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Attentat de Grand-Bassam
Image illustrative de l’article Attentat de Grand-Bassam
Plage de Grand-Bassam, lieu de la fusillade.

Localisation Grand-Bassam, Drapeau de la Côte d'Ivoire Côte d'Ivoire
Cible Civils
Coordonnées 5° 12′ 00″ nord, 3° 44′ 00″ ouest
Date
Type Fusillade
Armes Fusils d'assaut AK-47
Morts 22[1],[2] (dont 16 civils, 3 militaires et 3 terroristes)[1],[2]
Blessés 33[1]
Auteurs 3[1]
Organisations AQMI Flag.svg AQMI
Mouvance Terrorisme islamiste
Jihadisme

Géolocalisation sur la carte : Afrique

(Voir situation sur carte : Afrique)
Attentat de Grand-Bassam

Géolocalisation sur la carte : Côte d'Ivoire

(Voir situation sur carte : Côte d'Ivoire)
Attentat de Grand-Bassam

L'attentat de Grand-Bassam est une fusillade qui a eu lieu le dans un quartier touristique de la station balnéaire ivoirienne de Grand-Bassam, lieu de tourisme en Côte d'Ivoire et classé au Patrimoine mondial de l’UNESCO, et prisé par les Ivoiriens et les expatriés[3]. L'attaque a fait officiellement 19 morts, dont trois soldats des forces ivoiriennes[4]. Al-Qaïda au Maghreb islamique[4] revendique l'attaque le soir même[5].

Sommaire

ContexteModifier

Une attaque était anticipée par les forces de l'ordre à Abidjan. Les terroristes ont frappé le dimanche 13 mars en prenant d’assaut à la kalachnikov la plage de Grand-Bassam, à 40 km au sud-est d’Abidjan, une première dans le pays.

DéroulementModifier

Les terroristes, lourdement armés, ont assailli une plage de Grand-Bassam ainsi que trois établissements hôteliers qui se trouvaient à proximité[6].

Quarante-cinq minutes après le début de l'attaque, les forces spéciales ivoiriennes interviennent et tombent nez à nez avec les trois djihadistes sur la plage. L'affrontement est bref, les trois assaillants sont tués ainsi que trois membres des forces spéciales[7],[8].

Le mode opératoire est proche de celui des attentats de Tunisie en juin 2015. Des grenades et des munitions ont été retrouvées par les forces de l'ordre. Selon un témoin, les assaillants étaient quatre et parcouraient la plage en tirant des coups de feu. Un autre témoin a affirmé qu'un des assaillants criait "Allahu Akbar" (« Dieu est grand », en arabe)[9].

Bilan humainModifier

Quinze civils sont tués lors de l'attaque, dont quatre Français, ainsi que trois membres des forces de sécurité et trois assaillants. 33 personnes sont également blessées[1]. Le bilan pourrait être plus lourd, des disparitions ont été signalées et selon des témoignages les djihadistes auraient ouvert le feu sur des personnes en train de se baigner, ainsi le 16 mars le corps d'une victime est retrouvé sur la plage[2].

VictimesModifier

Bilan des victimes
Pays d’origine Morts Blessés
  Côte d'Ivoire 10
  France 4[10]
  Liban 2[11]
  Nigeria 1
  Allemagne 1
  Macédoine 1[10]
Toutes nationalités confondues 19 ~33

L'identité des victimes identifiées à ce jour se présente comme suit[12],[13] :

  • Dix Ivoiriens dont sept civils :
    • Salimata Traoré, femme de 23 ans.
    • Carole Kouma Abenan, femme de 24 ans.
    • Émile Djo Bi Djo, homme de 26 ans.
    • Sidney Arthur Aka Ehui, homme de 33 ans.
    • Souleymane Bakayoko, homme de 22 ans.
    • Ousmane Sangaré, homme de 16 ans.
    • Oumar Diarrassouba, homme de 23 ans.
    • Abassi Ouattara Moussa (Forces spéciales ivoiriennes).
    • Gervais Kouadio N’Guessan (Forces spéciales ivoiriennes).
    • Ahmed Diomandé (Forces spéciales ivoiriennes).
  • Un Nigérian :
    • Adekunle Sarikou, homme de 25 ans.
  • Quatre Français :
    • Jean-Edouard Charpentier, homme de 78 ans.
    • Frédéric Lambert, homme de 63 ans.
    • Jean-Pierre Arnaud, homme de 75 ans.
    • Franck Hamel, homme de 53 ans.
  • Une Allemande :
  • Une Macédonienne :
    • Anita Andree Uska, femme.
  • Un Libanais :
    • Ayek Toufic, homme de 54 ans.

RevendicationModifier

L'attaque est revendiquée le soir même par Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). Dans son communiqué officiel, AQMI annonce que les assaillants se nommaient Hamza al-Fulani, Abd ar-Rahman al-Fulani et Abu Adam al-Ansari, les deux premiers seraient Peuls et le troisième Ivoirien. Le groupe déclare aussi que les civils musulmans n'étaient pas visés, et que leur mort a été causée par l'intervention des forces spéciales ivoiriennes[1],[14],[15]. L'attaque a été commise par la katiba Al-Mourabitoune[16].

Un suspect ayant hébergé certains membres du commando à Abidjan et avoir fourni une aide logistique avant l’attaque a été arrêté à Gossi. Un autre identifié comme le chauffeur et bras de Kounta Dallah a été arrêté à Goundam[17].

RépercussionsModifier

L'ambassade de France appelle le soir du 13 mars ses ressortissants à ne pas se déplacer entre Assinie, Grand Bassam et Abidjan. Les ministres français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, et de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, sont attendus mardi 15 mars 2016 à Abidjan[18].

Conséquences et renforcement des mesures de lutteModifier

Le , à la suite d'un conseil des ministres extraordinaire, le gouvernement a décidé un deuil national de 3 jours[19]. Le gouvernement annonce une série de mesures pour renforcer la sécurité dans les écoles, les lieux publics sensibles et stratégiques, comme les ambassades et les sièges des organisations internationales.

Alassane Ouattara, le président ivoirien, qui se trouvait en Assinie dans sa résidence secondaire au moment de l'attentat, fera un discours le soir du 14 mars. La veille, au 13, à la suite d'un blocage de la route vers Abidjan, il a rejoint sa résidence officielle par hélicoptère. Son ministre de l'intérieur, Hamed Bakayoko, en déplacement au Ghana a pu retourner en Côte d'Ivoire par un avion affrété pour le rapatrier[20].

Les autorités ivoiriennes ont eu recours au Bureau fédéral d’investigation (FBI) américain auquel s'ajoutent des experts marocains, allemands, français et maliens pour les aider dans l’enquête[21].

EnquêteModifier

Quinze personnes sont arrêtées entre les 13 et 22 mars. La tête pensante est identifiée comme étant un nommé Kounta Dallah[22]. Son bras droit Alou Doumbouya, alias « man », un Malien de 32 ans, est arrêté la nuit du 16 au 17 avril à Bamako. Il aurait été l'homme qui aurait convoyé les armes ayant servi à l'attaque du Mali à la Côte d'Ivoire. Les armes aurait été dissimulées dans les réservoirs de carburant d'un véhicule de type 4×4, Alou Doumbouya aurait ensuite regagné le Mali par avion[23].

Le planificateur de l'attentat, Mimi Ould Baba Ould Cheikh, est arrêté en janvier 2017 par l'armée française au Mali, à Gossi[24].

Notes et référencesModifier

  1. a b c d e et f Grand-Bassam : un nouveau bilan fait état de quatre Français tués, parmi quinze civils, Libération avec AFP, 14 mars 2016.
  2. a b et c Attentat de Grand-Bassam: une dix-neuvième victime retrouvée, L'Express, 16 mars 2016.
  3. « La cité balnéaire ivoirienne de Grand-Bassam découvre l’horreur terroriste », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le 14 mars 2016)
  4. a et b « Côte d'Ivoire : Aqmi revendique l'attaque de Grand Bassam - JeuneAfrique.com », sur JeuneAfrique.com (consulté le 14 mars 2016)
  5. « Côte d'Ivoire: une attaque revendiquée par Aqmi frappe Grand-Bassam - RFI », sur RFI Afrique (consulté le 14 mars 2016)
  6. La-Croix.com, « Côte d’Ivoire : fusillade meurtrière à Grand-Bassam », sur La Croix (consulté le 14 mars 2016)
  7. Qui est intervenu à Grand-Bassam? Le récit de l'assaut, RFI, 15 mars 2016.
  8. Baudelaire Mieu, Côte d’Ivoire : ce que l’on sait de l’intervention des Forces spéciales lors de l’attentat de Grand-Bassam, Jeune Afrique, 13 mars 2017.
  9. « Au moins 12 morts dans une fusillade à la station balnéaire de Grand Bassam en Côte d'Ivoire », sur Le Huffington Post (consulté le 14 mars 2016)
  10. a et b lefigaro.fr, « Côte d'Ivoire: une Macédonienne parmi les victimes », sur Le Figaro (consulté le 16 mars 2016)
  11. « Attentat de Grand-Bassam: une dix-neuvième victime retrouvée », sur LExpress.fr (consulté le 16 mars 2016)
  12. « Côte d'Ivoire : l'attentat de Grand-Bassam a majoritairement frappé des Ivoiriens - JeuneAfrique.com », sur JeuneAfrique.com (consulté le 16 mars 2016)
  13. « Côte d'Ivoire : qui sont les victimes de l'attaque du 13 mars à Grand-Bassam ? - JeuneAfrique.com », sur JeuneAfrique.com (consulté le 27 mars 2016)
  14. Romain Caillet, Publication du communiqué officiel d'#AQMI revendiquant l'attaque du #GrandBassam en Côte d'Ivoire, twitter, 14 mars 2016.
  15. David Thomson, Al Qaeda au Maghreb islamique diffuse les photos des trois tueurs de Grand-Bassam en Côte d'Ivoire #AQMI, twitter, 16 mars 2016.
  16. Mathieu Olivier, Grand-Bassam, Ouagadougou, Bamako : quand Aqmi et al-Mourabitoune frappent l’Afrique de l’Ouest, Jeune Afrique, 14 mars 2016.
  17. « Attentat en Côte d'Ivoire : deux Maliens arrêtés dans le nord du Mali - JeuneAfrique.com », sur JeuneAfrique.com (consulté le 27 mars 2016)
  18. « Afrique - Côte d'Ivoire : quatre Français tués dans l'attaque de Grand-Bassam », sur France 24 (consulté le 15 mars 2016)
  19. « Côte d'Ivoire : un deuil national de trois jours pour les 18 victimes de l'attaque de Grand Bassam - JeuneAfrique.com », sur JeuneAfrique.com (consulté le 14 mars 2016)
  20. « Attentat à Grand Bassam : le dimanche d'Alassane Ouattara - JeuneAfrique.com », sur JeuneAfrique.com (consulté le 14 mars 2016)
  21. « Attentat de Grand-Bassam : le FBI débarque en Côte d'Ivoire - JeuneAfrique.com », sur JeuneAfrique.com (consulté le 27 mars 2016)
  22. Côte d'Ivoire: le suspect principal de l'attentat de Grand-Bassam identifié, RFI, 22 mars 2016.
  23. Le numéro 2 présumé des attaques de Grand-Bassam arrêté au Mali, RFI, 17 mars 2016.
  24. Arrestation au Mali du cerveau présumé de l’attaque de Grand-Bassam, RFI, 12 janvier 2017.