Trouble de la personnalité évitante

Trouble de la personnalité évitante

Spécialité Psychiatrie et psychologieVoir et modifier les données sur Wikidata
CISP-2 P80Voir et modifier les données sur Wikidata
CIM-10 F60.6
CIM-9 301.82
MedlinePlus 000940
eMedicine 913360Voir et modifier les données sur Wikidata
eMedicine ped/189 
MeSH D010554
Symptômes ÉvitementVoir et modifier les données sur Wikidata

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Le trouble de la personnalité évitante[1] (ou trouble de la personnalité anxieuse[2]) est un trouble de la personnalité caractérisé par un sentiment de mauvaise adaptation, d'une très forte sensibilité aux situations négatives et à l'évitement d'activités ou relations humaines. Ce trouble est reconnu par le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM) de l'Association américaine de psychiatrie (AAP) et par le Classification internationale des maladies (CIM-10), de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), sous la classification F.60.

Les individus atteints de troubles de la personnalité évitante se considèrent eux-mêmes être socialement inaptes ou personnellement peu attirants, et évitent une interaction sociale par peur d'être ridiculisés, humiliés, rejetés ou mal-aimés.

Le trouble de la personnalité évitante est habituellement remarqué au début de l'âge adulte. La négligence ou le rejet social peuvent également contribuer à un développement du trouble de la personnalité évitante[3].

ÉpidémiologieModifier

D'après le DSM-IV-TR, le trouble de la personnalité évitante survient à 0,5 % à 1 % de la population générale[4]. Cependant, d'autres statistiques estiment que 2,36 % de la population américaine totale est atteint de trouble de la personnalité évitante[5]. 10 % des patients cliniques sont atteints de ce trouble[6].

TraitementModifier

Le traitement pour le trouble de la personnalité évitante peut inclure une variété de techniques, telles que l'entraînement du savoir-être, la thérapie cognitive, expositions à des traitements qui améliorent les relations sociales, la thérapie de groupe pour pratiquer certaine sociabilité, et souvent les médicaments[7]. Il est important pour le patient qu'il garde confiance, car les individus atteints de troubles de la personnalité évitante tenteront souvent d'éviter les séances du traitement s'ils ne font pas confiance au thérapeute ou s'ils éprouvent une peur de rejet. Dans tous les cas, il convient de ne pas prendre ce problème à la légère, car une personne évitante non traitée peut présenter des troubles secondaires : assuétudes, fuite dans l'imaginaire, dépression… De plus, à force d'accumuler les échecs et les déceptions sur le plan relationnel, le patient peut finir par perdre confiance, tant en lui que dans les autres. (À ce stade, il peut paradoxalement devenir irrespectueux et agressif envers tout le monde)[réf. nécessaire], considérant qu'il vaut mieux être égoïste « par défaut », et ne penser qu'à lui-même, qu'angoisser à l'idée de ne pas arriver à plaire. Dans ce cas, toute tentative de thérapie devient encore plus difficile.

Une autre conséquence qui peut se révéler tout aussi grave est une tendance excessive à fuir dans l'imaginaire. Au lieu d'essayer de nouer des relations réelles, ce qui par définition pose problème pour le patient évitant, il peut décider de les imaginer. Ses proches diront de lui qu'il est « dans la lune », « rêveur ». Vu de l'extérieur, à force de réduire ses interactions sociales au minimum, on dira de lui qu'il mène une vie « monacale », ce qui est à la fois vrai et faux : en réalité, il « imagine » sa vie telle qu'il la voudrait. C'est particulièrement vrai pour l'adolescent et le jeune adulte, qui n'ont pas nécessairement la maturité nécessaire pour comprendre qu'en agissant de la sorte, ils ne font que creuser le gouffre qui les sépare du reste des gens. On peut voir alors se mettre en place un véritable cercle vicieux, dans lequel le patient fantasme, puis se heurte à la réalité, qui lui apparaît forcément dure et insatisfaisante (d'autant plus qu'elle est en discordance avec ses fantasmes). En conséquence, il la fuit toujours plus, se réfugie toujours plus dans l'imaginaire, et ainsi de suite. Là aussi, une thérapie peut être très difficile à amorcer car, temporairement du moins, la personne évitante peut se satisfaire de la situation, et n'aura pas l'impression de souffrir. Dès lors, il sera d'autant plus réticent à consulter.

Notes et référencesModifier

  1. (en) Trouble de la personnalité évitante - Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV-TR) Association Américaine de Psychiatrie (2000).
  2. Organisation mondiale de la santé, CIM-10, Trouble de la personnalité évitante.
  3. (en) Len Sperry, Handbook of diagnosis and treatment of DSM-IV-TR personality disorders, Brunner-Routledge, , 292 p. (ISBN 978-0-415-93569-2, lire en ligne), « Avoidant Personality Disorder », p. 59–79.
  4. (en) James T. Webb, Edward R. Amend et Nadia Webb, Misdiagnosis and dual diagnoses of gifted children and adults : Attention Deficit Hyperactivity Disorder, bipolar, Obsessive Compulsive Disorder, Asperger's, depression, and other disorders, Great Potential Press, Inc, , 112 p. (ISBN 0-910707-67-7, lire en ligne), « Ideational and Anxiety Disorders ».
  5. (en) Bridget F. Grant, Deborah S. Hasin, Frederick S. Stinson, Deborah A. Dawson, S. Patricia Chou, W. June Ruan et Roger P. Pickering, Prevalence, Correlates, and Disability of Personality Disorders in the United States, vol. 65, , 948–58 p. (PMID 15291684, DOI 10.4088/JCP.v65n0711).
  6. (en) Internet Mental Health - avoidant personality disorder.
  7. (en)Comer, R. J. (1996). Fundamentals of abnormal psychology. Avoidant personality disorder, p. 428-430. Third edition. New York: Worth.

AnnexesModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier