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Somnath Hore

artiste indien
Somnath Hore
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Somnath Hore (Chittagong, 1921 - Santiniketan, 2006) est un sculpteur et graveur indien. Ses croquis, sculptures et gravures étaient une réaction aux crises et événements historiques majeurs du Bengale du XXe siècle, tels que la famine du Bengale de 1943 et le mouvement de Tebhaga. Il a reçu l'honneur civil indien du Padma Bhushan.

BiographieModifier

JeunesseModifier

Somnath Hore est né en 1921 à Chittagong, alors en Inde, mais aujourd'hui au Bangladesh. Il a perdu son père tôt et a été scolarisé avec l'aide de son oncle. Dans sa jeunesse, il s'est affilié au Parti communiste et ses idéologies socialistes ont influencé les premières phases de sa carrière artistique. C'est grâce au patronage actif du Parti communiste indien que Hore a été admis au Government Art College de Calcutta. Le graveur Haren Das présidait alors le département des arts plastiques et Hore a pu bénéficier de son enseignement[1].

En 1943, il rédige une documentation visuelle où il rend compte de la famine au Bengale pour le magazine du parti communiste Jannayuddha (« People's War »). Son passage à l'âge adulte en tant qu'artiste a coïncidé avec les troubles paysans de 1946 au Bengale, connus sous le nom de mouvement de Tebhaga. Hore devient alors un partisan de Chittaprosad Bhattacharya, propagandiste politique et graveur[1].

CarrièreModifier

Somnath Hore apprend les techniques et les nuances de la gravure, en particulier la lithographie et la gravure en relief au sein du Government College of Art & Craft de Calcutta. Dans les années 1950, il est considéré comme le meilleur graveur en Inde[réf. nécessaire]. Hore invente et développe plusieurs techniques de gravure, dont sa technique d'impression à la pulpe, qu'il a utilisé pour produire sa série Wounds (« blessures »)[2].

À la demande de Dinkar Kaushik , Hore est venu à Santiniketan pour diriger le département Graphisme et gravure. Somnath a passé la plus grande partie de sa vie à Santiniketan, où il a enseigné à Kala Bhavana, la faculté des arts de l'université Visva-Bharati (en). Il y devint un proche collaborateur du peintre et graveur K. G. Subramanyan et du sculpteur Ramkinkar Baij (en)[1].

Somnath Hore commence à s'essayer à la sculpture dans les années 1970. Il travaille sur des figurines de bronze se contorsionnant en agonie à cause de la famine et de la guerre, qui deviennent des symboles de l'art moderne indien[3]. L'une de ses plus grandes sculptures, Mother and Child, qui rend hommage aux souffrances des Viêt-namiens, a été dérobée alors qu'elle était conservée à Kala Bhavan, peu après avoir été achevée, et sa localisation demeure inconnue[4].

Il reçoit en 2015 l'honneur civil indien du Padma Bhushan[5].

Mort et postéritéModifier

Somnath Hore meurt en 2006 à l'âge de 85 ans.

Il est abondamment représenté dans les collections de la National Gallery of Modern Art, à New Delhi[6].

À la suite de la mort de l'artiste, Gopal Krishna Gandhi (en) écrit dans The Daily Telegraph : « Somnath Hore était plus qu'un artiste. Il était un témoin du drame humain, mais un témoin avec la capacité de traduire ses témoignages en art. À une époque où le laïcisme, le socialisme et la paix peuvent être vus — ou détruits — comme SHIBBOLETHS, il les savait des besoins vitaux. À une époque où l'art peut devenir une pièce de théâtre dans les salons et les salles de vente, il le garde près de ses sources : sa sensibilité humaine[n 1]. »

Pour sa part, l'historien de l’art R. Siva Kumar (en) écrit dans l’essai Somnath Hore: Un socialiste solitaire et un artiste moderniste : « Nous ne choisissons pas la souffrance et nous ne choisissons pas l’héroïsme. Mais la souffrance nous oblige souvent à être héroïque. Somnath Hore (1921-2006) était un artiste qui menait une vie tranquille et héroïque ; calme parce qu'il s'était toujours tenu à l'écart des regards du monde de l'art et héroïque parce qu'il avait choisi de rester à l'écart de la souffrance et de tenir fermement ses engagements politiques et thématiques, même s'il savait que cela signifiait demeurer seul. Il se tenait à l'écart du tumulte de l'art, non pas parce que l'art était une passion moindre pour lui, mais parce que la vie importait davantage et que l'art ne témoignait pas de la souffrance humaine, ne signifiait pas grand chose pour lui. Et la souffrance humaine était pour lui, en tant que communiste, non pas une situation existentielle — dans laquelle nous sommes tous nés (ou une visitation ou même un outil pour connaître Dieu comme il l'a été pour Van Gogh) —, mais quelque chose de systématiquement engendré socialement[n 2]. » Il ajoute : « La famine et la révolte des métayers a pris une signification archétypale dans la vision de la réalité de Somnath Hore. Au cours de ces années, de nombreux autres événements tragiques ont eu lieu: les émeutes communautaires, la Partition, l'exode des minorités religieuses et la perte de leur maison par des millions de gens, y compris Somnath. Mais aucun d'entre eux ont trouvé une place dans son travail comparable à celui de la famine et la révolte paysanne, qui étaient pour lui des symboles de la condition humaine et les aspirations de ceux avec lesquels il s'est identifié[n 3]. »

StyleModifier

Au début des années 1950, les dessins de Hore et sa série de gravures sur bois Tebhaga montrent l'influence du réalisme socialiste chinois et de l'expressionnisme allemand. Il a également été influencé dans sa jeunesse par le style robuste de la graveuse allemande Käthe Kollwitz et du peintre expressionniste autrichien Oskar Kokoschka. Au fur et à mesure que l'artiste évoluait, ses dessins, en particulier ses figures humaines, se simplifiaient et apportaient des détails. Grâce à cette réduction, il a obtenu son style personnel de personnages tourmentés et souffrant, créés avec une utilisation magistrale de la ligne[1].

Ses sculptures montrent une approche similaire. Dans les années 1970, le parcours artistique de Somnath se termine par sa série Wounds Series of paper pulp prints, où il obtient un type d'abstraction unique sans sacrifier son traditionnel humanisme[1].

Notes et référencesModifier

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de la page de Wikipédia en anglais intitulée « Somnath Hore » (voir la liste des auteurs).

Notes
  1. Texte original : « Somnath Hore was more than an artist. He was a witness of the human drama but a witness with a skill that translated his witnessing into art. In an age when secularism, socialism and peace can be seen- or rubbished- as shibboleths, he knew them to be vital needs. In times when art can become a play-thing of drawing rooms and auction halls, he kept it close to its springs-his human sensibility[réf. nécessaire]. »
  2. Texte original : « While the reputed art historian R. Siva Kumar in the essay entitled Somnath Hore : A Reclusive Socialist and a Modernist Artist wrote, "We do not chosose suffering, and we do not choose heroism. But suffering often compels us to be heroic. Somnath Hore (1921–2006) was an artist who led a quiet and heroic life. Quiet because he always kept himself away from the glare of the art world; and heroic because he chose to stand by the suffering and held steadfast to his political and thematic commitments even though he knew this meant trading a lonely path. He kept himself away from the din of art not because art was a lesser passion for him but because life mattered more and art did not stand witness to human suffering, did not mean much to him. And human suffering was for him, as a Communist, not an existential predicament, into which we are all born (or a visitation or even a tool to know god as it was for Van Gogh), but something always socially engendered[7]. »
  3. Texte original : « The famine and the sharecropper's revolt acquired an archetypal significance in Somnath Hore's vision of reality. During these years there were a host of other tragic visitations: the communal riots, the Partition, the exodus of the religious minorities and the loss of home for millions, including Somnath. But none of them found a place in his work comparable to that of the famine and the peasant revolt, which were for him symbols of human condition and aspirations of those with whom he identified[7]. »
Références
  1. a b c d et e (en) Arun Ghose, Somnath Hore, Life and Art, Gallerie 88, 2007.
  2. (en) Rabina Karode, Manifestations II, Delhi Art Gallery 2004, (ISBN 81-902104-0-8).
  3. (en) Amrita Jhaveri, A Guide to 101 Modern and Contemporary Indian Artists, India Book House, 2005 (ISBN 81-7508-423-5).
  4. (en) Art Gallery, 20th Century Museum of Contemporary Art, sur contemporaryindianart.com.
  5. (en) « Padma Awards », sur ministère de l'intérieur indien, .
  6. Delhi Art Gallery, www.delhiartgallery.com
  7. a et b (en) South asian art including property from the dartington hall trust, sur sothebys.com.

Liens externesModifier