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Stèle de Vostrus
Chateau Caen Stèle Vostrus.JPG
La stèle de Vostrus aujourd'hui
Présentation
Destination initiale
Stèle funéraire
Style
Ier siècle
Propriétaire
Société des antiquaires de Normandie
Localisation
Pays
Région
Département
Commune
Coordonnées
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La stèle de Vostrus est une stèle d'époque romaine, découverte en 1861 à Lisieux et conservée au Musée de Normandie à Caen, région Basse-Normandie. C'est l'un des très rares monuments funéraires d'époque romaine qui nous soient parvenus dans cette région. Elle appartient aux collections de la Société des antiquaires de Normandie.

Sommaire

HistoireModifier

La stèle a été découverte en 1861 dans un cimetière romain situé au nord de la ville, au lieu-dit des Buissonnets[1], à l'occasion de l'ouverture d'une rue[2] mais sans davantage de précision sur sa localisation précise ni sur le fait qu'elle était à son emplacement primitif ou non[3]. Le cimetière avait une assez large étendue et seule la stèle de Vostrus a été conservée du fait de soins de trois personnes dont Arcisse de Caumont[2]. Elle fait l'objet d'une édition dans la Statistique monumentale du Calvados[4]. La stèle est déposée avec d'autres urnes funéraires découvertes à proximité en 1846 au musée des antiquaires de Normandie, à Caen. Le musée est détruit lors de la bataille de Caen en 1944.

La stèle a rejoint les collections du Musée de Normandie lors du dépôt des collections de cette société savante en 1983.

DescriptionModifier

La stèle possède à la fois une inscription et un monument funéraire[1]. La stèle a subi de lourds dégâts en 1944, si l'on rapproche son état actuel de la façon dont elle a été représentée au XIXe siècle[5]. La stèle de Vostrus figure au Corpus Inscriptionum Latinarum, tome XIII, no 3180[1].

La stèle mesure 1,78 m de haut sur 0,44 m de large[2] et est celle de « Vostrus fils d'Ausus, mort à l'âge de 80 ans ».

Elle est constituée de trois éléments : un socle contient deux pilastres ornés de chapiteaux toscans ; au-dessus se trouve le cartouche dans lequel se trouve l'inscription. Au-dessus, dans une niche, le défunt est représenté tenant une coupe de la main droite et le bras gauche relevé à proximité du visage[3]. Au-dessus un fronton triangulaire était surmonté de deux acrotères[2].

Les pilastres sont d'ordre toscan et cannelés. Le visage est abîmé, et le tronc figure presque en entier[6]. Le personnage, haut de 0,44 m, est représenté dans une attitude figée[3], à un âge plus jeune que celui du défunt, et avec une raideur dans le traitement des traits, de la coiffure et des vêtements[7]. Le défunt porte non une toge mais une lourde tunique[6].

La représentation est celle d'un « personnage masculin stéréotypé présenté dans une mise en scène conventionnelle », peut-être liée au thème du banquet[3].

InscriptionModifier

L'inscription figure sur trois lignes.

TexteModifier

VOSTRUS

AUSI.F.V.A.

LXXX

DéveloppementModifier

VOSTRUS

AUSI FILIUS

VIXIT ANNOS

LXXX

TraductionModifier

Vostrus, fils d'Ausus, vécut 80 ans.

InterprétationModifier

Les représentations des bustes des défunts datent de la fin de la République romaine selon Elisabeth Deniaux, les portraits étant montrés lors des processions funéraires[6].

Le vêtement du défunt est celui d'un Gaulois romanisé[8].

La stèle n'est pas aisément datable, mais le style de la gravure de l'inscription ainsi que l'onomastique d'un indigène romanisé n'ayant pas les tria nomina des citoyens romains poussent Elisabeth Deniaux à envisager une date haute, au Ier siècle apr. J.-C.[8] L'absence d'invocation des Dieux Mânes sur le monument est un élément supplémentaire qui pousse à la même datation[3].

La position des mains est soit un marqueur social par la possibilité du défunt de participer à un banquet, privilège réservé aux aristocraties antiques et donc témoigne de la romanisation des élites locales, soit elle témoigne d'une croyance dont le sens nous échappe[9].

Le document, issu d'une production standardisée, est de qualité et témoigne de la « forte et rapide pénétration des usages romains »[3].

Notes et référencesModifier

  1. a b et c E. Deniaux, C. Lorren, P. Bauduin, T. Jarry, La Normandie avant les Normands, de la conquête romaine à l'arrivée des Vikings, p. 184
  2. a b c et d Ed. Lambert, épigraphie romaine dans le Calvados, p. 24
  3. a b c d e et f B. Mandy, F. Fichet de Clairfontaine, « La stèle de Vostrus », Lisieux avant l'an mil, essai de reconstitution, catalogue exposition, 25 juin-29 août 1994, Alençon, 1994, p.  50
  4. Tome V, p. 187
  5. Ed. Lambert, épigraphie romaine dans le Calvados, p. 25
  6. a b et c E. Deniaux, C. Lorren, P. Bauduin, T. Jarry, La Normandie avant les Normands, de la conquête romaine à l'arrivée des Vikings, p. 186
  7. E. Deniaux, C. Lorren, P. Bauduin, T. Jarry, La Normandie avant les Normands, de la conquête romaine à l'arrivée des Vikings, p. 186-187
  8. a et b E. Deniaux, C. Lorren, P. Bauduin, T. Jarry, La Normandie avant les Normands, de la conquête romaine à l'arrivée des Vikings, p. 187
  9. E. Deniaux, C. Lorren, P. Bauduin, T. Jarry, La Normandie avant les Normands, de la conquête romaine à l'arrivée des Vikings, p. 187-188

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

BibliographieModifier

  : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Ed. Lambert, épigraphie romaine dans le Calvados, Caen, 1869.  
  • E. Deniaux, C. Lorren, P. Bauduin, T. Jarry, La Normandie avant les Normands, de la conquête romaine à l'arrivée des Vikings, Rennes, 2002. (ISBN 2737311179)  
  • B. Mandy, F. Fichet de Clairfontaine, « La stèle de Vostrus », Lisieux avant l'an mil, essai de reconstitution, catalogue exposition, 25 juin-29 août 1994, Alençon, 1994, p.  50.