The Drunkard

mélodrame anti-alcoolique de 1844

The Drunkard; or, The Fallen Saved (litt. L'Ivrogne, ou le pêcheur sauvé) est une pièce de théâtre américaine de tempérance représentée pour la première fois le [1],[2]. Ce mélodrame en cinq actes fut peut-être la pièce la plus populaire aux États-Unis jusqu'à l'adaptation théâtrale de La Case de l'Oncle Tom[3] en 1853. A New York, Barnum en donna plus de 100 représentations dans son Barnum's American Museum[4]. C'est une des premières pièces de tempérance et la plus populaire jusqu'à celle de T. S. Arthur (en) Ten Nights in a Bar-Room (litt. Dix soirées dans un bar) en 1858[3].

Affiche pour une production de la pièce par le Federal Theatre Project (en) en 1938.

Le principal auteur de la pièce est William H. Smith, qui a aussi dirigé et joué dans sa première production à Boston durant la saison 1844-1845[1],[3]. Smith était le régisseur du Boston Museum (en) de Moses Kimball (en), où la pièce a été créée[3]. Un collaborateur anonyme y a participé. Ce collaborateur est fréquemment identifié comme étant le pasteur unitarien John Pierpont. Pierpont aurait souhaité rester anonyme pour ne pas être associé avec le théâtre, qui était un sujet tabou dans sa communauté chrétienne[3].

La pièce a été représentée 140 fois au Boston Museum (en) durant la saison 1844-1845, parfois trois fois dans la même journée. Ce succès, incroyable pour l'époque, a joué un rôle dans celui du mouvement pour la tempérance.

Depuis le XXe siècleModifier

Une production de The Drunkard lancée au Theatre Mart de Los Angeles en 1933 y a duré 36 ans. Boris Karloff a suggéré un jour d'ajouter à la pièce un olio (en), un numéro chanté et dansé devant le rideau de scène[5].

L'aspect daté et mélodramatique de la pièce en a fait la cible de parodies au cinéma. En 1934, une représentation comique de The Drunkard apparaît dans le film de W. C. Fields La Parade du rire[6]. L'année suivante, James Murray et Clara Kimball Young jouent dans un film titré The Drunkard, une comédie dramatique où deux producteurs de théâtre présentent la pièce comme une farce, avec parmi les acteurs leurs cousins dans le besoin[7],[8]. En 1940, la pièce est encore parodiée dans The Villain Still Pursued Her, avec Buster Keaton[9].

Une adaptation musicale de la pièce par le Britannique Brian J. Burton, The Drunkard or Down With the Demon Drink, a été publiée en 1968 et jouée plusieurs fois depuis[10],[11].

Une autre version de la pièce, adaptée par Richard Mansfield Dickinson, a été jouée chaque samedi soir depuis le [12] au Riverside Studio (en) à Tulsa, en Oklahoma ; la compagnie affirme que c'est la plus longue production théâtrale du monde[13],[14], bien que La Souricière d'Agatha Christie soit jouée en Angleterre depuis le . La durée de cette production a valu au Riverside Studio son inscription au Registre national des lieux historiques en 2001[15].

En 2010, une production Off-Broadway a eu lieu à la Metropolitan Playhouse (en) de New York[16].

ArgumentModifier

 
Autre affiche pour la production du Federal Theatre Project.

L'acte I s'ouvre sur une jolie ferme occupée par Mrs. Wilson et sa fille Mary. Terrifiées à l'idée de perdre leur ferme car elles n'arrivent pas à payer régulièrement leur bail, elles parlent avec l'avocat Cribbs, qui insiste pour qu'elles le fassent, car leur nouveau propriétaire, Edward Middleton, n'est pas aussi généreux que l'était son père. Cribbs leur ment, parce qu'il gère les biens du père d'Edward et a une opportunité de vendre la ferme pour une forte somme. Cependant, quand Edward rencontre Mary, il tombe amoureux d'elle et l'épouse. La scène 3 présente aussi William, le frère adoptif d'Edward, et Miss Spindle, aussi amoureuse de celui-ci.

À l'acte II, Cribbs, furieux de l'échec de son projet, essaie de se venger d'Edward en demandant à Miss Spindle, jalouse, si elle n'aurait pas quelque chose contre lui. Comme elle ne lui révèle rien de compromettant, il décide d'essayer de le pousser à boire, comme il sait qu'il l'a fait plus jeune. Edward et Mary ont maintenant une petite fille, Julia, mais cela ne dissuade pas Cribbs. Il convainc Edward de boire trop de brandy à la taverne locale et répand la rumeur qu'Edward est devenu alcoolique et a l'alcool mauvais. La première nuit où Edward revient ivre à la ferme, Mrs. Wilson est retrouvée morte. Edward s'accuse d'en être responsable et s'enfuit à Boston (à New York dans les éditions plus tardives).

À l'acte III, Cribbs retrouve Edward en ville et manigance une nouvelle escroquerie. Il veut qu'Edward imite la signature d'un certain Arden Rencelaw, un riche philanthrope, en échange d'argent pour boire. Encore honnête, Edward refuse, mais le quitte pour continuer à boire en ville. Pendant ce temps, Mary et Julia sont également en ville à la recherche de William. Elles sont affamées et glacées et quand Cribbs tombe sur elles il essaie d'abuser de Mary. Par chance, William apparaît juste à cet instant et il jure de les aider à retrouver son frère adoptif.

William retrouve Edward au début de l'acte IV et grâce à l'aide d'Arden Rencelaw il le convainc de retourner dans sa famille et de cesser de s'apitoyer sur lui-même. Les Middleton se retrouvent heureusement chez Rencelaw. Mais auparavant, on découvre que Cribbs a forgé lui-même la signature de celui-ci et s'est enfui en lui volant 5 000 dollars.

L'acte V se déroule au village, où Cribbs cherche à faire disparaître des preuves avant de s'échapper. Le véritable testament du père d'Edward, qui ne mentionne pas Cribbs comme exécuteur testamentaire, est dissimulé dans la ferme. Les Middleton et Rencelaw l'apprennent aussi et ils réussissent à s'en emparer avant Cribbs, qui est rapidement arrêté. La dernière scène se déroule dans la ferme, comme la première, autour d'une grande famille heureuse.

Notes et référencesModifier

  1. a et b (en) "The Drunkard: Author's preface (1850 edition) in Uncle Tom's Cabin & American Culture: A Multi-media Archive sur le site de l'Université de Virginie (consulté le 12 mai 2019).
  2. (en) Smith, William. The Drunkard. Literature House/Gregg Press, 1972.
  3. a b c d et e (en) "The Drunkard" in Uncle Tom's Cabin & American Culture: A Multi-media Archive sur le site de l'Université de Virginie (consulté le 12 mai 2019)
  4. (en) Burrows, Edwin G. & Wallace, Mike (1999), Gotham: A History of New York City to 1898, New York: Oxford University Press, (ISBN 0-195-11634-8) p.815
  5. (en) Counter, B. "The Drunkard at Theatre Mart" on the Los Angeles Theatres website
  6. (en) La Parade du rire sur IMDb.
  7. Box Office, June 8, 1935: p. 29 seen at issuu.com
  8. (en) The Drunkard (1935) sur IMDb
  9. (en) Mitchell, C. (2004). Filmography of Social Issues: A Reference Guide. Greenwood Press. (ISBN 0-313-32037-3). p. 4.
  10. (en) "Brian J. Burton" on doolee.com
  11. (en) The Drunkard, Music Theatre International, accessed July 31, 2013
  12. (en) http://spotlighttheater.org/AboutUs.htm
  13. (en) "History of the building" on the Tulsa Spotlight Theatre website
  14. (en) Regan Henson, "In On The Act", Oklahoma Magazine, January 2012.
  15. Tulsa A to Z
  16. (en) Wilborn Hampton, "Saved, Before Alcoholics Anonymous", The New York Times, October 2010 (consulté le 12 mai 2019)

Voir aussiModifier

Liens externesModifier