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Philibert de Tournus

saint catholique
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Saint Philibert
Image illustrative de l’article Philibert de Tournus
Statue de Philibert visible dans l'abbatiale de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu.
Naissance 617/618
Eauze
Décès 684 
Noirmoutier-en-l'Île, France
Nationalité Drapeau de la France France
Ordre religieux Ordre de Saint-Benoît
Vénéré à Tournus (lieu de conservation des reliques)
Vénéré par l'Église catholique romaine
Fête 20 août

Saint Philibert (ou Filibert) de Tournus ou de Jumièges ou de Noirmoutier, né en 617 ou 618 à Elusa, aujourd'hui Eauze dans le Gers et mort le 20 août 684 à Noirmoutier, est un moine et un abbé franc du VIIe siècle. Il a fondé les monastères de Jumièges et de Noirmoutier. Ses reliques ont été apportées à Tournus où il fut l'objet d'une grande vénération.

Sa fête est célébrée le 20 août[1].

BiographieModifier

Philibert était fils unique de Filibaud, premier magistrat de Vicus Julii[2], aujourd'hui Aire-sur-l'Adour dans le département des Landes, dont il fut depuis évêque. Il vint au monde dans l'ancienne ville d'Eauze, en Vasconie, vers l'an 617 ou 618 et fut élevé à Vic par ses parents. Plus tard, d'excellents maîtres l'instruisirent aux sciences et le formèrent à toutes les disciplines nécessaires. Il acquit par leurs soins toutes les connaissances utiles dans la formation de ses qualités d'Homme, au développement de son esprit et de ses valeurs spirituelles. Dès que Philibert fut assez mûr pour faire son entrée dans le monde, son père, qui était en grande recommandation auprès du roi Dagobert Ier, lui ménagea une place à la cour, où il fit la connaissance de saint Ouen et mérita son estime.

Insatisfait par la vie futile qu'il menait à la cour, il forma, à l'âge de vingt ans, le dessein de consacrer sa vie à Dieu en devenant moine. L'ayant fait approuver par le roi, dont le consentement était nécessaire, il vendit tous ses biens et en distribua le prix aux pauvres et aux monastères. S'il préféra celui de Rebais, nouvellement fondé dans la Brie au diocèse de Meaux, ce fut moins à cause des grands biens qu'il y avait donnés, que parce qu'il connaissait saint Agile, que son ami saint Ouen y avait établi premier abbé.

Vers 650, il entreprend un long voyage à travers les monastères de France pour étudier les règles de saint Basile, de saint Macaire, saint Benoit et saint Colomban avant de fonder, en 654, l'abbaye de Jumièges, près de Rouen, sur des terres fertiles données par le roi Clovis II à la demande de la reine Bathilde, où il venait autrefois chasser avec le roi Dagobert. Il impose une discipline d'une grande austérité : jeûnes, veilles, flagellations dit-on. Il en fut le premier abbé. Il choisit la règle de saint Colomban pour l'abbaye qu'il fonda[3], déjà en vigueur à Luxeuil[4]. À Jumièges, il aurait recueilli les énervés de Jumièges. Il meurt le , à près de 70 ans à Noirmoutier. Son corps est alors déposé dans un sarcophage dans la crypte de l'église Saint-Philibert de Noirmoutier devenue église paroissiale ; si ses reliques ont été translatées à l'abbaye Saint-Philibert de Tournus, son tombeau se visite dans la crypte romane.

Les moines de Noirmoutier ont élevé vers 847 en son honneur une prieurale carolingienne à Déas, devenue par la suite Saint-Philbert-de-Grand-Lieu.

Des villages portent son nom dans la vallée du Rhône, en Anjou, en Normandie et en Bretagne.

De Noirmoutier à Tournus, fuyant les incursions normandes, ses reliques accomplissent un grand périple raconté par Ermentaire de Noirmoutier, passant par Cunault et Saint-Pourçain-sur-Sioule ; cette translation par les moines de Normoutier est l'occasion de plusieurs fondations et nombreuses dotations carolingiennes[5], elle contribue à sa grande popularité.

Les reliques étaient conservées à l'abbaye Saint-Philibert de Tournus, mais le crâne et deux os ont été volés en 1998[6].

GalerieModifier

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Notes et référencesModifier

  1. Saint Philibert, Nominis, Conférence des évêques de France
  2. Raoul Deloffre, Églises, châteaux et fortifications des Landes méridionales du Moyen Âge à la Renaissance, Atlantica, (lire en ligne), p. 23.
  3. Observation : Au IXe siècle, les moines changeront de règle et adopteront la règle de saint Benoît.
  4. Gaston et Monique Duchet-Suchaux, Les Ordres religieux, Flammarion, coll. « Tout l'art », , p. 185.
  5. Isabelle Cartron, Les pérégrinations de Saint-Philibert : Genèse d’un réseau monastique dans la société carolingienne, Presses universitaires de Rennes, (ISBN 978-2-7535-0955-9, notice BnF no FRBNF42121210, lire en ligne).
  6. « L'histoire. Le crâne de Lazare a disparu. », Libération,‎ (lire en ligne).

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • Falcon (moine de Tournus), Chronique de Tournus (avant 1087)[1].
  • Henri Curé, Saint-Philibert de Tournus, A. Picard, 1905.
  • Adolphe Louis Albert Perraud,Saint Philibert, fondateur des abbayes de Jumièges et de Noirmoutier 616-684, Téqui, 1901.
  • Henri Curé, Saint Philibert le thaumaturge, Marseille, Publiroc, , 279 p.
  • abbé L. Jaud, Saint Filibert, fondateur et abbé de Jumièges et de Noirmoutier : sa vie, son temps, sa survivance, son culte, étude d'histoire monastique au septième siècle, Nantes, université, , 568 p.
  • abbé L. Jaud, « Panégyrique de Saint Filibert (sic) Vie glorieuse de Saint Filibert ou Histoire de son culte, prêché le 25 aout 1907 » dans Écho de Saint Filibert, 9e année, no 128, septembre 1907, imp. L.P. Gouraud, , 568 p.
  • abbé Michaud, Vie de saint Filibert : fondateur des monastères de Jumiège et de Noirmoutier, Paimbœuf, impr. de Ch. Gailmard, , 196 p.
  • J. Raimond, Saint-Filbert de Noirmoutier, Saint-Maixent-l'École, imp. R. Payet, , 16 p.
  • L. Levillain, R. Poupardin, E. Clouzot, À propos des monuments de l'histoire des abbayes de Saint-Philibert, Paris, H. Champion, ca. 1906.
  • docteur J. Gaston ; éd. abbé L. Jaud, Poème de saint Filibert : fondateur et abbé de Jumièges et de Noirmoutier, Luçon, imp. S. Pacteau, , 95 p.
  • Ermentaire. ; Éd. abbé Louis Delhommeau, Claude Bouhier ; Préf. Jacques Oudin ; liminaire de monseigneur François Garnier, Vie et miracles de Saint-Philbert, Noirmoutier-en-l'Île, Les Amis de l'Île de Noirmoutier, , 144 p.
  • À propos du XIe centenaire de la translation des restes de Saint-Philbert de Noirmoutier à Déas ; ampennum et les origines de Beauvoir-sur-Mer ; extrait de la Revue du Bas Poitou, imp. moderne, , 43 p.
  • Maître Léon, Saint Filibert, sa vie, ses monastères, ses reliques et son église de Grandlieu, imp. moderne, , 53 p.
  • Cartron Isabelle, Les Pérégrinations de Saint-Philibert : genèse d'un réseau monastique dans la société carolingienne, Rennes, Presses universitaires de Rennes, , 456 p. (lire en ligne).

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. En latin : Cronicon Trenorchiense, manuscrit écrit à la demande de l'abbé Pierre dont un exemplaire est conservé dans le fonds ancien de la bibliothèque municipale de Tournus. Document traduit pour la première fois en français à l'occasion du millénaire de la consécration du chœur de l'abbatiale Saint-Philibert de Tournus (2019), à l'initiative du Centre international d'études romanes (CIER), avec le soutien de la Société des amis des arts et des sciences de Tournus et de la vile de Tournus (traduction confiée en 2016 à François Bougard et Dominique Poirel, respectivement directeur et directeur de recherche à l'Institut de recherche et d'histoire des textes (IRHT). Source : bulletin de la Société des amis des arts et des sciences de Tournus, tome CXVII, Tournus, 2018 (ISSN 0153-9353).