victoire française sur les alliés remportée par le duc de Luxembourg qui commandait l’armée de Louis XIV. La déroute de l’ennemi, qui perdit ici plus de vingt mille hommes tués, était complète. De ce champ de bataille, le maréchal prit et envoya à Paris tant de drapeaux qu’on l’appela “le tapissier de Notre-Dame”. Description revers : Un trophée d’armes, des munitions et des drapeaux, surmontés d’une couronne vallaire et d’une couronne de laurier

Les premiers coups de canon alliés, après le lever du soleil, sonnèrent le début de la bataille. Luxembourg lança, à huit heures, trois colonnes dans la direction de Neerwinden. L'une, emmenée par Rubentel devait attaquer sa droite, la deuxième, menée par Mornay, s'en prendre à sa gauche, et enfin, la dernière, commandée par Berwick, fondre sur son centre. C'est cette dernière qui fut accrochée en premier. Les Français entrèrent dans le village en enfonçant les premières lignes alliées, et un combat acharné maison par maison s'en suivit. Les coalisés y étaient sur le point de rupture.

A gauche de l'armée française, un combat féroce s'engagea à Laer. La cavalerie française fit refluer les Écossais. Les cavaliers avaient si profondément enfoncé les alliés qu'ils furent victimes de leur propre succès, et contre-attaqués sur les flancs.

La situation générale était cependant favorable aux Français, ce qui poussa Guillaume III d'Orange à lancer une contre-attaque importante contre les deux villages, qu'il parvint à reprendre non sans peine. Après maintes contre-attaques de toutes parts, les Français ne tenaient plus que le village de Rumsdorf.

Luxembourg préleva de son centre des régiments des Gardes françaises et envoya un nouvel assaut de près de 20 000 hommes sur Neerwinden, de face et de flanc. Voyant que les Anglais étaient sur le point de rompre, Guillaume dépêcha 9 bataillons de son aile gauche pour renforcer le secteur concerné.

C'est à ce moment-là que la manœuvre décisive de la bataille fut ordonnée. Le Tapissier de Notre-Dame repéra le mouvement et lança sa cavalerie en plein centre de l'armée ennemie, afin de contenir les renforts destinés à Neerwinden.

La manoeuvre fonctionna à merveille : la cavalerie française enfonça le centre ennemi, et les Anglais rompirent à Neerwinden. Mieux encore, les Français montés s'étaient emparés des retranchements adverses, et couraient sus aux Anglais en débandade. De surcroît, les villages de Neerwinden et de Laer étaient maintenant entièrement aux mains des Français.

Le centre et l'aile droite coalisés venaient d'être pulvérisés.

Sachant la bataille perdue, Guillaume tenta de couvrir la retraite avec six régiments de cavalerie. Mais malgré tous ces efforts, de nombreux fuyards se noyèrent dans les cours d'eau, emportés par leur matériel, la fatigue et la peur.

Les coalisés perdirent 20 000 hommes et les Français 8 000, ce qui fit de cette bataille l'une des plus meurtrières de toute la guerre.

Pendant son exil, Patrick Sarsfield a commandé la Brigade irlandaise pour le compte du roi Louis XIV. À la bataille de Neerwinden en 1693, il commandait l'aile gauche de l'armée du maréchal de Luxembourg, lorsqu'il a été mortellement blessé. Il est mort à Huy quelques jours plus tard.

C'est au cours de cette bataille que Guillaume III, furieux que les Français ne reculent pas face au feu des forces alliées, s'écria : « Oh ! l'insolente nation ! »

 
Plan de la bataille de Neerwinden (Gallica).

BilanModifier

Soixante-seize canons, huit mortiers ou obusiers, neuf pontons, soixante étendards, vingt-deux drapeaux et douze paires de timbales restèrent entre les mains des Français.

BibliographieModifier

  • Bertrand Fonck, « Fleurus (1690), Steinkerque (1692), Neerwinden (1693) : pratiques, représentations et légitimité de la bataille à la fin du XVIIe siècle », dans Ariane Boltanski, Yann Lagadec et Franck Mercier (dir.), La bataille : du fait d'armes au combat idéologique, XIe – XIXe siècle, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Histoire », , 288 p. (ISBN 978-2-7535-4029-3, présentation en ligne), p. 187-203.
  • Jean-Claude Castex, Répertoire des combats franco-anglais de la Guerre de Trente Ans et de la Guerre de la Ligue d'Augsbourg, Canada, Les Editions du Phare-Ouest, (lire en ligne), p. 347-352