Ouvrir le menu principal

Anne de Pisseleu

duchesse d'Étampes, favorite du roi François Ier
Anne de Pisseleu
Anne de Pisseleu, femme de Jean de Brosse, duc d'Etampes.jpg
Anne de Pisseleu, par Jean Clouet. Chantilly, musée Condé.
Titres de noblesse
Duchesse
Duchesse (d)
Biographie
Naissance
Décès
Activité
Fratrie
Conjoint
Armes anne pisseleu.png
blason

Anne de Pisseleu, duchesse d'Étampes, née vers la fin de l'année 1508, au château de Fontaine-Lavaganne, et morte dans les premiers jours de septembre 1580[1], au château d'Heilly, est la favorite de Francois Ier jusqu'à la mort du roi.

Sommaire

BiographieModifier

Elle est issue de la famille Pisseleu d'Heilly, famille pauvre mais de vieille et haute noblesse picarde, fille d'Anne Sanguin (v.1479-v.1518), et de Guillaume de Pisseleu (v.1470-v.1526-29), châtelain d'Heilly ; nièce d'Antoine Sanguin de Meudon (1493-1559), cardinal, seigneur de Meudon qui lui lègue le château qu'il y a fait construire, les seigneuries de Meudon, Angervilliers et Bures ; petite-fille d'Antoine Sanguin co-seigneur de Livry. Elle figure tout d'abord comme fille d'honneur de Louise de Savoie, mère de François Ier, avant de devenir la maîtresse de ce dernier.

Elle a dix-huit ans lorsque le roi la connait, au retour de sa captivité madrilène[2]. Pour asseoir sa position à la cour, on lui fait épouser en 1532 un grand seigneur ruiné, Jean IV de Brosse, qui reçoit le comté d'Étampes, que François Ier érige en duché en 1536. Mlle d'Heilly devient de cette façon duchesse d'Étampes.

En 1537, elle hérite de biens d'Antoine Dubois, évêque de Béziers. Elle donne à cette occasion une tapisserie brodée de fontaines et de prophètes à la cathédrale Saint-Nazaire de Béziers[3].

La duchesse, dont l'intelligence est louée par ses flatteurs pour qui elle s'avère « la plus savante des belles et la plus belle des savantes », exerce une certaine influence sur le roi[4]. Favorable à la guerre contre Charles Quint, elle pousse en 1541 le roi à disgracier le connétable de Montmorency, à la politique duquel son parti est opposé, et en 1545, elle en fait de même envers l'artiste Benvenuto Cellini.

Le 24 décembre 1546, elle obtient du roi les terres des Clayes.

Elle demeure la favorite en titre de François Ier qui lui fait construire un château à Angervilliers et le reste jusqu'à la mort du roi, le . Elle tombe alors en disgrâce, comme nombre des personnages de son entourage, victime d'une large révolution de palais voulue par Henri II dans les premiers jours de son règne - les relations entre le nouveau roi, sa propre favorite Diane de Poitiers et la favorite de son père étant difficiles depuis longtemps (coup de Jarnac). Selon la tradition, Anne de Pisseleu restitue les bijoux offerts par François Ier. Ses relations suspectes avec Charles Quint, notamment par le biais de Nicolas de Bossut, seigneur de Longueval, lui valent un procès et un bannissement.

Elle se retire sur ses terres auprès de son mari et embrasse le protestantisme.

LittératureModifier

La duchesse d'Étampes est l'un des personnages du roman d'Alexandre Dumas, Ascanio ou l'Orfèvre du roi.

IconographieModifier

Pour approfondirModifier

BibliographieModifier

  • Potter, David, « Anne de Pisseleu (1508-1580). Duchesse d'Étampes, maîtresse et conseillère de François Ier », dans Cédric Michon (dir.), Les conseillers de François Ier, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2011, p. 537-556.
  • Michon, Cédric, « Dans l'ombre de la duchesse d'Étampes », dans Id. (dir.), Les conseillers de François Ier, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2011, p. 557-564.
  • Michon, Cédric, « François Ier s'est-il laissé gouverner par une putain ? », dans Id., François Ier, un roi entre deux mondes, Paris, Belin, 2018, p. 321-334.
  • Michon, Cédric, François Ier: les femmes, le pouvoir, la guerre, Paris, Belin, 2015.
  • E. Desgardins, Les Favorites du roi, Anne de Pisseleu, duchesse d'Étampes, et François Ier, Paris, H. Champion, 1904. (ASIN B001CB07VS)
  • Maurice Heim, François Ier et les femmes, Paris, 1956. (ASIN B0000DVJ0C)
  • Sigrid Ruby, Mit Macht verbunden. Bilder der Favoritin im Frankreich der Renaissance, Freiburg i.Br. 2010.

Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Anne de Pisseleu » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie, (lire sur Wikisource)

Liens internesModifier

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

  1. E. Desgardins, Anne de Pisseleu, Paris, Honoré Champion, 1904, p. 78.
  2. . La légende raconte que le monarque et Anne de Pisseleu se rencontraient à Villepreux, au pied d'un orme qui a donné son nom à un lieu de cette charmante ville des Yvelines : l'Orme à la Blonde.
  3. Histoire de la ville et des évêques de Béziers – E. Sabatier - 1854
  4. Arthur-Léon Imbert de Saint-Amand, Catherine de Médicis et ses contemporaines à la Cour de France. Les Femmes de la Cour des derniers Valois, Frédérique Patat, , p. 41