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Théophile de Corte

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Corte (homonymie).

Saint Théophile de Corte
Image illustrative de l’article Théophile de Corte
Saint Théophile (1676-1740)
Frère mineur
Naissance
Corte Drapeau de la République de Gênes République de Gênes
Décès (à 63 ans) 
Fucecchio
Drapeau du Grand-duché de Toscane Grand-duché de Toscane
Nationalité Corse
Ordre religieux Ordre des frères mineurs
Vénéré à Corte
Béatification 1896
par Léon XIII
Canonisation 28 juin 1930
par Pie XI
Vénéré par catholiques
Fête 24 juin (nativité)
29 août (mort)
Saint patron Corse, Corte

Blaise de Signori, Théophile en religion, (né le à Corte, dans l'île de Corse qui était alors une dépendance de la République de Gênes et mort le à Fucecchio (Italie) est un religieux franciscain italien du XVIIIe siècle. Béatifié en 1896, il a été canonisé le par Pie XI.

Théophile de Corte est un saint corse, San Teòfalu, le seul des temps modernes porté sur les autels. San Teòfalu est considéré comme le seul saint corse ; il est reconnu comme patron de la Corse. Il est fêté le 19 mai depuis 1930, date de sa canonisation.

BiographieModifier

 
Reliquaire de Saint Théophile

À l'âge de 18 ans, après sa scolarité, Blaise de Signori entre au couvent des Franciscains de Corte, chez les Frères mineurs de l’Observance, où il prend le nom de « frère Théophile ». En ce temps là, la province observante de Corse comptait 30 couvents et 320 religieux. Théophile fait profession le 22 septembre 1694.

Il part ensuite pour Rome pour y suivre la formation de séminariste au couvent de l’Ara Coeli. Le 30 novembre 1700, il est ordonné prêtre à Naples. Il est envoyé comme lecteur de théologie au couvent de Civitella (aujourd’hui Bellegra).

Victime d'un accident, il restera boiteux. Il décide de se consacrer à la prédication itinérante, en Italie, puis en Corse, ainsi qu'à l’assistance des malades.

Il se retira successivement dans plusieurs couvents de récollets (ritiri) où l’on observait rigoureusement la règle franciscaine, dans une très stricte pauvreté, à Bellegra près de Rome, puis à Palombara, en Sabine où il fut « gardien ». Dans l’histoire de l’Ordre de saint François d’Assise, il est resté comme l’apôtre des ritiri, ces couvents de retraite proches de la vie érémitique, où la règle franciscaine était observée dans toute sa rigueur et où les moines font la charité.

En 1730, il revient en Corse où il tenta de promouvoir les couvents de récollection. Malgré les oppositions rencontrées, il peut enfin réaliser sa réforme à l'ermitage de Zuani, appelé par le frère gardien en exercice. Il lui succédera comme gardien. Il fonde un autre ritiro à Campoloro et réforma le couvent de Cervione.

 
St Théophile et le comte de Wurttemberg

Durant cette période, il effectua une intervention de conciliation auprès du prince Frédéric-Louis de Wurtemberg chargé par la République de Gênes d'une mission punitive en Corse[1].

En 1734, le chapitre provincial le désigne à nouveau pour l’Italie et chargé d’établir des couvents de récollection en Toscane. C’est à Fucecchio en Toscane qu’il peut faire passer le couvent de l’observance à la réforme des maisons de récollection. C’est là qu’il mourut le 21 mai 1740, laissant un grand renom de sainteté[2]. Il est considéré comme un saint guérisseur ; il avait le pouvoir de guérir les malades, mais aussi celui de pouvoir prévoir la mort. On lui attribua de nombreux miracles, rendant la vue aux aveugles notamment, et même après sa mort, aux malades qui venaient sur sa tombe. Il fut canonisé par Pie XI, le 28 juin 1930.

Ses reliques sont arrivées au mois de septembre 1930, dans des conditions rocambolesques. Un violent orage a dispersé les gens qui attendait leur arrivée à la gare. Quand le train est arrivé, il n'y avait plus que les curés. Il n'y avait plus personne pour célébrer l'évènement. D'aucuns diront aussi que « l'appui de Mussolini pour qu'il soit canonisé n'a pas été du goût de tout le monde à Corte[3]. »

Patron de la Corse, il est aussi le saint patron de la ville. Tous les 19 mai, Théophile de Corte est fêté.

Dans l'église de l'Annonciade (1450) à Corte se trouve la chapelle de San Teòfalu avec sa statue et son gisant. À l'intérieur, à gauche du chœur, est exposé l'extrait de naissance de Blaise de Signori (1676), devenu frère franciscain sous le nom de Théophile de Corte et canonisé en 1930. Dans la chapelle placée sous son vocable, le saint apparaît sur son lit de mort.

ReprésentationModifier

 
Chapelle San Teòfalu à Corte
  • Tableau San Teòfalu intercédant pour ses compatriotes auprès du Duc de Wurtenberg. Donné par le Vatican, il était exposé dans la Cathédrale Saint Pierre de Rome. Il orne maintenant la chapelle San Teòfalu dans l'église de l'Annonciation à Corte.
  • Gisant de San Teòfalu (effigie en cire du musée Grévin, 1979) dans l'église de l'Annonciation à Corte.
  • Statue Teòfalu dans l'église d'Ampriani
  • Statue Teòfalu au couvent de Zuani
  • Statue Saint Théophile de Corte dans l'église conventuelle d'Alando

BibliographieModifier

  • Abeau l'abbé, Vie du bienheureux Théophile De Corte prêtre des Mineurs de l'Observance de saint-François, Paris, Téqui, 1896.
  • P. Marie-Pascal Anglade, Saint Théophile de Corte, Bastia La Nacelle 1931.
  • Léon Cristiani, Saint Théophile de Corte (1676-1740), Paris, 1951.

Notes et référencesModifier

  1. Corse de MFPM, Jean-Louis Gallo - Michelin 2010
  2. Encyclopédie franciscaine Wikitau
  3. Pierre-Jean Luccioni Ghjasippina Giannesini Tempi fà - Fêtes religieuses, rites et croyances populaires de Corse - Ajaccio Albiana 2010

Voir aussiModifier