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Albert Bernard (administrateur colonial)

administrateur de la France d'outre-mer
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Albert Bernard
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Biographie
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MôdahtouVoir et modifier les données sur Wikidata
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Distinction

Albert Bernard, né le à Aiguebelle et mort le à Môdahtou, est un élève-administrateur colonial[1]. Sa mort en Côte française des Somalis au cours d'un affrontement contre un «rezzou» devient le symbole de la conquête française de ce territoire[2].

BiographieModifier

Fils d'un notaire d'Aiguebelle (Savoie)[3], il s'engage dans des études de droit puis réussit le concours de l'École coloniale en 1929[3].

À sa sortie de l'école, après son service militaire, il est affecté en Côte française des Somalis comme élève administrateur. Il prend son poste le 19 décembre 1933. Adjoint du commandant du cercle de Dikhil (à 120 km au sud-ouest de Djibouti), il en est nommé commandant par intérim le 7 juillet 1934[2]. Ce poste est créé en 1928 dans la zone de rencontre des pasteurs issas et afars[4].

Il écrit à ses parents en juin 1934 : « Notre métier n'est pas si difficile, il faut faire du bien autour de soi. Pour cela, il faut consacrer un peu d'argent de sa solde aux œuvres, écoles, infirmeries, justice, humanité. C'est la belle vie… Si on peut faire un peu de bien, il ne faut rien négliger, ni temps, ni fatigue, ni argent ». On le voit en photo dans le Monde Colonial avec les enfants avec qui il avait planté un jardin de légumes de graines venues tout droit de sa Maurienne natale[5].

Le 17 janvier 1935, Albert Bernard apprend qu'un « rezzou Assaïamara » (razzia)[2] a pillé des campements et retourne vers l'ouest. Il part accompagné de quinze ou dix-sept miliciens[2] pour l'intercepter. Le 18 au matin, à proximité de Môdathou, au sud du lac Abhé, il dirige une attaque contre le groupe, mais sa troupe, bien que mieux équipée, se fait submerger par le nombre[6]. Albert Bernard est tué, sans doute égorgé, ainsi que tous les miliciens sauf deux.

Son corps est ramené en France, à bord du navire Porthos, puis est inhumé à Aiguebelle le 26 février 1935. Il est cité à l'ordre de la Nation le 22 janvier et fait Chevalier de la Légion d'honneur à titre posthume le 25 janvier.

PostéritéModifier

Bien que Môdahtou se situe dans une zone non délimitée, en février 1935, le gouvernement éthiopien reconnaît une responsabilité dans l'incident et verse une indemnité aux familles des victimes. Cependant, lors de la délimitation frontalière après la Seconde Guerre mondiale, la France obtient que le «lieu mémoire» de la mort de Bernard soit inclus dans le territoire français[2]. Un monument commémoratif y est construit en juin 1938. Le gouverneur Marcel de Coppet est rappelé en France en juin 1935, peut-être à cause de la mort de Bernard[1]. Le monument Bernard est entretenu actuellement par les forces françaises de Djibouti [7].

Le secrétaire d'État chargé des départements et territoires d'outre-mer, Xavier Deniau, préside en 1973 à Môdahtou une cérémonie commémorative de sa mort.

Un monument, inauguré le 2 août 1936, lui rend hommage dans sa ville natale d'Aiguebelle, à côté du foyer rural, et une place porte son nom. Il y a une avenue Albert Bernard à Djibouti, où se trouvait le monument aux morts. Le président français Georges Pompidou, à l'occasion d'un passage au Territoire français des Afars et des Issas, y a déposé une gerbe le 16 janvier 1973[8],[9].

Notes et référencesModifier

  1. a et b Hommes et destins : Afrique noire, vol. 11.
  2. a b c d et e Imbert-Vier [2011]
  3. a et b Bernard Demotz et François Loridon, 1000 ans d'histoire de la Savoie : La Maurienne (Volume 2), Cléopas, , 845 p. (ISBN 978-2-9522-4597-5), p. 58.
  4. Didier Morin, Dictionnaire historique afar (1288-1982), Karthala, , 298, Notice Dikhil p., p. 139.
  5. Journal Savoie du lundi 19 avril 1993, p. 3, Fil 73.
  6. Les récits de l'époque, sans doute très exagérés, parlent de 800 à 1000 « guerriers ».
  7. http://www.ecpad.fr/ffdj-patrouille-nomade-autonome/
  8. « Pompidou à Djibouti » [vidéo], sur ina.fr,
  9. Lettre de la Présidence de la République, signée par Jacques Foccart, réf.n°228 du 06/02/1973 à Monsieur Jean Bernard (frère d'Albert Bernard) alors maire de Saint François Longchamp.

BibliographieModifier

  • Académie des sciences d'outre-mer, Hommes et destins : Afrique noire, vol. 11, Éditions L'Harmattan, , 790 p. (ISBN 978-2-29654-603-5), p. 75-78, notice biographique d'André Baccard, pp. 75–78.
  • Jean-Maurice Comte, Albert Bernard : vie et mort d'un jeune Savoyard tombé pour l'Afrique, La Fontaine de Siloé, , 158 p., (roman historique).
  • Imbert-Vier (Simon), Tracer des frontières à Djibouti. Des territoires et des hommes aux XIXe et XXe siècle, Paris Karthala, 2011, 479 p.
  • Morin (Didier), Dictionnaire historique afar (1288-1982), Paris, Karthala, 2004, 298 p.; sv Dikhil, p. 139-142; sv Bernard, p. 114.

Articles connexesModifier

Liens externesModifier