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Samira Bellil, née le à Alger et morte le , est une éducatrice française, connue pour son ouvrage Dans l'enfer des tournantes (en), qu'elle a écrit lors de sa thérapie avec Boris Cyrulnik.

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BiographieModifier

Elle naît en Algérie, fille d'une mère vendeuse et d'un père ouvrier. À treize ans, elle est séquestrée et violée par un ami du caïd de son quartier, un quartier difficile de Garges-lès-Gonesse dans le Val-d'Oise ; elle fut à nouveau victime de viol trois ans plus tard. Elle dénonce le fait que dans les quartiers des banlieues, « une fille qui traîne, c'est une pute, donc qu'elle ne se plaigne pas s'il lui arrive des embrouilles ». Le violeur écope de huit ans[réf. nécessaire]. Cette épreuve conduira Samira Bellil dans une errance dont elle sort grâce à une psychothérapie.

Elle écrit en 2002 un livre qui connaît une très grande diffusion : Dans l'enfer des tournantes (en). Son témoignage dénonce les viols collectifs (« tournantes »), le besoin de vengeance et le traumatisme. Son livre dénonce également le système judiciaire français et sa difficulté à trouver une oreille qui l'écoute sans la juger et des gens en qui elle puisse avoir confiance. Son récit est dédié à ses « copines de galère pour qu'elles sachent qu'on peut s'en sortir » et rend hommage, pour son livre Merveilleux malheur, à Boris Cyrulnik, psychologue qui plaide pour la résilience.

À la suite de l'impact médiatique de son livre, elle devient, pendant quelque temps, proche du mouvement Ni putes ni soumises, espérant ainsi collecter des fonds pour aider les femmes victimes de violences sexuelles. Elle les quittera à la suite de nombreuses divergences.

Devenue éducatrice en banlieue, elle a affirmé : « La cité, c'est plein de gens formidables qui essaient de s'en sortir courageusement. Car tous les petits gars de chez nous ne sont pas des violeurs, loin de là ».

Elle meurt le 4 septembre 2004 à l'âge de 32 ans d'un cancer de l'estomac[1]. Elle est inhumée au cimetière du Père-Lachaise (19e division)[2].

La ville de l'Île-Saint-Denis a inauguré le une école qui porte son nom, pour défendre les droits des femmes à proximité[3].

BibliographieModifier

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. « Samira Bellil », sur JeuneAfrique.com, (consulté le 20 décembre 2018)
  2. « BELLIL Samira (1973-2004) », sur Les Amis et Passionnés du Père-Lachaise, (consulté le 4 septembre 2014).
  3. Inauguration de l’école Samira Bellil le 16 avril 2005