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Ne doit pas être confondu avec René Pommier.

René Pomeau, né à Beautiran (Gironde) le et mort à Clamart (Hauts-de-Seine) le , est un universitaire français, spécialiste de la littérature française du XVIIIe siècle, des Lumières, et de Voltaire en particulier[1].

BiographieModifier

Admis à l'École normale supérieure en 1937 après en avoir préparé le concours d'entrée au lycée Thiers de Marseille, puis au lycée Louis-le-Grand, René Pomeau est reçu à l'agrégation des lettres en 1941. Professeur au lycée d'Angoulême, il écrit son premier article sur Voltaire en 1944. En octobre 1945, il est nommé au lycée de Tours. Il devient assistant à l’université de Bordeaux en 1949-1950, puis à celle de Poitiers à partir de 1950. En janvier 1954, il est nommé à la Faculté des lettres de Toulouse.

Sous la direction de René Jasinski, il commence une thèse intitulée La Religion de Voltaire, qu'il soutient le 20 mars 1954. Jean Marie Goulemot souligne que cette thèse « marque une date dans l’interprétation de la pensée et de la philosophie de l’écrivain qu’elle soustrait au radicalisme libre-penseur et à la condamnation souvent haineuse de la tradition catholique[2] ». En 1961, il est appelé au jury du concours de la rue d’Ulm.

En 1963, il est nommé à la Sorbonne, où il contribue au renouveau des études littéraires. Il fonde la Société française d'étude du XVIIIe siècle, multiplie dans les années 1970 et 1980 les conférences de par le monde, notamment au Japon, en Corée, en Chine. En 1979 il devient président de la Société d'histoire littéraire de la France. En 1988, René Pomeau est élu membre de l'Académie des sciences morales et politiques, succédant à Pierre Clarac. Son épouse, née Colette Thomas, est décédée en juillet 2017.[réf. souhaitée]

René Pomeau a consacré toute sa vie à son écrivain de prédilection, Voltaire. L'aboutissement de son travail est la publication en 1985-1994, avec ses collaborateurs, de sa biographie-monument en cinq volumes, Voltaire en son temps, par la Fondation Voltaire de l'université d'Oxford, « qui fait le point sur Voltaire pour cinquante ans » (Pierre Lepape[3]) .

Il s'est intéressé également à Laclos et à Beaumarchais.

PublicationsModifier

Ouvrages
  • La Religion de Voltaire, 1954. Nouvelle édition revue et augmentée en 1969 chez Nizet.
  • L'Europe des Lumières, cosmopolitisme et unité européenne au XVIIIe siècle, Paris, Éditions Stock , 1966
  • L'Âge classique : 1680-1720, Vol. 3, Éditions Arthaud, 1971
  • Laclos ou le paradoxe, Paris, Éditions Hatier, 1975
  • Beaumarchais ou la bizarre Destinée, Paris, PUF, 1987
  • Voltaire en son temps, 5 volumes, Voltaire Foundation, 1985-1994 puis 2 volumes chez Fayard, 1995
  • Mémoires d'un siecle, entre XIXe et XXe siècle, Éditions Fayard, 1999
Articles
  • « La Faute à Voltaire », dans la série Ces Libéraux qui ont fait la France, L'Esprit libre, no 14, mars 1996, p. 16-18

RéférencesModifier

  1. « Pour bien des décennies encore, les études voltairiennes suivront les orientations de celui qui fut leur inspirateur et leur maître et qui leur a tant apporté » a écrit Jean Marie Goulemot dans « René Pomier 1917-2000 », Universalia 2001, Encyclopædia Universalis, 2001, p. 458-459.
  2. Jean Marie Goulemot, « René Pomeau (1917-2000) », sur Encyclopædia Universalis en ligne.
  3. Pierre Lepape, Le Monde, 29 février 2000.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Marianne Bastid-Bruguière, Notice sur la vie et les travaux de René Pomeau, Académie des sciences morales et politiques, séance du , [lire en ligne]
  • [Mélanges] Christiane Mervaud & Sylvain Menant (dir.), Le Siècle de Voltaire: Hommage à René Pomeau, Presses Paris Sorbonne, 2001 (ISBN 978-0729403528)

Liens externesModifier