Littérature grecque

La littérature grecque comprend l'ensemble des œuvres écrites et orales reconnues comme esthétiques, produites en langue grecque.

Elle se caractérise par une remarquable continuité, commençant avec Homère (probablement VIIIe siècle av. J.-C.), et se prolongeant jusqu'à nos jours. Si, en vingt-huit siècles, l'évolution de la langue grecque a largement pesé sur sa littérature, il demeure pertinent de la considérer comme faisant partie d'un seul et même ensemble.

La littérature grecque antique, d'abord orale, est attestée par écrit à partir des deux épopées que sont l’Iliade et l’Odyssée, et se développe rapidement. Les ouvrages composés pendant la période classique, aux Ve et IVe siècles avant J.-C., ont exercé une forte influence sur la littérature des siècles ultérieurs, ainsi que sur la littérature latine.

Après l'Antiquité, la littérature grecque se prolonge dans la littérature de l'empire byzantin. Puis la domination ottomane ne permet bien souvent de recueillir des œuvres anonymes et populaires.

Un renouveau littéraire est marqué par la révolution de 1821, datant l'avènement de la littérature grecque contemporaine. Au XXe siècle, Georges Séféris et Odysséas Elýtis sont particulièrement célèbres : tous deux ont été récompensés par le Prix Nobel de littérature.

Aspects généraux sur la littérature grecqueModifier

Classification usuelle par périodeModifier

On distingue habituellement plusieurs périodes.

Littérature grecque antiqueModifier

La littérature grecque antique est considérée comme l'une des plus importantes et des plus florissantes. Elle s'étend conventionnellement du VIIIe siècle av. J.-C. jusqu'au VIe siècle de notre ère[1]. Ce vaste ensemble, au départ constitué d'une multitude de dialectes, voit s'imposer l'ionien-attique, langue d'Athènes, à la période classique.

Période archaïqueModifier

 
Buste d'Homère (copie romaine d'un original hellénistique disparu du IIe siècle av. J.-C., British Museum).

On ne possède pas d'œuvres grecques plus anciennes que l’Iliade (quelquefois datée du IXe ou du Xe siècle av. J.-C.[2]), mais il semble nécessaire qu'il y ait eu une longue évolution littéraire pré-homérique tant cette œuvre est achevée[3]. D'un point de vue linguistique, l'Iliade comme l'Odyssée forment un patchwork dialectal artificiel, dont le fond est ionien, mais dont les influences doriennes et surtout éoliennes se font sentir[4].

Ainsi compte-t-on, jusqu'au début du Ve siècle av. J.-C., Homère, Hésiode, surtout, et les poètes lyriques tels qu'Alcée, Sappho, Pindare, Anacréon, Archiloque de Paros, Tyrtée, Alcman, Sémonide d'Amorgos, etc.

Période classiqueModifier

Aux Ve et IVe siècle av. J.-C., celle des grands poètes tragiques (Eschyle, Sophocle, Euripide), d'Aristophane, de Platon, mais aussi des sophistes et de certains « présocratiques » comme Leucippe et Démocrite), d'Aristote, des "orateurs attiques" (Lysias, Isocrate, Démosthène, etc.), d'Hérodote, de Thucydide, de Xénophon.

Période hellénistiqueModifier

De la mort d'Alexandre le Grand au Ier siècle av. J.-C., marquée par la naissance de la critique philologique, le développement de l'épicurisme et du stoïcisme, et un goût prononcé pour la poésie (Callimaque de Cyrène, Apollonios de Rhodes, Théocrite). C'est aussi la période de rédaction de la Septante.

Période romaineModifier

Du Ier siècle av. J.-C. au IIIe siècle apr. J.-C., marquée par le déclin de la poésie, l'essor de l'histoire et de la géographie (Strabon, Denys d'Halicarnasse, Pausanias, Dion Cassius, Arrien, etc.) et l'enseignement institutionnalisé de la philosophie. Le IIe siècle voit aussi les débuts de la "Seconde Sophistique" et l'épanouissement du roman grec. Les deux auteurs emblématiques de la période sont Plutarque et Lucien.

Période tardiveModifier

Du IIIe siècle au VIIe siècle apr. J.-C. La conversion de l'empereur Constantin Ier sonne le début d'une ère de profondes mutations, marquée par l'essor de la littérature chrétienne (œuvres patristiques d'Eusèbe de Césarée, Ignace d'Antioche, Clément d'Alexandrie) et le déclin de l'hellénisme païen (Julien, Libanios).

Période byzantineModifier

Jusqu'en 1453, date de la prise de Constantinople par les Turcs. On peut citer de cette période Procope de Césarée, Jean Zonaras, Constantin Porphyrogénète, Photios Ier de Constantinople, Planude, Anne Comnène, Gemiste Pléthon.

Domination turqueModifier

Depuis la bataille de Manzikert (1071), et surtout depuis le siège de Constantinople (1204) (quatrième croisade) et jusqu'à la Chute de Constantinople (1453), les guerres turco-byzantines affaiblissent l'Empire byzantin, dont la Grèce, durablement, et jusqu'au début du XIXe siècle. Les œuvres de cette période sont souvent anonymes (chants et poèmes populaires).

14e siècleModifier

15e siècleModifier

16e siècleModifier

17e siècleModifier

18e siècleModifier

Période moderneModifier

Après la révolution de 1821, où la littérature grecque connaît un renouveau. Parmi les principaux auteurs de cette période (jusqu'au début 20e): Dionýsios Solomós, Andréas Kálvos, Kostís Palamás, Emmanuel Roïdis, Alexandros Papadiamandis, Ángelos Sikelianós, Kóstas Karyotákis.

Au 20e siècle, les noms de Constantin Cavafy, Níkos Kazantzákis, Stratis Tsirkas, Dimitris P. Kraniotis, Yánnis Rítsos, Georges Séféris et Odysséas Elýtis sont particulièrement célèbres, ces deux derniers ayant été récompensés par le Prix Nobel de littérature.

Parmi les auteurs contemporains, Dimitris Lyacos a consolidé sa réputation dans le récent contexte postmoderne[5].

ŒuvresModifier

AuteursModifier

InstitutionsModifier

AnnexesModifier

BibliographieModifier

Ouvrages anciensModifier

  • Maurice Croiset et Alfred Croiset, Manuel d'histoire de la littérature grecque, Paris, A. Fontemoing, , 844 p.
  • Maurice Croiset et Alfred Croiset, Histoire de la littérature grecque, Paris, A. Fontemoing, 1887-1889, 844 p. (lire en ligne)

Ouvrages contemporainsModifier

  • Guide de poche des auteurs grecs et latins, Paris, Les Belles Lettres, coll. « Classiques en poche », 2011 (éd. augmentée).
  • Jacqueline de Romilly (dir.), Dictionnaire de littérature grecque ancienne et moderne, Presses universitaires de France, 1994, rééd. 2001, coll. « Quadrige »
  • Jacqueline de Romilly, Précis de littérature grecque, PUF, Paris, 2007 (2e éd.), 284 p. (ISBN 978-2-13-056076-0)
  • Suzanne Saïd, Monique Trédé et Alain Le Boulluec, Histoire de la littérature grecque, Presses universitaires de France, Paris, 2010 (2e éd.), XVI-722 p. (ISBN 978-2-13-058254-0)
  • Henri Tonnet, Histoire du roman grec des origines à 1960, L'Harmattan, Études grecques, Paris, 1996. (ISBN 2738446396)
  • Mario Vitti, Histoire de la littérature grecque moderne, Hatier, Confluences, 1989. (ISBN 9607303016)
  • André Mirambel, La littérature grecque moderne, Paris, PUF, coll. « Que sais-je ? », , 128 p..
  • Constantin T. Dimaras, La Grèce au temps des Lumières, Genève, Librairie Droz, , 170 p. (ISBN 978-2-600-03885-0, lire en ligne).
  • (el) Constantin Dimaras, Histoire de la littérature néo-hellénique : Des origines jusqu’à nos jours, Athènes, Ikaros, , 716 p.

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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Notes et référencesModifier

  1. Encyclopædia Universalis, « Langue et littérature - GRÈCE ANTIQUE », sur Encyclopædia Universalis (consulté le 7 avril 2020)
  2. « Qui est Homère ? - ℹ - Sa biographie », sur dicocitations.lemonde.fr (consulté le 7 avril 2020)
  3. Maurice Croiset et Alfred Croiset, Manuel d'histoire de la littérature grecque, Paris, A. Fontemoing, , 844 p., p.5
  4. Dag Haug, « Les dialectes grecs chez Homère », GAIA. Revue interdisciplinaire sur la Grèce ancienne, vol. 11, no 1,‎ , p. 11–24 (DOI 10.3406/gaia.2007.1511, lire en ligne, consulté le 7 avril 2020)
  5. (en) Fran Mason, Historical Dictionary of Postmodern Literature and Theater, Lanham, Maryland, Rowman and Littlefield, , 586 p. (ISBN 978-1-4422-7619-2), pp.266-67.