Antef Ier

pharaon égyptien

Antef Ier
Image illustrative de l’article Antef Ier
Serekh d'Antef Ier, inscrit pour lui bien après sa mort par Montouhotep II dans le Temple de Montou à Tôd - Musée égyptien du Caire
Période Première Période intermédiaire
Dynastie XIe dynastie
Fonction nomarque puis roi
Prédécesseur Montouhotep Ier
Dates de fonction -2160 à -2123 (selon A. D. Dodson), cumul avec Montouhotep Ier
-2134 à -2118 (selon D. B. Redford)
-2125 à -2112 (selon I. Shaw)
-2124 à -2107 (selon J. Málek), cumul avec Montouhotep Ier
-2077 à -2065 (selon D. Franke)
-2074 à -2064 (selon M. Lehner)
Successeur Antef II
Famille
Grand-père paternel Antef l'Ancien ?
Père Montouhotep Ier
Mère Néférou Ire
Fratrie Antef II
Néféroukait ?
Sépulture
Nom Tombe d'Antef Ier ou Saff el-Dawaba
Type Tombeau
Emplacement El-Tarif

Antef Ier est le premier nomarque de Thèbes à se nommer roi, fondant ainsi la XIe dynastie. Il est probablement le fils du nomarque thébain Montouhotep Ier (proclamé roi de manière posthume). On situe son règne[1] aux alentours de -2134 à -2118. Le Canon royal de Turin (5.13) a une lacune sur son nom.

AttestationsModifier

Antef Ier n'est connu avec certitude que d'un seul monument quasi contemporain : deux blocs inscrits du temple de Montou à Tôd qui ont été érigés sous le règne de Montouhotep II. Les blocs représentent Montouhotep II face aux noms de trois de ses ancêtres qui sont identifiés par leur nom de Sa-Rê et leur nom d'Horus : Séhertaouy Antef (Ier), Ouahânkh Antef (II) et Nakhtnebtepnéfer Antef (III) (bien que dans ce cas, seuls les noms d'Horus Séhertaouy et Ouahânkh soient conservés)[2]. Ce relief établit la succession des rois de la XIe dynastie de manière certaine.

Il est peut-être attesté sur une inscription du Djebel Tjaouti, où le nomarque de Coptos Tjaouti indique que des troupes d'assaut du Fils de Rê, Antef étaient présentes (voir ci-dessous). Cette inscription peut se rapporter à Antef Ier ou bien à Antef II[3].

Le Canon royal de Turin (5.13) a une lacune sur son nom. La Chambre des ancêtres à Karnak, datant du règne de Thoutmôsis III, doit probablement le citer, mais les différentes lacunes empêchent de savoir avec certitude à quelle place son devait être inscrit, la liste n'étant pas chronologiquement ordonnée. La position (n° 11) peut lui correspondre, s'y trouve inscrit un nom commençant par In... ou An..., entre un nom commençant par Men... (n° 12, peut-être Montouhotep Ier) et un nom Antef (n° 10, peut-être Antef II).

FamilleModifier

Ses parents sont probablement Montouhotep Ier et Néférou Ire, tandis que son successeur Antef II est probablement son frère[3].

RègneModifier

Séhertaouy Antef Ier a été le premier membre de sa dynastie à assumer un titre royal avec le nom d'Horus Séhertaouy traduit de différentes manières comme « Celui qui apaise les Deux Terres » ou « Celui qui réjouit les Deux Terres » et « Pacificateur des Deux Terres ».[4],[3],[5] En prenant un tel nom d'Horus, Antef se proclamait souverain de toute l'Égypte[3], mais son autorité était contestée par les autres nomarques, au premier rang desquels les souverains de la Xe dynastie d'Héracléopolis Magna qui revendiquaient également le titre de roi.[5] Lors de son accession au trône de Thèbes, Antef ne régnait probablement que sur le nome de Thèbes (quatrième), mais on suppose qu'après avoir vaincu Ânkhtyfy ou l'un de ses successeurs, Antef a acquis les trois nomes au sud de Thèbes, jusqu'à Éléphantine, et au nord tous les territoires au sud de la frontière avec le nome de Coptos. Une autre possibilité est que cela ait été réalisé par l'un des prédécesseurs d'Antef, Montouhotep Ier[3] ou Antef l'Ancien[6]. Ces deux hypothèses restent conjecturales étant donné le peu de documents historiques sur cette période.

Antef Ier s'est rapidement retrouvé impliqué dans une guerre avec ses voisins du nord. Un graffiti découvert par le Theban Desert Road Survey dans le djebel Tjaouti au nord-ouest de Thèbes signale la présence à cet endroit des troupes d'assaut du Fils de Rê, Antef[3],[7]. On a avancé l'hypothèse que cette inscription se réfère à Antef Ier dont les soldats combattaient le nomarque de Coptos Tjaouti.[8] À l'appui de cette hypothèse, une stèle érigée par Tjaouti, toute proche et usée, fait état de la construction d'une route pour permettre à son peuple de traverser le désert que le souverain d'un autre nome avait bouclé [quand il est venu pour] combattre mon nome.... Bien qu'il ne soit pas explicitement nommé, Darell Baker et d'autres égyptologues soutiennent que ce souverain doit être soit Antef Ier, soit son successeur Antef II[3]. Quoi qu'il en soit, la défaite de Tjaouti qui s'ensuivit mit finalement Coptos, Dendérah sous contrôle thébain, étendant le royaume thébain de 250 km vers le nord avec une frontière près d'Abydos[3].

TombeModifier

Le complexe funéraire d'Antef a été creusé à flanc de colline à El-Tarif sur la rive opposée du Nil en face de Thèbes et est aujourd'hui connu sous le nom de Saff el-Dawaba. Le site d'El-Tarif comprend trois tombes royales monumentales, connues sous le nom de tombes-saff. Les inscriptions trouvées dans l'une des tombes indiquent qu'elle appartenait à Antef II, le successeur d'Antef Ier. À l'opposé, le Saff el-Dawaba est dépourvu d'inscriptions mais a donné le plus ancien type de poterie trouvé à El-Tarif et, pour cette raison, est le plus souvent attribué à Antef Ier[9],[10]. Le Saff el-Dawaba comprend une grande cour en contrebas de 300 × 75 mètres soutenue par une colonnade menant à une chapelle mortuaire creusée dans la colline et flanquée de deux chambres. La chambre funéraire a été creusée sous la chapelle mortuaire[3].

TitulatureModifier

Notes et référencesModifier

  1. Selon D. B. Redford.
    Autres avis de spécialistes : -2160 à -2123 (A. D. Dodson, avec Montouhotep Ier, -2125 à -2112 (I. Shaw), -2124 à -2107 (J. Málek, avec Montouhotep Ier), -2077 à -2065 (D. Franke), -2074 à -2064 (Lehner).
  2. Labib Habachi, « King Nebhepetre Menthuhotep: his monuments, place in history, deification and unusual representations in the form of gods », in Mitteilungen des deutschen Archaeologischen Instituts, Kairo 19 (1963), fig. 22)
  3. a b c d e f g h et i Darrell D. Baker, The Encyclopedia of the Pharaohs: Volume I - Predynastic to the Twentieth Dynasty 3300–1069 BC, Stacey International, (ISBN 978-1-905299-37-9), 2008, p. 143-144.
  4. Clayton, Peter A. Chronicle of the Pharaohs: The Reign-by-Reign Record of the Rulers and Dynasties of Ancient Egypt. Thames & Hudson. p72. 2006. (ISBN 0-500-28628-0)
  5. a et b Nicholas Grimal, A History of Ancient Egypt (Oxford: Blackwell Books, 1992), p. 142-143
  6. Henry G. Fischer, Varia Nova, New York, Metropolitan Museum of Art, , 83–88 p.
  7. Theban Desert Road Survey website « https://web.archive.org/web/20131201042406/http://www.yale.edu/egyptology/ae_theban.htm »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?),
  8. John Coleman Darnell: Theban Desert Road Survey in the Egyptian Western Desert, Volume I, Chicago 2002, (ISBN 1-885923-17-1), 38-46
  9. Thomas Schneider, Ancient Egyptian Chronology - Edited by Erik Hornung, Rolf Krauss, And David a. Warburton, 2006, available online, voir p. 491.
  10. Rasha Soliman, Old and Middle Kingdom Theban Tombs, London 2009 (ISBN 978-1-906137-09-0), 31-35