Ouvrir le menu principal

District d'Orakzai
District d'Orakzai
Le district d'Orakzai est en jaune sur la carte. Elle faisait partie des anciennes régions tribales (en bleu) et désormais de la province de Khyber Pakhtunkhwa (en vert).
Administration
Pays Drapeau du Pakistan Pakistan
Province Khyber Pakhtunkhwa
Chef-lieu Kalaya et Ghiljo
Démographie
Population 254 356 hab. (rec. 2017)
Densité 165 hab./km2
Langue(s) pachto
Géographie
Superficie 153 800 ha = 1 538 km2

Le district d'Orakzai (en ourdou : ضِلع اورکزئ) est une subdivision administrative de la province de Khyber Pakhtunkhwa au Pakistan. Il était intégré aux régions tribales jusqu'à leur fusion avec la province en 2018 et était jusqu'alors appelé agence d'Orakzai.

Orakzai est une région montagneuse et détient deux capitales administratives, Kalaya et Ghiljo. La population essentiellement constituée de tribus pachtounes compte près de 250 000 habitants en 2017. La zone est quasiment exclusivement rurale et peu développée.

Proche de l'Afghanistan, Orakzai est la seule région tribale à ne pas posséder de frontière directe avec ce pays. C'est un fief de divers groupes islamistes dont les talibans pakistanais, contre lesquels l'armée pakistanaise a lancé une opération militaire en 2010.

Sommaire

HistoireModifier

 
Paysage d'Orakzai.

Orakzai a été sous la domination de plusieurs puissances au cours de l'histoire, notamment l'Empire timouride puis l'Empire moghol. Assimilé en 1858 au Raj britannique, Orakzai est une région tribale proche de l'Afghanistan et de Peshawar.

En 1947, Orakzai est intégré au Pakistan suite à la partition des Indes, bien que la zone ait longtemps soutenu le mouvement Khudai Khidmatgar qui s'était opposé au mouvement pour le Pakistan. L'agence de Orakzai est créée en 1973 par le Premier ministre Zulfikar Ali Bhutto[1].

À l'instar du reste des régions tribales, Orakzai est difficilement contrôlé par le pouvoir pakistanais et nourrit un sentiment de défiance envers les autorités. Le régime juridique en place laisse d'un côté une autonomie aux assemblées tribales qui dominent Orakzai, mais les habitants sont privés de nombreux droits dont bénéficient les autres Pakistanais et la zone est directement administrée par le pouvoir central.

Ce régime juridique est officiellement aboli en mai 2018 et Orakzai est intégré à la province voisine de Khyber Pakhtunkhwa, devenant ainsi un district. Cette décision longtemps demandée par la population est saluée alors que les habitants espèrent le développement de la région et l'accès à des services publics de base.

Insurrection talibaneModifier

 
Le district en hiver.

Passage entre l'Afghanistan et le reste de la province, Orakzai est l'un des principaux fiefs des talibans pakistanais, et accueille aussi des combattants islamistes étrangers, concentrés dans la partie ouest de l'agence surtout. En mars 2010, l'armée pakistanaise lance l'offensive d'Orakzai dans le but de déloger les insurgés. En trois mois, les combats auraient fait au moins 2 000 morts. L'armée a d'abord repris le contrôle de la partie basse à l'ouest de l'agence, avant de remonter dans le centre-ouest et le nord-ouest.

DémographieModifier

Lors du recensement de 1998, la population de l'agence a été évaluée à 225 441 personnes, uniquement ruraux[2]. Le recensement suivant mené en 2017 pointe une population de 254 356 habitants, soit une croissance annuelle de 0,6 %, bien inférieure aux moyennes provinciale et nationale de 2,9 % et 2,4 % respectivement[2].

La population du district est majoritairement d'ethnie pachtoune et la langue la plus parlée est le pachto, comme pour la plupart de la province. La population se rassemble en tribus, dont la plus importante a donné son nom au district : les Orakzais. On trouve une petite minorité chiite dans le district[1].

AdministrationModifier

 
Route menant à Kalaya.

Le district est divisé en quatre tehsils ainsi que 46 Union Councils[3]. Le district compte deux capitales administratives : Kalaya pour le Bas-Orakzai et Ghiljo pour le Haut-Orakzai.

Tehsil Population (rec. 2017)[4]
Orakzai-Centre 59 122
Haut-Orakzai 63 872
Bas-Orakzai 107 397
Ismail Zai 23 965

ÉducationModifier

 
Un village d'Orakzai.

Il y a environ 438 établissement scolaires dans l'agence en 2010, scolarisant environ 36 500 personnes, dont environ 24 200 garçons et 12 300 filles[5]. Seuls 27 % des enfants du district sont scolarisés en 2007 et le taux d'alphabétisation dépasse à peine les 17 %, et présente surtout une forte inégalité de sexes : 30 % pour les hommes contre 3 % pour les femmes[6].

Selon un classement national sur la qualité de l'éducation, le district se trouve parmi les moins bien dotés du pays, avec une note de 50 sur 100 et une égalité entre filles et garçons de 63 %. Il est classé 103e sur 141 districts au niveau des résultats scolaires et 125e sur 155 au niveau de la qualité des infrastructures des établissements du primaire[7].

Selon un rapport des autorités locales, les talibans auraient détruit au moins 43 établissements scolaires de filles ou de garçons, dont des écoles primaires, des collèges et des lycées[5]. Environ 9 000 élèves, soit environ un quart de l'effectif total des élèves de l'agence, ont ainsi été privés d'éducation. Les destructions sont inégalement réparties dans l'agence, certaines zones ayant perdu pratiquement toutes leurs écoles[5].

ÉconomieModifier

 
Champ de moutarde.

Le district d'Orakzai est pauvre, très reculé, peu doté en infrastructures et services publics. La population souffre notamment de malnutrition, de maladies et de manque d'accès à l'eau. Le principal moyen de subsistance des habitants est l'agriculture et l’élevage alors que les paysans disposent surtout de petites surfaces, souvent inférieures à deux hectares. À Orakzai, environ 42 % des foyers reçoivent de l'argent de membres de leur famille travaillant ailleurs dans le pays (28 %) ou à l'étranger (14 %) en 2007[6].

Suite à l'intégration de Orakzai à la province de Khyber Pakhtunkhwa en 2018, la population espère une hausse des investissements publics. En 2019, le gouvernement annonce un plan de dix ans pour développer les infrastructures, notamment dans le but de permettre un accès au réseau téléphonique[8].

PolitiqueModifier

Suite à la réforme électorale de 2018, le district est représenté par la circonscription no 47 à l'Assemblée nationale. Quand il était intégré aux régions tribales avant 2018, les candidats aux élections étaient interdits de se présenter sous l'étiquette d'un parti politique sous l'effet du régime dérogatoire au droit commun alors en vigueur.

Lors des élections législatives de 2018, le district ne compte pas encore de circonscription à l'Assemblée provinciale de Khyber Pakhtunkhwa, malgré son intégration récente à cette dernière province. Par ailleurs, le Mouvement du Pakistan pour la justice remporte le siège en jeu lors de ce scrutin.

Résultats lors des élections législatives de 2018
Parti Voix % Élus
nationaux
Mouvement du Pakistan pour la justice 11 523 21,00 % 1
Muttahida Majlis-e-Amal 6 988 12,73 % 0
Mutahidda Qabail Party 5 535 10,08 % 0
Parti du peuple pakistanais 2 005 3,65 % 0
Autres partis 1 139 2,08 % 0
Indépendants 27 688 50,45 % 0
Total exprimés (participation : 32,87 %) 54 878 100 % 1
Source : Commission électorale du Pakistan[9]

RéférencesModifier

  1. a et b (en) Mariam Abou Zahab, « Frontières dans la tourmente : la talibanisation des zones tribales », Outre-Terre,‎ (lire en ligne).
  2. a et b (en) Provisional province wise population by sex and rural/urban - Census - 2017 Pakistan sur pbscensus.gov.pk.
  3. (en) Tribal districts divided into 700 councils for LG polls sur Dawn.com, le 3 décembre 2018
  4. (en) Orakzai summary, sur pbscensus.gov.pk. Consulté le 29 décembre 2018
  5. a b et c (en) La violence frappe les écoles en Orakzai, Dawn.com. Consulté le 6 juillet 2010.
  6. a et b (en) Multiple Indicator Cluster Survey (MICS) - FATA sur fata.gov.pk, 2009
  7. (en) Pakistan District Education Rankings 2017 sur elections.alifailaan.pk
  8. (en) Govt to spend Rs100b annually on tribal area development: PM sur The Express Tribune, le 18 mars 2019
  9. (en) NA-47 (Orakzai 1) sur le site de la Commission électorale du Pakistan.

Voir aussiModifier