Ouvrir le menu principal

Élections fédérales allemandes de 1961

Élections fédérales allemandes de 1961
499 députés du Bundestag
(Majorité absolue : 250 députés)
Type d’élection Élection parlementaire
Corps électoral et résultats
Inscrits 37 440 715
Votants 32 849 624
87,74 %  0
Votes exprimés 31 550 901
Votes nuls 1 298 723
Bundesarchiv B 145 Bild-F078072-0004, Konrad Adenauer.jpg CDU – Konrad Adenauer
Voix 14 298 372
45,32 %
 −4,9
Députés élus 242  −28
Willy Brandt (1959).jpg SPD – Willy Brandt
Voix 11 427 355
36,22 %
 +4,5
Députés élus 190  +21
Bundesarchiv Bild 183-87989-0060, Erich Mende.jpg FDP – Erich Mende
Voix 4 028 766
12,77 %
 +5,1
Députés élus 67  +26
4e législature du Bundestag
Diagramme
Chancelier fédéral
Sortant Élu
Konrad Adenauer
CDU
Konrad Adenauer
CDU
wahlen-in-deutschland.de

Les élections fédérales allemandes de (en allemand : Bundestagswahl 1961) se tiennent le dimanche , afin d'élire les 494 députés de la 4e législature du Bundestag. Du fait des résultats et en application de la loi électorale, 499 députés sont finalement élus.

Si l'alliance chrétienne-démocrate CDU/CSU du chancelier Adenauer reste la première force politique fédérale, elle perd sa majorité absolue. Le FDP réalise ce qui restera son meilleur résultat historique jusqu'en 2009 tandis que le SPD, emmené par le bourgmestre-gouverneur de Berlin-Ouest Willy Brandt, progresse sérieusement pour la première fois. Ce scrutin jette les bases du système tripartite allemand, qui restera en vigueur pendant deux décennies.

ContexteModifier

Les élections fédérales du constituent un scrutin unique dans l'histoire de la démocratie allemande : avec 50,2 % des voix et 270 députés sur 497, le bloc chrétien-démocrate (CDU/CSU) du chancelier fédéral Konrad Adenauer s'adjuge la majorité absolue des voix et des sièges. Le Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) d'Erich Ollenhauer est encore nettement distancé. Il totalise 31,8 % des suffrages exprimés et 169 parlementaires.

Emmené par l'ancien ministre-président de Bade-Wurtemberg Reinhold Maier, le Parti libéral-démocrate (FDP) réalise une contre-performance après avoir réuni seulement 7,7 % des voix et 41 mandats. Si le Parti allemand (DP) du ministre-président de Basse-Saxe Heinrich Hellwege conserve sa représentation parlementaire avec 17 élus alors qu'il ne reçoit que 3,4 % des voix, c'est grâce à ses accords avec la CDU qui lui assurent plusieurs mandats uninominaux. Le Bloc pan-allemand/Fédération des réfugiés et expulsés (GB/BHE) est lui exclu du Bundestag puisque avec 4,6 %, il ne parvient pas à franchir le seuil fédéral des 5 %. Si les règles électorales de étaient restés en application, le Bloc des réfugiés aurait gagné plusieurs sièges, car il franchit les 5 % en Bavière, Hesse, Basse-Saxe et Schleswig-Holstein.

Le , après avoir confirmé l'alliance qui associe depuis huit ans la CDU/CSU et le DP, Adenauer est investi pour un troisième mandat de chancelier fédéral. Il confie le titre de vice-chancelier au ministre fédéral de l'Économie Ludwig Erhard, perçu par la population comme l'artisan du miracle économique (en allemand : Wirtschaftswunder).

De leur côté, les sociaux-démocrates entreprennent une rénovation idéologique, prenant acte de leur troisième défaite consécutive et de leur incapacité à engranger des gains électoraux significatifs. Ce travail de réflexion amènent en à l'adoption du programme de Bad Godesberg, qui rompt définitivement avec le marxisme au profit de la social-démocratie et fixe au parti l'objectif de représenter tout le peuple allemand et plus seulement les travailleurs.

Lors de l'élection présidentielle du , le chef de l'État sortant Theodor Heuss ne peut se représenter après avoir accompli deux quinquennats. Chacun des trois grands partis présente son candidat : les chrétiens-démocrates proposent le ministre fédéral de l'Agriculture Heinrich Lübke, les sociaux-démocrates et les libéraux-démocrates désignent chacun un vice-président du Bundestag, Carlo Schmid pour le SPD et Max Becker pour le FDP. Lübke s'impose au second tour de scrutin avec 526 voix sur 1 011, soit 52 % des exprimés et 50,7 % des inscrits.

À la suite de la décision prise le de neuf députés, dont les deux ministres, du Parti allemand d'adhérer à l'Union chrétienne-démocrate, le reste du DP passe dans l'opposition. Le cabinet Adenauer III devient ainsi le seul gouvernement de l'Allemagne fédérale soutenu par une seule force politique. Presque cinq mois plus tard, à la fin du mois de , le SPD innove en désignant un candidat à la chancellerie distinct de son président, en l'espèce le bourgmestre-gouverneur de Berlin-Ouest Willy Brandt.

La campagne électorale est marquée le par le début de la mise en place du mur de Berlin (Berlinmauer), qui enclave physiquement la moitié occidentale de la ville dans la République démocratique allemande (RDA).

Mode de scrutinModifier

Le Bundestag est constitué de 494 députés (en allemand : Mitglied des Deutschen Bundestages, MdB), élus pour une législature de quatre ans au suffrage universel direct et suivant le scrutin proportionnel d'Hondt.

Chaque électeur dispose de deux voix : la première (Erststimme) lui permet de voter pou un candidat de sa circonscription selon les modalités du scrutin uninominal majoritaire à un tour, le pays comptant un total de 247 circonscriptions réparties entre les dix Länder ; la deuxième (Zweitstimme) lui permet de voter pour une liste de candidats proposée par un parti politique au niveau du Land.

Lors du dépouillement, l'intégralité des sièges attribués est répartie à la proportionnelle, à condition qu'un parti ait remporté 5 % des voix au niveau national ou trois mandats uninominaux, puis distribuée entre les Länder. Si un parti a remporté des mandats au scrutin uninominal, ses sièges sont d'abord pourvus par ceux-ci.

Dans le cas où un parti obtient plus de mandats au scrutin uninominal que la proportionnelle ne lui en attribue, ces mandats sont conservés.

CampagneModifier

Principaux partisModifier

Parti Idéologie Chef de file Score en 1957
Union chrétienne-démocrate d'Allemagne
Christlich Demokratische Union Deutschlands
Centre droit
Démocratie chrétienne, libéral-conservatisme
Konrad Adenauer
(Chancelier fédéral)
50,2 % des voix
270 députés
Union chrétienne-sociale en Bavière
Christlich-Soziale Union in Bayern
Parti social-démocrate d'Allemagne
Sozialdemokratische Partei Deutschlands
Centre gauche
Social-démocratie, progressisme
Willy Brandt
(Bourgmestre-gouverneur de Berlin-Ouest)
31,8 % des voix
169 députés
Parti libéral-démocrate
Freie Demokratische Partei
Centre
Libéralisme classique, libéralisme économique
Erich Mende 7,7 % des voix
41 députés

RésultatsModifier

Au niveau fédéralModifier

Résultats des élections fédérales allemandes de 1961
Partis Circonscriptions Liste Total des sièges
Votes % Sièges +/- Votes % Sièges Total +/-
CDU/CSU 14 727 737 46,02 156   38 14 298 372 45,32 86 242   28
Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU) 11 622 995 36,32 114   33 11 283 901 35,76 78 192   23
Union chrétienne-sociale en Bavière (CSU) 3 014 471 9,55 42   5 3 014 471 9,55 8 50   5
Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) 11 672 057 36,47 91   45 11 427 355 36,22 99 190   21
Parti libéral-démocrate (FDP) 3 866 269 12,08 0   1 4 028 766 12,77 67 67   26
Parti pan-allemand (GDP) (de) 859 290 2,68 0   6 870 756 2,76 0 0   17
Autres 879 113 2,75 0   925 652 2,93 0 0  
Votes valides 32 004 466 97,43 31 550 901 96,05
Votes blancs et nuls 845 158 2,57 1 298 723 3,95
Total 32 849 624 100 247   32 849 624 100 252 499   2
Abstentions 4 591 091 12,26 4 591 091 12,26
Inscrits / participation 37 440 715 87,74 37 440 715 87,74

Dans les LänderModifier

AnalyseModifier

Ces élections posent les fondements de ce qui constituera le système politique allemand pour les deux décennies à venir, un tripartisme entre le SPD à gauche et au centre gauche, la CDU/CSU sur la droite et au centre droit, et le FDP au centre du spectre politique, partenaire indispensable de toute majorité future (sauf grande coalition).

À cette occasion, le Parti libéral-démocrate établit son record historique, qui ne sera battu qu'à l'issue des élections de 2009.

ConséquencesModifier

Demeurant de loin la première force politique du pays, les chrétiens-démocrates forment une « coalition noire-jaune » avec les libéraux. Le , Konrad Adenauer entame un quatrième mandat après avoir recueilli 258 voix sur 490, soit 51 suffrages de moins que sa majorité.

Voir aussiModifier