Baldassare Bonifacio

archiviste, écrivain, poète et évêque catholique italien

Baldassarre Bonifacio
Image illustrative de l’article Baldassare Bonifacio
Plaque commémorative de Mgr. Baldassarre Bonifacio (Église Santa Maria del Soccorso de Rovigo)
Biographie
Naissance
Crema
Décès
Koper
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale par
Mgr Marcantonio Bragadin
Évêque de Koper
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Baldassarre Bonifacio, né le à Crema et mort le à Koper, est un homme d'Église, érudit, archiviste et écrivain italien, évêque de Koper.

BiographieModifier

Neveu de l'historien Giovanni Bonifacio, et comme lui originaire de Rovigo, Baldassarre Bonifacio était fils d'un jurisconsulte de même nom. Il naquit, comme on le croit, à Crema, ville de la République de Venise, vers l'an 1584. Il étudie d'abord la littérature sous la direction de Antonio Riccoboni. À l'âge de 13 ans, il fut envoyé à Padoue pour y faire ses études, et il y fut reçu docteur en droit à l'âge de 18 ans. Il en avait environ 20 quand il fut fait professeur en droit dans le collège de Rovigo, où il débuta par les Institutes de Justinien.

Il accompagna ensuite en Allemagne le nonce Jérôme Portia, en qualité de son secrétaire, et on le chargea lui-même d’affaires importantes. Il revint par Rome, et se rendit à Venise, où il posséda successivement différentes dignités, entre autres l'archiprêtré de Rovigo.

Le trois octobre 1619, il fut nommé professeur en humanités grecques et latines à Padoue : mais il refusa ce poste, aimant mieux étudier pour lui-même que de travailler à l'instruction des autres. Cependant, ayant été appelé l'année suivante 1620 à Venise, pour y former une Académie destinée à élever la jeune Noblesse, il se laissa persuader d'y expliquer les Institutes du Droit Civil.

Le pape Urbain VIII lui donna l'archidiaconé de Trévise, que Bonifacio remplit avec le grand vicariat de ce diocèse, sous quatre évêques : François et Vincent Justiniani ; Silvestre et Marc Morosini. Les fonctions qui y étaient attachées, ne l'empêchèrent pas de contribuer à l'érection d'une nouvelle Académie pour la Noblesse Vénitienne, qui se fit à Padoue, par un Décret du Sénat de Venise, de l'an 1636. Cette Académie fut ouverte l'année suivante, et Boniface en fut le premier Directeur ; emploi qu'il ne conserva que peu de temps, et dans lequel il eut pour successeur Francesco Bernardino Ferrari, de Milan. Son zèle pour les Lettres lui fit former à Trévise une Académie semblable à celles qui se trouvent dans presque toutes les Villes d'Italie, et ceux qui y furent agrégez prirent le nom de Solliciti.

En 1653, le 24 novembre, il fut nommé à l'évêché de Koper, qu'il remplit pendant six ans. Il mourut en 1659 âgé de 75 ans.

ŒuvresModifier

 
Frontespizio del De Archivis di Baldassarre Bonifacio, 1632
  • Difesa dell'oraz. del Sig. Gio. Bonifacio giureconsulto per lo trasporto in Rovigo del corpo di S. Bellino contra le ragioni del cav. Battista Guarino,con le quali cerca d'impedirlo, In Parigi 1609, in-quarto. Bonifacio publia cet Ouvrage sous le nom de Pier-Antonio Salmone. Giovanni Bonifacio son oncle, fameux Jurisconsulte, avoit fait un Discours dans lequel il s'étoit proposé de prouver qu'il falloit transporter les Reliques e S. Bellino, Evêque et Martyr, de l'Eglise du Village où elles étaient, et qui avait pris son nom, à la Cathedrale de Rovigo. Giovanni Battista Guarini, auteur du Pastor Fido, répondit à ce discours ; et Balthasar Bonifacio se crut obligé de défendre le sentiment de son oncle par cette Apologie, qui fut aussi réfutée à son tour pas Guarini dans un Ouvrage intitulé Il Barbiere, risposta di Serafino Colata da S. Bellino, Barbiere, all’invettiva di Pier Antonio Salmone, nella quale risposta si scuoprono le Menzogne & le falsità del vero Autore della detta invettiva, in-quarto ;
  • Castore e Polluce. Rime di Baldassarre Bonifaccio, e di Gio. Maria Vanti, Venezia, appresso Francesco Prati, 1618 in-12°. L'amitié qui unissait Bonifacio et Vanti, les a engagez à publier ensemble leurs Poésies sous ce titre ;
  • Balthassaris Bonifacii Stichidion libri XVIII, Venetiis, apud Pratum, 1619, in 16°;
  • Bonifacij Musarum pars prima, Venezia, apud Ioannem Iacobum Hertium, 1646, in-octavo;
  • Dell'immortalità dell'anima, discorso di Baldassare Bonifaccio, Venezia appresso Antonio Pinelli, 1621, in-quarto - Ce discours était adressé à une jeune juive, nommée Sarra Copia, mariée à Venise, avec un juif riche, appelé Sulman. Elle était remplie d'esprit et de goût pour les lettres; mais on la soupçonnait de n'avoir pas des opinions très saines sur l'immortalité de l'ame. Bonifacio entreprit de les redresser dans ce discours ; Sarra s'en offensa, et y répondit, ou y fit répondre par un manifeste imprimé sous son nom ; Bonifacio ne manqua pas de répliquer à ce manifeste ; mais Sarra eut à cette secondé attaque la sagesse qu'elle aurait dû avoir dès la première ; elle se tut, et les choses en restèrent là;
  • Risposta al manifesto della Signora Sarra Copia, Venezia, appresso Antonio Pinelli, 1621 ;
  • Amata: tragedia di Baldassare Bonifaccio, Venezia, appresso Antonio Pinelli, 1622, in 8° - Crescimbeni met cette tragédie au nombre des meilleures de ce temps-là ; elle fut cependant critiquée et l'auteur en prit la défense dans des lettres intitulées : Lettere poetiche, Venise, 1622, in-quarto;
  • Elogia Contarena, Venise, 1625, in-4°. Ce sont les éloges de trente illustres personnages de la famille Contarini ; ils précèdent les commentaires de François Contarini, De rebus et bello inter Etruscos et Senenses gesto, dont Bonifacio fut éditeur ;
  • Caroli Sigonii Iudicium de historicis, qui res romanas scripserunt, ab Vrbe condita ad Caroli Magni imperatoris tempora. Accesserunt de eisdem scriptoribus Excerpta a Balthassare Bonifacio, et Ordo Romanæ historiæ legendæ Adriani Politi, Venezia, apud Antonium Pinellum, 1627 in 4°; Helmstadt 1674 in-quarto. « Boniface a fit imprimer son ouvrage avec celui de Sigonius à cause du rapport et de la conformité du sujet. Car il n'a point passé le temps de Charlemagne non plus que Sigonius dans ses Extraits des Ecrivains de l'Histoire Romaine. Les Critiques font passer Boniface pour un simple copiste; il est pourtant loué comme un fort habile homme par les savants de son temp; c'est dommage qu'il ait eu si peu de reconnaissance pour les Auteurs qui avoient traité cette matière avant lui comme Bodin et les autres, et qu'ayant fait de leurs Ecrits cette compilation, qui porte son nom, il ne leur ait pas même fait l'honneur de les nommer le plus souvent. Le P. Labbe met Vossius au rang de ceux dont Boniface a profité, ce qui est assez difficile, à moins qu'il n'ait eu quelque copie manuscrite de son Ouvrage des Historiens Latins par le moyen du Sieur Dominique Molin illustre Vénitien et bon ami de Vossius. Car l'Ouvrage de Boniface parut dès l'année qu'on vit au jour la première édition des Historiens Latins de Vossius. [l'an 1627. in-4°. à Venise.] »[1] ;
  • Historia ludicra. Opus ex omni disciplinarum genere, selecta et Jucunda eruditione refertum, Venezia, apud Paulum Baleonium, 1652 in 4°; Bruxelles, Joan. Mommartius, 1656 ;
  • De Archivis liber singularis. Ejusdem Praelectiones et Civilium Institutionum Epitome, Venezia, Apud J.P. Pinellium, 1632, in-quarto. It. dans le Syntagma scriptorum variorum de Bibliothecis atque Archivis, Helmstadii 1666, et 1702. in-quarto, donné par les soins de Joachim-Jean Maderus;
  • Balthassaris Bonifacii Conjecturæ in Martialem. Ejusdem Polynesi origines, Venezia, ex typographia Pinelliana, 1635.

RéférencesModifier

  1. Adrien Baillet, Jugemens des savans sur les principaux ouvrages des auteurs : Revûs, corrigez, & augmentez, Volumi 1-2, Aux depens de la compagnie, 1725, p. 63.

BibliographieModifier