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Adalbéron de Laon

prélat
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Adalbéron de Laon
Fonction
Évêque catholique
Biographie
Naissance
Décès
Activités
Famille
Père
Reginar, count of Bastogne (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Religion
Maître

Adalbéron de Laon, aussi appelé Ascelin (947 — , abbaye Saint-Vincent de Laon), évêque de Laon de 977 à 1030 est un membre de la maison d'Ardenne et un fils de Régnier, comte de Bastogne, et un neveu de Godefroy le Captif, comte de Verdun et d'Adalbéron archevêque de Reims.

Il est le premier, dans ses Poèmes au roi Robert, à avoir formulé la règle coutumière de la séparation des trois pouvoirs, ou tripartition.

BiographieModifier

 
La société médiévale : un prêtre, un chevalier, un travailleur. Cette miniature illustre l'idéologie des trois ordres sociaux (ceux qui prient, ceux qui combattent, ceux qui travaillent)

FormationModifier

Après avoir commencé ses études à Gorze, il est de 969 à 974 l’élève à Reims de Gerbert d’Aurillac, le futur pape Sylvestre II.

ÉpiscopatModifier

Lothaire, roi carolingien de France, le nomme évêque de Laon le , après la mort de Roricon survenue le . Le , son oncle l'archevêque Adalbéron de Reims lui donne la consécration épiscopale en la cathédrale de Laon.

Peu après son accession au siège épiscopal, des bruits d’adultère courent au sujet d’une liaison qu’il entretient avec la reine Emma d’Italie, épouse de Lothaire. Afin de connaître la vérité, son oncle l’archevêque de Reims convoque un synode qui finalement innocente la reine ainsi que l’évêque Ascelin. Le frère du roi Lothaire, Charles de Lotharingie, qui a encouragé ces rumeurs, est exilé.

Soutien d'Hugues CapetModifier

Après la mort de Lothaire et de son fils Louis V, il se range cependant du côté de son oncle l'archevêque Adalbéron de Reims parmi les artisans du changement de dynastie. Le jour du dimanche des Rameaux[1] 29 mars ou le jour du Jeudi saint[2] , il livre Charles de Lorraine, dernier représentant et héritier légitime de la dynastie carolingienne à Hugues Capet, le roi des Francs.

Au printemps 993, le comte Eudes Ier de Blois, déçu qu'Hugues Capet et son fils aient refusé de lui conférer le titre de duc des Francs, imagina, en liaison avec Adalbéron de Laon de les faire capturer lors d'une rencontre projetée à Metz avec l'empereur Otton III et de placer Louis, fils de Charles de Basse-Lotharingie sur le trône[3]. Eudes Ier de Blois serait devenu duc des Francs et Adalbéron évêque de Reims. Hugues Capet et son fils prévenus firent échouer cette tentative et Adalbéron fut déposé au synode de Pavie en 998.

Toutes ses actions lui vaudront la réputation de Vetulus Traditor (vieux traître).

 
L'organisation sociale en trois ordres

Les Poèmes au roi Robert et la tripartitionModifier

Il est l'auteur du Poème au roi Robert écrit entre 1027 et 1030[4] dans lequel il s'en prend au monachisme clunisien et y formule, l'un des premiers avant Gérard de Cambrai, l'ancien principe politique de séparation des trois pouvoirs, ou tripartition à l’image de la Cité de Dieu chez saint Augustin. La théorie des ordines répartit la société selon les fonctions de chacun : les oratores (ceux qui prient, les moines, les prêtres), les pugnatores ou bellatores (ceux qui combattent, à peine 1 à 2 % de la population) et les laboratores (ceux qui travaillent ou, plus précisément, qui labourent la terre, l'immense majorité des paysans).

La date de sa mort est incertaine, selon le nécrologe de Saint-Vincent de Laon, un 27 janvier, 1030[5] (ou 1031). Il est inhumé en l'église abbatiale de Saint-Vincent de Laon.

Notes et référencesModifier

  1. Edmond Pognon, Hugues Capet, roi de France, Albin Michel, 1966, p. 148
  2. Henri de Boulainvilliers, Histoire de l'ancien gouvernement de la France, Aux dépens de la compagnie, 1727, p. 147
  3. Laurent Theis, Robert le Pieux, Librairie Acédémique Perrin, 1999, p. 76.
  4. Poème au roi Robert d’Adalbéron de Laon, traduction en français
  5. Dom Robert Wyard, Histoire de l'abbaye de Saint-Vincent de Laon, imprimerie Moureau, Saint-Quentin, 1858, p. 142,

AnnexesModifier

Liens externesModifier