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Traités de réduction des armes nucléaires signés par
les États-Unis et l'URSS / Russie
Sigle Année
signature
Année
ratification
Salt I 1972 1974
Salt II 1979 Pas fait
INF 1987 1988
Start I 1991 1994
Start II 1993 1996 États-Unis
2000 Russie
Sort 2002 2003
New Start 2010 2011

Le traité Sort de désarmement stratégique (Strategic offensive reduction treaty, Sort) est un traité signé par les États-Unis et la Russie par lequel les deux États s'engagent à réduire le nombre de têtes nucléaires déployées sur des lanceurs stratégiques dans une fourchette comprise entre 1 700 et 2 200 têtes avant le .

Sort ne remplace pas le traité Start I de réduction des armes stratégiques qui est demeuré en force sans changement jusqu'à son échéance le . Il fait suite au refus des Russes de ratifier le traité Start II en raison du retrait des Américains du traité ABM de limitation des systèmes de défense antimissile annoncé en . Sort aurait expiré le s'il n'avait été remplacé par « New Start » entré en vigueur le .

Sommaire

Négociation, signature et ratification du traitéModifier

 
Signature le du traité de réduction des arsenaux nucléaires stratégiques à Moscou par les présidents George W. Bush et Vladimir Poutine.

À l'issue du sommet qui les réunit à Washington le , les présidents Bush et Poutine publient une déclaration conjointe dans laquelle ils s'engagent « à mettre en œuvre des réductions substantielles des armes offensives stratégiques ». Malgré l'opposition des Russes au développement de systèmes antimissiles par les Américains[1], le pragmatisme l'emporte lors de ce sommet ; Poutine fait le constat que « les niveaux actuels de nos forces nucléaires ne reflètent pas la réalité stratégique actuelle » et annonce qu'il est prêt à réduire le nombre de têtes nucléaires russes dans une fourchette comprise entre 1 700 et 2 200 unités.

Le , Bush et Poutine signent à Moscou le traité Sort, qui reprend la fourchette proposée par le second[2]. Cette signature intervient quelques mois après les attentats du 11 septembre 2001, dans la courte période entre 2002 et 2003 où les relations entre les deux présidents récemment arrivés au pouvoir cherchent à établir une nouvelle relation de coopération plus étroite, notamment en matière de lutte contre le terrorisme et contre la prolifération nucléaire[3].

Sort est entré en vigueur le , le Sénat des États-Unis et la Douma russe n'ayant approuvé sa ratification respectivement que le 6 mars 2003 et le 14 mai 2003[4].

Armes concernées et plafonds prévusModifier

Sort porte exclusivement sur le nombre de têtes nucléaires déployées sur des lanceurs stratégiques de trois types, missiles balistiques intercontinentaux (ICBM), missile mer-sol balistique stratégique (SLBM) et bombardiers lourds. Sort ramène le plafond de six mille têtes nucléaires déployées fixé par Start I à une fourchette comprise entre 1 700 et 2 200 têtes. Le plafond de 1 600 lanceurs prévu par le traité Start I demeure inchangé. Pour atteindre le plafond fixé par Sort, deux possibilités s'offrent : réduire en-dessous du plafond Start I le nombre de lanceurs stratégiques et réduire le nombre de têtes nucléaires emportées par ces lanceurs.

Les États-Unis ont choisi de réduire faiblement le nombre de leurs lanceurs et de jouer davantage sur la réduction du nombre de têtes nucléaires par lanceur. Ainsi, le parc des ICBM Minuteman III passe de 550 à 450 entre 2002 et 2010, mais le nombre des têtes nucléaires emportées passe de 1 600 à moins de 600. Pour ce faire, la plupart des Minuteman III ne sont plus équipés de trois têtes multiples guidées indépendamment vers des cibles distinctes mais d'une seule[a],[5],[6].

NotesModifier

  1. La technologie du Mirvage, par laquelle la plupart des missiles balistiques modernes sont dotés de plusieurs têtes nucléaires, est introduite pour la première fois en 1970 sur les ICBM Minuteman III. Sur ces missiles, la tête thermonucléaire unique W56 d'une puissance de 1,2 mégatonne est remplacée par trois têtes W78 ou W87 d'une puissance de l'ordre de 300 kilotonnes.

SourcesModifier

RéférencesModifier

  1. Anne de Tinguy, « Vladimir Poutine et l'Occident : l'heure est au pragmatisme », Politique étrangère,‎ , p. 515-533 (lire en ligne)
  2. « MM. Bush et Poutine signent un traité historique de désarmement », sur lemonde.fr, Le Monde, (consulté en date de dernière consultation à indiquer après contrôle du lien).
  3. « Les États-Unis et la Russie scellent une nouvelle alliance », sur lemonde.fr, Le Monde, (consulté en date de dernière consultation à indiquer après contrôle du lien).
  4. (en) « Strategic Offensive Reductions Treaty (Sort) », sur stanfrod.edu, Stanford University, (consulté le 15 septembre 2018).
  5. Amy F. Woolf 2008, Force Structures under the Treaty of Moscow, p. 11-14.
  6. U.S. Department of Defense 2010, A “DeMIRVed” ICBM Force, p. 23.

BibliographieModifier

  • (en) U.S. Department of State, Treaty Between the United States of America and the Russian Federation On Strategic Offensive Reductions (The Moscow Treaty), U.S. Department of State, (lire en ligne).
  • (en) Amy F. Woolf, Nuclear Arms Control: The Strategic Offensive Reductions Treaty, Congressional Research Service, (lire en ligne).
  • (en) U.S. Department of Defense, Nuclear Posture Review Report 2010, U.S. Department of Defense, , 49 p. (lire en ligne).

ComplémentsModifier