Tighennif (site acheuléen)

Le site acheuléen de Tighennif (anciennement Ternifine) se trouve près de Mascara en Oranie (Algérie)

Tighennif
Ternifine
Localisation
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Oranie
Wilaya Mascara
Coordonnées 35° 25′ 00″ nord, 0° 20′ 00″ est
Géolocalisation sur la carte : Algérie
(Voir situation sur carte : Algérie)
Tighennif
Tighennif
Histoire
Époque Pléistocène moyen

Le site préhistorique de Tighennif (anciennement Ternifine) se trouve près de Mascara, en Oranie (Algérie). Il a livré les plus anciens fossiles humains connus à ce jour en Afrique du Nord, datés d'environ 700 000 ans, et une industrie lithique de type acheuléen.

HistoriqueModifier

De 1954 à 1956, les paléontologues français Camille Arambourg et Robert Hoffstetter découvrirent plusieurs fossiles humains, associés à une industrie lithique acheuléenne, sur le site de Tighennif, dans la wilaya de Mascara (région d'Oran), en Algérie. Les fouilles ont été perturbées à l'époque par des résurgences d'eaux artésiennes venant régulièrement noyer les excavations.

Grâce à l'abaissement de la nappe phréatique, des fouilles ont pu reprendre en 1982-83, qui ont donné lieu à une étude de datation publiée en 1986 par Denis Geraads et son équipe[1].

En 2014, des fouilles, relancées sur le site par le professeur Mohamed Sahnouni, ont permis de découvrir des ossements fossiles d’animaux et des outils lithiques datés jusqu'à 1 million d'années[2].

DescriptionModifier

Le site est constitué d'un ancien marais ou lac qui se trouvait au milieu d'un environnement ouvert et sec. Le lac était alimenté par des sources artésiennes qui ont soulevé la couche de sable du Miocène sous-jacente[1].

Vestiges fossilesModifier

 
La mandibule Ternifine 3

Le site a livré de nombreux ossements animaux et quelques ossements humains (3 mandibules, un os pariétal, et 9 dents isolées), attribués à une nouvelle espèce par Camille Arambourg en 1954 : Homo mauritanicus (ou Atlanthropus mauritanicus).

Les fossiles humains ont été datés d'environ 700 000 ans en 1986 par Denis Geraads, par l'analyse de la paléofaune, corroborée par le paléomagnétisme[1].

Les mandibules, de très grande taille, appartenaient à des hommes particulièrement robustes.

Industrie lithiqueModifier

Le site a également livré une industrie lithique acheuléenne comportant des bifaces, des hachereaux, de grands éclats retouchés, et de petits éclats de silex, l'ensemble étant d'une facture plutôt archaïque pour l'époque considérée, avec une rare utilisation de percuteur tendre et de la méthode Kombewa[1].

RéférencesModifier

  1. a b c et d (en) Denis Geraads, Jean-Jacques Hublin, Jean-Jacques Jaeger et Tong H., Sen S. et Toubeau P., « The Pleistocene Hominid site of Ternifine, Algeria : new results on the environment, age, and human industries », Quaternary Research, no 25,‎ , p. 380-386 (lire en ligne)
  2. Journal El Watan, 2014, lire en ligne

BibliographieModifier

  • Camille Arambourg (1957) « Récentes découvertes de paléontologie humaine réalisées en Afrique du Nord française (L'Atlanthropus de Ternifine - L'Hominien de Casablanca) », in : Third Panafrican Congress on Prehistory, Livingstone 1955, Clark, J.D. et Cole, S., Eds., London, Chatto &Windus, p. 186-194.
  • Lionel Balout et Jacques Tixier (1956) « L'Acheuléen de Ternifine », in : Congrès préhistorique de France - Compte rendu de la XVe session - Poitiers-Angoulème, 15-, p. 214-218.
  • L. Balout, Pierre Biberson, et J. Tixier (1967) « L'Acheuléen de Ternifine (Algérie), gisement de l'Atlanthrope », L'Anthropologie, t. 71, no 3-4, p. 217-237.
  • L. Balout, Pierre Biberson, et J. Tixier (1970) « L'Acheuléen de Ternifine (Algérie), gisement de l'Atlanthrope », in: Actes du VIIe Congrès International des Sciences préhistoriques et protohistoriques, Prague, UISPP, 21-, p. 254-261.
  • Djemmali, N.-E. (1985) L'industrie lithique acheuléenne du gisement de Tighennif (Ternifine), Algérie, Paris, Université P. et M. Curie, Muséum National d'Histoire Naturelle, Thèse de Doctorat, 184 p.
  • (en) Denis Geraads, Jean-Jacques Hublin, Jean-Jacques Jaeger et Tong H., Sen S. et Toubeau P., « The Pleistocene Hominid site of Ternifine, Algeria : new results on the environment, age, and human industries », Quaternary Research, no 25,‎ , p. 380-386

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier