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Baga (roi)

roi berbère de Maurétanie, et fondateur de la dynastie régnante du royaume de Maurétanie
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Baga ou Bagas (en berbère : ⵀⴳⴰ) était un roi berbère de Maurétanie, et fondateur de la dynastie régnante du royaume de Maurétanie à la fin du IIIe siècle av. J.-C.[1].

Il soutient militairement le roi numide Massinissa à son retour d'Hispanie, en lui fournissant des armes et 4 000 guerriers maures pour l'escorter et pour combattre son rival au trône, Syphax[2]. Il l'aida également contre Carthage lors de la deuxième guerre punique.

Sommaire

NomModifier

Le nom de Baga n’est cité que par Tite-Live[3] mais le nom n’est pas inconnu dans l’onomastique libyque, on le reconnaît sous la forme BGY[4]. Le nom d’Abeggi (chacal) est encore porté chez les Touaregs[5].

BiographieModifier

En 206 av. J.-C, Massinissa reçut le soutien de Baga, lorsque le prince massyle revenant d’Hispanie après le meurtre de Capussa, s’apprêtait à se rendre en Numidie pour retrouver le royaume de son père, Gaïa. Massinissa obtint du roi maure une escorte de 4 000 hommes, des cavaliers, qui lui permirent de traverser sans encombre le territoire contrôlé par Syphax et d’atteindre le royaume massyle. Malgré la faiblesse du nombre de ses partisans, 500 numides, Massinissa renvoya immédiatement ses hommes à Baga[6].

Royaume et autoritéModifier

Baga semble avoir été un chef jouissant d’une autorité certaine puisqu’il put fournir à Massinissa, qui était un étranger, une escorte aussi importante que celle que mentionne Tite-Live. Il est un véritable souverain dont l’autorité s’étendait sur un vaste territoire.

Le fait même que Massinissa traverse le territoire de Baga avant d’atteindre la Numidie, confirme la situation du royaume de Maurétanie, entre la péninsule ibérique et les territoires massæsyles et massyles ; de plus le contexte prouve que ce royaume contrôlait au moins une partie du littoral ; ce qui permet de rejeter définitivement la curieuse tentative de placer dans l’Aurès le royaume de Maurétanie[7].

Si le royaume de Baga peut être situé sans peine dans la future Maurétanie tingitane, et plutôt dans sa partie occidentale, il est impossible de préciser son étendue. On admettra, à l’image de ce qui se passait en Numidie, que le roi exerçait un certain contrôle, sinon une domination de fait, sur les villes littorales, toutes de culture phénicienne, aussi bien les vieilles cités de Lixus et Tingis que celles, sans doute plus récentes, qui occupaient les sites d’Emsa et de Sidi Abdeslam, mais aussi et plus sûrement sur les villes de l’intérieur comme Volubilis et peut-être Tamuda. Vers le sud, on peut penser que les grandes tribus gétules exerçaient déjà une pression suffisante qui limitait l’autorité de Baga. Pline l'Ancien cite les Gétules Autoletes (= Autololes) qui s’étendaient jusqu'au sahara ; on peut penser qu’ils occupaient déjà le pays au temps de Baga.

Baga nous apparaît plus comme l’héritier d’une puissance qui se forgea pendant les temps obscurs de la protohistoire que comme un simple aventurier que nous révélerait un caprice de l’Histoire.

RéférencesModifier

  1. Claude Lepelley et Xavier Dupuis, Frontières et limites géographiques de l'Afrique du Nord antique: hommage a Pierre Salama : actes de la table ronde réunie à Paris les 2 et 3 mai 1997, Publications de la Sorbonne, , 295 p. (ISBN 9782859443764, lire en ligne), p. 273
  2. Tite-Live, Histoire romaine, XXIX, 29, 7.
  3. Tite-Live, "Baga ea tempestate rex Maurorum erat" (XXIX, 30, 1).
  4. R.I.L., n° 739, dans le Guergour, et n° 1097, dans la Cheffia
  5. Charles de Foucauld, Dictionnaire abrégé touareg-français des noms propres (dialecte de l’Ahaggar), publié par André Basset, Paris, Larose.
  6. G. Camps, Encyclopédie berbère, Éditions Peeters, (ISBN 2857445091, lire en ligne), p. 1305–1306
  7. André Berthier, La Numidie, Rome et le Maghreb, préface d'André Wartelle (institut Cath. de Paris). 1981, Éditions Picard, Paris, 1981, 224 p.

BibliographieModifier

  • Stéphane GsellHistoire ancienne de l’Afrique du Nord, t. III, p. 175.
  • Charles de FoucauldDictionnaire abrégé touareg-français de noms propres, Paris, Larose, 1940.
  • Gabriel CampsMassinissa ou les débuts de l’Histoire, Alger, 1961, p. 162-167.
  • Jehan DesangesPline l’Ancien, Histoire naturelle, livre V, 1-44, Paris, Les Belles Lettres, p. 144-147.
  • André BerthierLa Numidie, Rome et le Maghreb, Paris, Picard, 1981 (contra Camps G., Compte rendu in Revue de l’Occident musulman et de la Méditerranée, n° 33, 1982, p. 132-141).