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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Sorcière (homonymie).

Sorcières, sous-titrée « Les femmes vivent », est une revue littéraire, artistique et féministe, créée par Xavière Gauthier en 1975 et disparue en 1982[1]. Elle est publiée par les Éditions Albatros entre 1975 et 1978, puis par les Éditions Stock jusqu'en 1980 et enfin par les Éditions Slaktine-France. La revue est bimestrielle jusqu'en 1979 (no 17) puis devient triannuelle. La revue est participative et comporte 24 numéros tirés à 7500 exemplaires[2].

Sommaire

Le projetModifier

Le projet de sa fondatrice Xavière Gauthier était de donner un espace pour l'expression des femmes et de liberté de parole. Cet espace se centre sur l'écriture et la création et intègre une recherche sur l'écriture des femmes ainsi qu'un questionnement sur la particularité de la création féminine. La revue mêle participations textuelles et graphiques.

Extrait du manifeste de la revue: " Pourquoi sorcières? Parce qu'elles guérissaient. Ou empoisonnaient. Rien là de surnaturel. Elles étaient les soignantes, les guérisseuses du peuple. Elles étaient les sages-femmes, aidaient les femmes à la naissance, à la vie. Elles pouvaient aussi les aider à se libérer des grossesses non désirées. C'était un peu trop! "L'Église déclare, au XIVe siècle, que si la femme ose guérir, elle est sorcière et meurt" (Michelet). Est-ce un hasard si la lutte pour la liberté de l'avortement est une des premières grandes luttes de femmes, actuellement? Comme les sorcières, brûlées par l'Église au bénéfice de la Médecine, des milliers de femmes, ici et maintenant, ont été tuées ou mutilées par l'Ordre des prêtres et l'Ordre des médecins. Et ce n'est pas seulement de liberté qu'il s'agit. Cette lutte est une mise en cause des rapports de reproduction (et de production) qui ébranle les sous-bassements de la société. La société phallocratique s'est édifiée, érigée sur la mise à l'écart, pire sur le refoulement de la force féminine. La révolution qui vient va tout bouleverser, elle est irrépressible, inexpiable. Je voudrais que "Sorcières" soit un lieu ouvert pour toutes les femmes qui luttent en tant que femmes, qui cherchent et disent (écrivent, chantent, jouent, filment, peignent, dansent, dessinent, sculptent) leur spécificité et leur force de femmes". Xavière Gauthier: Sorcières n°1, 1975.

Chaque numéro correspond à un thème défini à l'avance. Parmi les thèmes choisis, on trouve "La nourriture", "Se prostituer", "L'art et les femmes" ou encore "La mort"[2].

La revue donne de la visibilité à des artistes plasticiennes telles que : Maria Albagnac, Trilles Bedarrides, Danièle Blanchelande, Colette Bréger, Sylvaine Chateau Peyrols, Christiane de Casterras, Andrée Marquet, Jacqueline Delaunay, Bernadette Faraggi, Leonor Fini, Michèle Katz, Maria Klonaris, Katerina Thomadaki, Claude Maillart, Mechtilt, Nahia Mehadji, Sabine Monirys, Lou Perdu, Jeanne Socquet, Agnès Stacke[3].

Une exposition est organisée du 12 au 26 février 1979 dans les locaux des éditions Stock[3]. Il est choisi d'exposer des œuvres de 19 femmes de toutes les classes sociales qu'elles soient diplômées ou non. Maria Albagnac, Élizabeth Baillon, Colette Bréger, Sylvaine Chateau Peyrols, Yvette Chon-Faure, Colette Deblé, Jacqueline Delaunay, Dominique Erret, Bernadette Farraggi, Leonor Fini, Monique Frison, Michèle Le Meur, Sylviane Levert, Lou Mater /Perdu, Mectilt, Najia Mehadji, Françoise Ménager, Jeeanne Socquet, Agnès Stacke y exposent dessins, peintures photographies, gravures, sculptures et textes.

ContributricesModifier

La rédaction reçoit de nombreux textes et de nombreuses participations d'écrivaines, poètes, romancières, psychanalystes, universitaires : Hélène Cixous, Chantal Chawaf, Marguerite Duras, Nancy Huston, Leila Sebbar, Françoise Dolto, Michelle Perrot, Monique Canto, Noëlle Châtelet, Andrée Chédid, Danielle Sallenave, Julia Kristeva, Luce Irigaray, Dominique Desanti, François Collin, Marianne Alphant, Geneviève Brisac, Nicole Brossard, Françoise Clédat, Xavière Gauthier, Françoise d'Eaubonne, Sylvie Fabre-Giacomini, Pierrette Fleutiaux, Madeline Gagnon, Michelle Sarde, Victoria Thérame, Emma Santos, Irène Shavelzon, Viviane Forrester, Eugénie Lemoine-Luccioni, François Loux ont été contributrices de la revue[4].

Liste des publicationsModifier

24 numéros sont publiés entre 1974 et 1981 avec un tirage de 6000 exemplaires[3].

  1. La nourriture (1975), responsable: Xavière Gauthier; couverture: dessin original de Leonor Fini; 64 pages
  2. La voix (1976), res: Xavière Gauthier, couv dessin original de Mechtilt; 64 p
  3. Se prostituer (1976), res: Xavière Gauthier, couv photo de Jacqueline Delaunay; 64 p
  4. Enceintes. Porter, accoucher (1976), responsable: Claude Hachblum, couv: dessin Agnès Stake; 64 p
  5. Odeurs (1976), responsable: Anne Rivière; couverture: fusain de Nadja Mehadji; 64 p
  6. Prisonnières (1976), res: Françoise Petitot, couv: Evelyne Ortieb; 64p
  7. Écritures (1977), res: Xavière Gauthier; couv: peinture de Sabine Monirys; 64p
  8. Fidélités (1977), res: Strasbourgeoises, couv: Martine Veaute; 64p
  9. Le sang (1977), responsable: Evelyne Mezange, couv : plume de Colette Bréger; 64p
  10. L'art et les femmes (1977), res: Jacqueline Delaunay, couv: peinture de Jeanne Socquet; 64p
  11. Espaces et lieux (1978), responsable: Françoise Petitot; couverture: Colette Deblé; 64p
  12. Théorie (1978), res: Anne Rivière; couv: diagramme chinois; 64p
  13. Poupées (1978), res: Leïla Sebbar; couv: Chon-Faure; 64p
  14. La jasette (1978), res: Québécoises; couv: Germaine Beaulieu; 64p
  15. Mouvements (1978), res: Nadja Méhadji; couv: Nadja Méhadji; 64p
  16. Désirs (1979), res: Françoise T.Clédat; couv: photo Lou Mater; 64p
  17. Vêtement (1979), Yesa Boulahbel et Agnès Stake; couv: dessin de Agnès Stake;
  18. La mort (1979), res: Monique Canto et Nancy Huston; couv: dessin de Mechtilt; 157p
  19. La saleté (1980), res: Xavière Gauthier et Anne Rivière; couv: épave de Claude Maillard; 174p
  20. La nature assassinée (1980), res: Sophie Chauveau, Françoise Clédat, Xavière Gauthier, Anne Rivière et Anne-Marie de Vilaine; couv: sculpture de Bernadette Faraggi;160p
  21. Nouvelles et autres (1980), couverture Lou Perdu; 160p
  22. Sorcelleries (1981), 160p
  23. Enfants (1981), rés: Leïla Sebbar; couv: Anne Bozelec; 160p
  24. Mythes et nostalgies (1982), res: Catherine Atlani et Catherine Hébert; couv: Mechtilt; 134p


Notes et référencesModifier

  1. Caroline Goldblum, « Sorcières, 1976-1981. Etude d’une revue féministe. Master 1, Université de Lille III, (dir. Florence Tamagne), 2009 », Genre & Histoire, vol. 8,‎ (lire en ligne).
  2. a et b « Sorcières, 1976-1981, étude d’une revue féministe », sur Genre en action, (consulté le 30 janvier 2017).
  3. a b et c Dumont, Fabienne, (1972- ...).,, Des sorcières comme les autres artistes et féministes dans la France des années 1970, Presses universitaires de Rennes, dl 2014 (ISBN 9782753532502 et 2753532508, OCLC 881633591, lire en ligne)
  4. Aubenas Jacqueline, « Sorcières, compte rendu », Les Cahiers du GRIF, vol. 12,‎ (lire en ligne).

BibliographieModifier

  • Xavière Gauthier, « Témoignage : sur l'expérience de la revue Sorcières - "Sorcières, nous tracerons d'autres chemins" », Sorcières et sorcellerie, sous la direction de Christine Planté, Presses universitaires de Lyon, coll. « Cahiers Masculin / Féminin », 2002.
  • Caroline Goldblum, « Sorcières, 1976-1981. Étude d’une revue féministe. Master 1, Université de Lille III, (dir. Florence Tamagne), 2009 », Genre & Histoire, 8 | Printemps 2011, mis en ligne le 31 octobre 2011. URL
  • Fabienne Dumont, Des sorcières comme les autres, Artistes et féministes dans la France des années 1970, Presses universitaires de Rennes, mai 2014, (ISBN 9782753532502)