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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Michels.
Robert Michels
Description de l'image Robert-michels.jpg.
Naissance
Cologne
Décès (à 60 ans)
Rome

Robert Michels, également appelé Roberto Michels, né le 9 janvier 1876 à Cologne et mort le 3 mai 1936 à Rome, est un sociologue germano-italien.

Membre de l'école italienne de sociologie des élites avec Vilfredo Pareto et Gaetano Mosca, il est principalement connu pour avoir formulé la loi d'airain de l'oligarchie.

Sommaire

BiographieModifier

Il a étudié en Angleterre, à la Sorbonne à Paris, et dans les Universités de Munich, Leipzig (1897), Halle (1898) et Turin.

Parfois présenté comme un élève de Max Weber[1], dont il fut effectivement ami de 1906 à 1915, il est également rangé parmi les membres de l'école italienne de sociologie des élites[2] aux côtés de Gaetano Mosca et Vilfredo Pareto. Il est principalement connu pour son livre sur les partis politiques qui aboutit à la formulation de la loi d'airain de l'oligarchie.

Politiquement, il fut membre de la social-démocratie allemande, puis du parti socialiste italien, tout en étant proche de certains syndicalistes révolutionnaires, dont Georges Sorel et Hubert Lagardelle. Ses options politiques lui fermèrent les portes de l'Université allemande et il enseigna à Turin à partir de 1907, puis en tant que professeur d'économie politique et de statistique, à l'Université de Bâle à partir de 1914. S'éloignant progressivement du socialisme et de son pays natal, il prit fait et cause pour l'Italie lors de la rupture de la Triple Alliance par cette dernière en 1915, ce qui l'éloigna de Max Weber. En 1928, il finit par adhérer au fascisme et obtint un poste de professeur à l'Université de Pérouse.[3]

Loi d'airain de l'oligarchieModifier

Dans son livre Sociologie du parti dans la démocratie moderne, Robert Michels formule la loi d'airain de l'oligarchie selon laquelle "aussi bien en autocratie qu'en démocratie, c'est toujours une minorité qui gouverne". L'idée fondamentale est que toute organisation devient oligarchique.

Les leaders, bien que se disant révolutionnaires et guidés par les masses, s'émancipent de celles-ci et deviennent conservateurs. Le leader cherchera toujours à augmenter son pouvoir ou à le maintenir à n'importe quel prix, oubliant au passage ses anciens idéaux. C'est pourquoi les organisations politiques cessent vite d'être un moyen pour atteindre certains objectifs socio-économiques et deviennent une fin en soi (déplacement des objectifs).

La loi d'airain est basée sur trois aspects fondamentaux :

  • En premier lieu, plus une organisation s'agrandit, plus elle se bureaucratise, car d'une part elle se spécialise, et d'autre part, elle doit prendre rapidement des décisions de plus en plus complexes. Les individus qui savent comment traiter les thèmes complexes que doit affronter l'organisation deviennent indispensables, formant l'élite.
  • Deuxièmement, une dichotomie se développe entre efficience et démocratie interne; pour que l'organisation soit efficiente elle a besoin d'un leadership fort au détriment de la démocratie interne.
  • Troisièmement, la propre psychologie des masses rend désirable le leadership car elles sont inertes et inaptes à résoudre les problèmes par elles-mêmes. Elles sont reconnaissantes au leader et tendent au culte de la personnalité. Leur seule fonction serait donc de choisir de temps à autre leur leader.

Le leadership annule la démocratie car celle-ci est comprise par Michels à la manière rousseauiste comme gouvernement du peuple. Le parlementarisme participe au processus d'oligarchisation (spécialisation des tâches, commissions fermées, etc.); cela rend le leader indispensable, et pérennise sa place (en rendant son travail routinier) : le leader peut mettre en avant ses compétences techniques acquises (pour conserver sa place). Le parlementarisme donne plus d'opportunités au leader pour s'automatiser. La caste des leaders (oligarchie) se clôt sur elle-même afin d'éviter l'apparition de nouveaux leaders issus de la masse (trust oligarchique).

La seule chose que peuvent faire les masses c'est de remplacer un leader par un autre. C'est pourquoi les leaders maintiennent un lien avec les masses. Les vieux leaders font appel à la discipline, ce qui réduit la liberté d'expression des masses.

« L'organisation est ce qui donne lieu à la domination des élus sur les électeurs, des mandataires sur les mandants, des délégués sur les délégants. Qui dit organisation, dit oligarchie. »

La démocratie serait un meilleur système que le système héréditaire pour la sélection d'oligarchies. En 1911, Michels parle encore de la démocratie comme d'un moindre mal. Il se tourne plus tard vers les thèses fascistes.

ŒuvresModifier

en français
  • Syndicalisme & socialisme ... (1908)
  • Les partis politiques, essai sur les tendances oligarchiques des démocraties,, trad. Samuel Jankélévitch, Flammarion, Bibliothèque de philosophie scientifique (1914)[4]
  • Amour et chasteté; essais sociologiques (1914)
  • Critique du socialisme : contribution aux débats du début du XXè siècle; sélection d'articles présentés par Pierre Cours-Salies et Jean-Marie Vincent, (ISBN 2-908212-43-9), éditions Kimé, (1992)
  • Syndicalisme & socialisme ... (1908)
  • Boycottage international (1936)
  • Sociologie du parti dans la démocratie moderne : enquête sur les tendances oligarchiques de la vie des groupes, trad. Jean-Christophe Angaut, Gallimard, 2015.
en italien
  • Il proletariato e la borghesia nel movimento socialista italiano (1908; 1975)
  • Imperialismo italiano, studi politico-demografici (1914)
  • Organizzazione del commercio estero (1925)
  • Socialismo e fascismo in ltalia (traduction 1925)
  • Francia contemporeana (1926)
  • Storia critica del movimento socialista italiano : dagli inizi fino al 1911 (La Voce, 1926)
  • Psicologia degli uomini significativi. Studi caratteriologici (traduction 1927)
  • Movimenti anricapitalistici di massa (traduction 1927)
  • Corso di sociologia politica (1927). Translated, and introduced by Alfred de Grazia, as First lectures in political sociology (University of Minnesota Press, 1949; Arno Press, 1974, (ISBN 0-405-05515-3)
  • Introduzione alla storia delle dottrine economiche e politiche (1932)
  • Boicottaggio, saggio su un aspetto delle crisi (1934)
  • Elite e/o democrazia (G. Volpe, 1972)
  • Antologia di scritti sociologici; edited by Giordano Sivini (1980)
en allemand

Notes et référencesModifier

  1. (en) Lawrence Scaff, « Max Weber and Robert Michels », The American Journal of Sociology, vol. 86, no 6,‎ may, 1981, p. 1269-1286
  2. Ettore Albertoni, Doctrine de la classe politique et théorie des élites, Paris, Klincksieck,
  3. (de) Timm Genett, Der Fremde im Kriege. Zur politischen Theorie und Biographie von Robert Michels 1876-1936, Berlin, Akademie Verlag,
  4. Robert Michels, Les partis politiques; essai sur les tendances oligarchiques des démocraties; traduit par S. Jankélévitch, Paris E. Flammarion (lire en ligne)

Liens externesModifier