Six destinées

Les six destinées, six voies ou six classes de destins[1] (sanskrit : ṣaḍgati ; chinois : liùqū 六趋 ou liùdào 六道 ; japonais : roku-dō 六道 ; tibétain : khams) sont dans la cosmologie bouddhiste[2] les six mondes où se réincarnent les êtres sensibles d'après leurs karmas liés à leurs actes des vies antérieures. Elles sont représentées de façon imagée sous la forme du Bhavacakra ("roue de l'existence")[3]. Ce sont[4] :

  1. le monde des dieux ou des êtres célestes (deva) ;
  2. le monde des demi-dieux belliqueux (asura) ;
  3. le monde des êtres humains (manushya) ;
  4. le monde des animaux (tiryagyoni (en)) ;
  5. le monde des faméliques (preta) ;
  6. le monde des enfers (naraka).
Bhavacakra (sanskrit, devanagari : भवचक्र ; pali : bhavacakka) ou la roue du devenir est une représentation symbolique de la continuité du processus de l'existence sous la forme d'un cercle, utilisé dans le bouddhisme tibétain, ici sur une thangka.

Les trois premiers sont appelés « les trois destinées bienveillantes » (kuśalagati), où les êtres sont plus ou moins vertueux, il y a du plaisir et de la souffrance, et les trois derniers sont appelés les trois destinées non bienveillantes (akuśalagati), où les êtres manquent de vertu, il n'y a quasiment que de la souffrance. Nous, les êtres humains, n'en voyons normalement que les animaux à part nous-mêmes. Les premiers textes bouddhistes ne font mention que de cinq voies, ne différenciant pas les voies des deva et des asura[4]. Au Japon, le moine Genshin place même de façon inexpliquée la voie des hommes avant celle des asura[5].

Le Pudgala qui transmigre entre ces six destinées n'est pas une personne ou un soi, non plus une âme, mais un agrégat (Skandha), une continuité phénoménale aux éléments changeants.

Les éléments formant le karma se constituent en actes corporels, oraux ou mentaux. L'enchaînement de la transmigration dû aux Trois Poisons (haine, avidité, ignorance) dont la méconnaissance (avidyā) de la vérité ultime (sanskrit : paramārtha ; chinois : zhēndì 真谛) ou de la vraie loi (sanskrit : saddharma, सद्धर्म, "loi correcte" ; chinois : miàofǎ, 妙法, "loi merveilleuse") est généralement présenté comme la source de la réincarnation dans les trois destinées non bienveillantes[6].

RéférencesModifier

  1. Quentin Ludwig, Le grand livre du bouddhisme, p. 179
  2. (en) Robert E. Buswell Jr et Donald S. Lopez Jr, The Princeton Dictionary of Buddhism, Princeton (N.J.), Princeton University Press, , 1304 p. (ISBN 978-0-691-15786-3 et 0-691-15786-3, présentation en ligne), p. 111 et 112.
  3. (en) Damien Keown et Charles S. Prebish, Encyclopedia of Buddhism, Taylor & Francis, , 924 p. (ISBN 978-1-136-98595-9, lire en ligne), p. 340
  4. a et b (en) Robert E. Buswell, Encyclopedia of Buddhism, vol. 2, Macmillan, Thomson, Gale, , 981 p. (ISBN 978-0-02-865718-9), p. 711-712
  5. Erika Peschard-Erlih, « La mort des dieux », Ebisu, Maison franco-japonaise, no 1,‎ , p. 71 (lire en ligne)
  6. (en) Robert E. Buswell, Encyclopedia of Buddhism, vol. 1, Macmillan, Thomson, Gale, , 981 p. (ISBN 978-0-02-865719-6), p. 185-186

Voir aussiModifier