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Armistice de Moudros
Description de cette image, également commentée ci-après
Le HMS Agamemnon lors d'une visite à Moudros pendant la campagne des Dardanelles en 1915

Traité de paix entre les forces alliées et l'empire Ottoman
Signé
Parties
Signataires Drapeau de l'Empire ottoman Empire ottoman Drapeau du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande
Drapeau de la France France
Drapeau des États-Unis États-Unis

L’Armistice de Moudros est un armistice réalisé entre l’Empire Ottoman et les Alliées à la fin de la Première Guerre Mondiale et la participation de l’Empire Ottoman. Celui-ci est signé dans le port de Moudros (sur l’ile de Lemnos) le 30 octobre 1918, Somerset Gogh-Cllethorpes, l’amiral britannique, signe en ce jour pour les Alliées. Cette suspension des hostilités met donc fin à la guerre en Orient proche et oblige les Ottomans à abandonner tout l’Empire à part l'Anatolie et cette suspension ordonne l'arrêt de toutes les garnisons militaires en Hedjaz, Yémen, Syrie, Mésopotamie, La Tripolitaine et Cyrénaïque. Ismail Enver, un des membres les plus éminents de l’Etat ottoman, garde sa position optimiste. Il cache des informations, ce qui fait paraître la position ottomane faible et fragile. Ceci amène aussi la population ottomane à penser à une possible victoire. D’après les termes de l’Entente, les Alliés occupent les détroits de Dardanelles et de Bosphore, Batoumi et enfin les tunnels des Monts Taurus. C’est ainsi que l’on reconnaît les droits des gagnants d’occuper six provinces arméniennes, dans le nord-est d’Anatolie en prévention de désaccord ou de désordre. L’armée ottomane est donc démobilisée. Dans le Caucase , les unités sont donc obligées de se retirer aux lignes antérieures de la guerre. C’est ainsi qu’ils perdent toutes leurs possessions territoriales, qu’ils ont occupées soit par domination soit par un moyen gouvernemental interposé. C'est-à-dire, les régions de Aya ria (Batoumi), Ajaltsije, Kars, Arda Han et Azerbaïdjan

Sommaire

Contexte politiqueModifier

A voir aussi: [Front du Moyen-Orient], Campagne du Caucase et Expédition de Salonique. Les événements au sud-est de l’Europe déçoient les espoirs du gouvernement ottoman. L’Expédition de Salonique, aussi connue comme le Front Macédonien, est relativement inactive depuis l’année 1916. En septembre 1918, les forces alliées (sous le commandement de Louis Franchet d’Espèrey) lancent une offensive surprise qui se solde par une victoire éclatante. L’armée bulgare est vaincue, et la Bulgarie se voit obligée de demander la paix avec l’Armistice de Salonique, et ce au détriment de la cause allemande et de la cause ottomane. En effet, les Allemands n’a pas de troupes pour aider la défense de l’Empire austro-hongrois récemment affaibli au sud-est européen, après les défaites contre la France. De plus, les Ottomans doivent défendre Constantinople contre un siège par voie terrestre depuis l’Europe sans l’aide des Bulgares.

En septembre 1918, le grand vizir Talaat Pacha se rend à Berlin en Allemagne et à Sofia en Bulgarie. En revenant, il accepte l’idée que l’Empire ottoman est vaincu. Vu que les Allemands semblent vouloir la paix, les Ottomans sont contraints de renoncer. Si les personnes ayant provoqué la guerre étaient restées au pouvoir les Alliés auraient imposé des conditions encore plus sévères. Alors, Talat convainc les membres de son parti à renoncer. Également, il se tourne vers les Etats-Unis pour voir si la Bulgarie pourrait se rendre auprès d’eux afin d’obtenir les bénéfices des Quatorze Points du Président Wilson, même si l’Empire ottoman n’était pas en guerre contre les Etats-Unis ; toutefois, les américains ne répondent jamais, puisqu’ils ont attendu une recommandation britannique pour répondre, recommandation qui n’est jamais arrivée. Le 13 octobre, Talaat et son ministère démissionnent. Ahmed Izzet Pacha le remplace comme Grand Vizir. Au bout de deux jours de commandement, Ahmed envoie le général anglais capturé Charles Vere Ferrers Townshend aux Alliés pour discuter des conditions d’un armistice.

NégociationsModifier

Le cabinet britannique reçoit la nouvelle et se montre anxieux à l'idée de négocier un accord. Les termes du pacte rassemblant les pays de l'Alliance sont alors les suivants : le premier membre contacté pour un armistice est celui qui dirige les négociations ; le gouvernement britannique interprète donc que c'est à lui de diriger les négociations et il le fait pour son compte. Ce n'est pas très clair si la décision britannique est une interprétation sincère des termes de l'alliance, si elle reflète la peur que les Français imposent des exigences trop sévères, ou encore si elle cache le désir de priver les français du butin territorial de guerre qu'on leur avait promis dans l'Accord Skyes-Picot. Townshend indique aussi que les Ottomans préfèrent conclure un pacte avec les Britanniques ; ils ne savent rien du contact que les Turcs ont eu avec les Américains ou que Talaat a envoyé un émissaire aux Français en parallèle. Le cabinet britannique octroie des pouvoirs spéciaux à l'Somerset Gough-Calthorpe pour qu'il mette fin aux négociations, en excluant explicitement les Français du traité. Il est aussi suggéré que l'amiral cherche un armistice et non un traité de paix définitif, en considérant qu'un traité de paix exigeait l'approbation de toutes les nations alliées, condition difficile à satisfaire.

Les négociations commence le samedi 27 octobre à bord du HMS Agamemnon (1906), un vaisseau de guerre britannique. Les Britanniques refuse la participation du vice-amiral français Jean-Françoise-Charles Amet, l'officier naval le plus haut gradé de la région, en passant outre le fait que celui-ci a demandé à y participer ; la délégation ottomane, présidée par le ministre de la Marine Rauf Orbay, n’y apporte pas d'objections, étant elle-même seulement accréditée auprès des Britanniques.

« Lloyd George qui méprisait le président Wilson, souhaitait le démantèlement de entre , l’Italie et le Royaume-Uni avant l’ouverture des négociations avec les Américains. Il pensait également que nos gains territoriaux très importants attireraient moins l’attention si nous obtenions alors notre part des territoires turcs et laissions pour plus tard la question des colonies allemandes. »

Les deux puissances ignorent que chacune veut signer l'armistice et qu'en conséquence elles sont prêtes à renoncer à quelques conditions afin d'y parvenir. La délégation britannique présente une liste de vingt-quatre doléances, toutes négociables, sauf celle concernant l'occupation des forts des Dardanelles, et celle du passage libre à travers le Bosphore. En effet, les Britanniques souhaitent avoir accès à la mer Noire par la côte roumaine. Le Premier ministre David Lloyd George espère aussi atteindre un accord rapide avant que les États-Unis puissent se mêler aux négociations ; selon le journal de Maurice Hankey : “[Lloyd George] méprise aussi le président Wilson et souhaite accorder le partage de la Turquie entre la France, l'Italie et le Royaume-Uni avant de consulter les Américains. Il pense aussi que cela attirerait moins l'attention sur nos énormes gains territoriaux si nous obtenions bien notre part des territoires turcs et abandonnions ensuite les colonies allemandes.”

Les Ottomans, de leur côté, pensent que la guerre est perdue et ils accepteraient à n’importe quel prix toutes les exigences qui leur seraient formulées. Ainsi, le brouillon initial présenté par les Britanniques est accepté sans souffrir de grands changements ; les Ottomans ignorent qu'ils pourraient refuser presque la totalité des clauses, et les Britanniques, qu'ils pourraient en avoir réclamé bien plus. Néanmoins, les termes sont en premier lieu favorables aux Britanniques et supposent presque une capitulation inconditionnelle ; les Ottomans cèdent à une clause vague : le droit aux Alliés d'occuper “en cas de révolte” leur territoire. Pour leur part, les Français se sont sentis offensés, et le Premier ministre français, Georges Clémenceau, reprochent aux Britanniques de prendre des décisions si importantes de manière unilatérale. Lloyd George réplique que les Français ont conclu un armistice de la même manière à Thessalonique, qui a été alors négocié par le général français d'Espèrey, alors que la Grande-Bretagne (et la Russie tsariste) ont apporté la majeure partie des troupes dans la campagne contre les Ottomans. Les Français décident donc d'abandonner le sujet. Néanmoins, il y a une fausse impression sur la sévérité des termes de l'armistice sur l’opinion publique ottomane, qui pensent que les termes seraient considérablement plus indulgents qu'ils ont été. Cet armistice devient finalement une source de mécontentement avec la trahison des termes offerts par les Alliés durant la guerre de l'Indépendance Turc.

RésultatsModifier

Pendant un certain temps, l'armistice de Moudros mets fin aux hostilités entre les Alliés et les Ottomans. Cependant, des invasions d'Italiens et de Grecs en Anatolie, sous le prétexte de "rétablir l'ordre", conduisent rapidement  à la répartition du pays. Le Traité de Sèvres de 1920 divise officiellement l'Empire ottoman en zones d'influence. Cependant, la Guerre d'Indépendance turque (1919-1923) entraîne le rejet du traité par les forces ottomanes restantes, qui prennent finalement le contrôle de la péninsule anatolienne. Les possessions ottomanes en Syrie, en Palestine et en Arabie sont maintenues conformément au Traité de Sèvres. Alors  que les frontières de la nation moderne turque sont fixées dans le Traité de Lausanne de 1923.

Notes et référencesModifier

Voir aussiModifier