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André Georges Corap

général français

Officier général francais 5 etoiles.svg André Georges Corap
André Georges Corap

Naissance
Pont-Audemer
Décès (à 75 ans)
Fontainebleau
Origine Drapeau de France Français
Allégeance Drapeau de la France France
Arme Troupes d'Afrique
Grade Général d'armée
Années de service 1896-1940
Commandement IXe Armée
Conflits Première Guerre mondiale
Guerre du Rif
Seconde Guerre mondiale
Distinctions Grand officier de la Légion d'honneur Grand officier de la Légion d'honneur
Famille Sous-lieutenant Albert Victor Antoine Corap (1921-1944), son fils

André Georges Corap (Pont-Audemer-Fontainebleau), est un officier général français.

Sommaire

BiographieModifier

Né à Pont-Audemer en Normandie, il est le fils d'un tailleur d'habits[1], Athanase Corap et d'Arolie Armeline Groult. Engagé volontaire le 31 octobre 1896, il intègre l'École spéciale militaire de Saint-Cyr. En 1898, il sort major de sa promotion et choisit les Tirailleurs algériens. Il effectue l'essentiel de sa carrière comme officier en Algérie et au Maroc. En 1905, il est admis à l'École de guerre.

Capitaine de Zouaves en 1914, il est principalement employé à l'état-major pendant la Première Guerre mondiale, sous les ordres de Foch puis de Pétain.

Marié le 31 mai 1920 avec Jeanne Cécile Marin-Darbel, de cette union naissent deux fils : Albert et Michel.

Durant la guerre du Rif, il se distingue en capturant en 1926 le chef des insurgés, le cadi Abd el-Krim (Abdelkrim El Khattabi).

Le 28 avril 1929, il est nommé général de brigade, le 6 septembre 1933 général de division et moins de deux ans plus tard, le 30 avril 1935 général de corps d'armée. Chevalier de la Légion d’honneur depuis 1913, il est nommé grand-officier de l'ordre le 30 juin 1937[2].

Il est, depuis sa nomination en 1937, commandant de la 2e division militaire à Amiens, au moment où éclate la Seconde Guerre mondiale.

Seconde Guerre mondialeModifier

Pendant la Drôle de guerre, en janvier 1940, il est nommé général d'armée à titre temporaire et puis nommé à la tête de la IXe Armée.

Chargé de défendre un secteur de l'Ardenne française, de Pont-à-Bar près de Donchery jusqu'à la jonction, à gauche, avec l'armée du général André Georges Corap, le général Charles Huntziger subit la percée de Sedan qui va s'étendre jusqu'à Dinant le . Pourtant, depuis le 10 mai, date de l'attaque allemande en Ardenne belge, la résistance à la frontière des Chasseurs ardennais de l'armée belge, notamment à Martelange, Bodange, Chabrehez et les difficultés rencontrées par la Wehrmacht, du fait des obstacles installés par le génie belge dans une région accidentée au réseau routier étroit et sinueux, avaient donné deux jours de répit à Huntziger pour se préparer[3],[4]. Mais les troupes françaises qu'il commande étaient composées de réservistes mal entraînés (s'y trouvait notamment le capitaine de réserve Jean Lebrun, fils du président Albert Lebrun) et mal équipés et le front français fut percé à la limite de la 2e armée d'Huntziger et de la 5e du général Corap. Dès lors, celui-ci estime ne plus pouvoir tenir ses positions car il n'avait plus de liaisons vers Sedan et se voit débordé sur sa droite alors qu'il est aussi débordé au centre. Il ordonne alors un repli précipité de ses unités mobiles qui se trouvaient entre Givet et Gembloux sur la position fortifiée de la frontière française, ce qui menaçait la 1re armée en Belgique qui combattait aux côtés de l'armée belge. Ce mouvement oblige la 1re Armée et les Belges à abandonner leurs positions sur la trouée de Gembloux, le 15 mai, pour se replier sur la rive gauche de l'Escaut. Tenu pour responsable de la rupture du front, Corap est remplacé le 15 mai par le général Giraud[5].

Pourtant, le général Corap n'a eu de cesse de signaler à l'état-major, en vain, l'insuffisance en hommes et en matériel sur ce front et la vulnérabilité qui en résultait. Les stratèges français avaient doté ce secteur d'éléments fixes des IIe et IXe armées avec des divisions de série B, mal équipées en matériel moderne. La stratégie hasardeuse de la manœuvre "Dyle-Bréda", conçue par le général en chef Maurice Gamelin, et le sentiment que les monts et forêts ardennais empêcheraient les Allemands de tenter une opération d'envergure dans le secteur Givet/Longuyon furent ainsi les principales causes du désastre militaire. Or, c'est dans ce secteur que les Allemands concentrèrent une force considérable en matériels modernes (avions, chars…) et en troupes d'élite de haute valeur combative. C'est la défaite de la IIe armée du général Charles Huntziger, et plus précisément celle de la 55e division d'infanterie du général Lafontaine, qui entraînent le général Corap à faire décrocher ses troupes des positions qu'elles tenaient, à peine après quelques heures de combat.

Le 1er juillet 1940, il est versé dans le cadre de réserve.

Son fils, le sous-lieutenant Albert Corap du 12e régiment de cuirassiers de la 2e DB est tué le 21 novembre 1944 lors du combat de Schalbach[6].

Mort à Fontainebleau le (à 75 ans), le général Corap y est inhumé le 19 août.

DécorationsModifier

Décorations françaisesModifier

  Grand officier de la Légion d'honneur (décret du 30 juin 1937).   Croix de guerre 1914-1918, palme de bronze (citation à l'ordre de l'armée le 24 février 1919).   Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs avec palme.
  Médaille coloniale (avec agrafe Maroc).   Médaille commémorative du Maroc (avec agrafes Oudjda et Maroc).
  Médaille interalliée de la Victoire.
  Médaille commémorative de la guerre 1914-1918.

Décorations étrangèresModifier

  Officier de l'ordre du Ouissam alaouite (Maroc).
  Chevalier du Nichan Iftikhar (Tunisie, le 13 février 1914).
  Ordre du Service distingué (Royaume-Uni, le 20 février 1919).
  Officier de l'ordre de Léopold (Belgique, le 26 avril 1920).
  Officier de l'ordre Polonia Restituta (Pologne).
Médaille de Bene Merentibus (Pologne).

SourcesModifier

BibliographieModifier

  • Henri de Wailly, « Abbeville mai 1940 : Comment de Gaulle perd une bataille malgré ses chars », Historia (Historama), no 579,‎ , p. 14-20
  • Paul Allard, La vérité sur l'affaire Corap... : l'énigme de la Meuse, Paris, Les Éditions de France, , 57 p. (notice BnF no FRBNF31711614).
  • Max Schiavon, Corap. Bouc émissaire de la défaite de 1940, Paris, éditions Perrin, 2017.

Notes et référencesModifier

  1. "Qui étaient ces généraux" de Max Schiavon, Histoires de la Dernière guerre, no 5, mai-juin 2010
  2. « Notice de la base Leonore : André Georges Corap (cote LH/587/36) », sur le site des archives nationales (consulté le 11 septembre 2014).
  3. Le Mythe de la Guerre Éclair, Karl-Heinz Frieser, p. 130-136-137-138-139-141, Éd. Belin Paris 2003.
  4. Un désastre évitable, lieut.-colonel Jacques Belle, p. 127, Éd. Economica Paris 2007.
  5. Selon Henri de Wailly (op. cit. mai 1995, p. 20) la responsabilité incombe au « manque d'initiative et de sens de la manœuvre de la part des chefs. » Elle est aussi le fait du manque de matériel adéquat et du mauvais emploi du matériel disponible.
  6. Jean Compagnon, Leclerc, maréchal de France, Paris, Flammarion, , 625 p. (ISBN 2-08-066889-7), p. 448-471.

Liens externesModifier