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René Pommier

critique littéraire et essayiste français
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René Pommier
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Yves Coirault (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Assez décodé ! (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

René Pommier est un critique littéraire et essayiste français né le .

Maître de conférences à la Sorbonne et écrivain essentiellement sceptique, rationaliste et anti-religieux, il se fait connaître par des essais critiques consacrés à des essayistes du XXe siècle comme Roland Barthes ou René Girard.

BiographieModifier

René Pommier est le fils de Marcel Pommier, un agent d’assurance, et d'Hélène Mesny, fille de Gustave Mesny, exécuté par les nazis bien qu'il fût prisonnier de guerre, le 19 janvier 1945.

Ancien élève de l’École normale supérieure (promotion 1955[1]), agrégé de lettres (1959)[2] et docteur ès-lettres avec une thèse soutenue en 1986 devant l'Université de Paris-Sorbonne (Paris IV) et ayant pour sujet l'ouvrage Sur Racine de Roland Barthes, il a enseigné dans cet établissement durant vingt-deux ans la littérature française du XVIIe siècle en qualité de maître de conférences.

En 1979, le prix de la critique de l’Académie française a couronné son ouvrage Assez décodé ! ; en 2008, l’Académie des sciences morales et politiques lui a décerné le prix Joseph-Saillet pour Sigmund est fou et Freud a tout faux.

Ses différentes publications attestent son esprit critique et ses prises de position rationalistes à l'égard à la fois des croyances religieuses et de certaines disciplines des sciences humaines comme la psychologie ou la psychanalyse, dont il dénonce les prétentions scientifiques, ce qui l'amène à s'en prendre à divers penseurs du XXe siècle qui, en raison de la notoriété qu'ils ont acquises auprès de leurs contemporains, font figure de [réf. souhaitée] « vaches sacrées ». Pascal Engel voit ainsi en lui « l'un des derniers voltairiens »[3].

Principales ciblesModifier

Pommier a la conviction que certaines personnalités en faveur tant dans l'Université que dans les médias, voire auprès du grand public, se trompent dans leurs analyses. Il met ainsi en cause les réflexions de divers théoriciens et penseurs, dont :

À cette fin, il utilise d'ordinaire les méthodes et le style du pamphlétaire, ayant fréquemment recours à des expressions malsonnantes et provocatrices comme absurdité, aliboron grotesque, âneries rocambolesques, calembredaine, élucubration, foutaise, imposture, snobisme ou encore sornettes[5].

Roland BarthesModifier

Très critique au sujet de Barthes, dont il récuse l'analyse qu'il a faite de l’œuvre de Racine, Pommier lui a consacré de très nombreux textes où il présente et défend la thèse selon laquelle la pensée de Barthes serait contradictoire et sans prise sur le réel. Il emploie à son encontre des termes qui ont semblé excessifs (« con », « faribole », « ineptie », « jobard », « insanité », etc.), et n'hésite pas à s'en prendre à ceux que ses écrits ont pu séduire.

Cette polémique n'a pas été toujours bien accueillie par la critique littéraire[6].

René GirardModifier

Les publications de Girard — « une œuvre qui sera sans doute presque complètement oubliée dans cinquante ans » — comptent également parmi ses cibles[7]. Dans ses ouvrages et dans les critiques publiées sur son site, il s'efforce de montrer que l’interprétation que Girard donne de certains textes sur lesquels il s'appuie est arbitraire et sans fondement, de sorte qu'on ne saurait l'invoquer en faveur des thèses qu'il défend.

Sceptique quant à son projet de révéler des « choses cachées depuis la fondation du monde », Pommier observe ironiquement que « si vraiment la lumière que René Girard prétend apporter aux hommes est d’une clarté aussi aveuglante qu’il le dit, comment se fait-il que personne ne l’ait aperçue avant lui ? ».

OuvragesModifier

  • Une croix sur le Christ : cantate iconoclastique, Paris Roblot, 1976, 240 p.
  • Assez décodé !, Paris, Roblot, 1978, 184 p. Nouvelle éd. revue et corrigée : Cazaubon, Eurédit, 2005, 157 p..
  • Un marchand de salades qui se prend pour un prince : réponse du « petit Pommier » au « grand Barbéris », Paris Roblot, 1986, 153 p. Réédité sous le titre « Le Misanthrope » : de son interprétation et de la prétendue pluralité du sens, Paris, Eurédit, 2007, 189 p.
  • Racine et la « nouvelle critique » : le « Sur Racine » de Roland Barthes [thèse de doctorat d'État soutenue en 1986 et publiée sous le titre Le « Sur Racine » de Roland Barthes, Paris, SEDES, 1988, 425 p. Nouvelle éd. revue, corrigée et augmentée : Paris, Eurédit, 2008, 495 p.]
  • Roland Barthes : ras le bol !, Vincennes, Roblot, 1987, 148 p.
  • Explications littéraires. Mme de La Fayette, Chateaubriand, Mallarmé, Giraudoux, Paris, SEDES, 1990, 176 p. Nouvelle édition, Eurédit, 2005.
  • Explications littéraires. 2 : Agrippa d'Aubigné, Molière, Montesquieu, Laclos, Apollinaire, Paris, SEDES, 1993, 199 p.
  • Études sur « Le Tartuffe », Paris, SEDES, 1994, 250 p.
  • Études sur « Britannicus », Paris, SEDES, 1995, 164 p. Nouvelle éd. revue et corrigée : Paris, Eurédit, 2007, 193 p.
  • Études sur les Réflexions ou sentences et maximes morales|« Maximes » de La Rochefoucauld, Mont-de-Marsan, Éd. interuniversitaires, 1998, 138 p. Nouvelle éd. revue et corrigée : Paris; Eurédit, 2010, 144 p.
  • Études sur « La Princesse de Clèves », Saint-Pierre-du-Mont, Eurédit, 2000, 225 p.
  • Ô Blaise ! À quoi tu penses ? : essai sur les « Pensées » de Pascal, Bruxelles, Espace de libertés, 2003, 127 p., (ISBN 2-930001-52-6). [1]
  • Explications littéraires. 3, Bossuet, Racine, Baudelaire, Paris, Eurédit, 2005 204 p. [contient aussi un article sur « Le malade imaginaire » de Molière paru en 1986 et un autre sur « Candide » de Voltaire paru en 1989].
  • Études sur le XVIIe siècle, Paris, Eurédit, 2006, 181 p. [recueil d'articles parus entre 1989 et 1996].
  • Sanglades, Paris, Eurédit, 2006, 123 p. [sur la critique littéraire pratiquée en France dans la seconde moitié du 20e siècle. Nouvelle éd. revue, corrigé et augmentée parue sous le titre Sanglades : correction administrée de bon cœur à quelques massacreurs des études littéraires et de la langue française, Paris, Eurédit, 2010, 173 p.].
  • Études sur le « Dom Juan » de Molière, Paris, Eurédit, 2008, 119 p.
  • Sigmund est fou et Freud a tout faux : remarques sur la théorie freudienne du rêve, Paris, Éditions de Fallois, 2008, 186 p.
  • Études littéraires : Ronsard, Molière, Bossuet, Racine, Rousseau, Chateaubriand, Apollinaire, Paris Eurédit, 2009, 182 p.
  • René Girard : un allumé qui se prend pour un phare, Paris, Kimé, 2010, 133 p.
  • Explications littéraires. 4, Montaigne, Pascal, Diderot, Flaubert, Paris, Eurédit, 2010, 135 p.
  • Thérèse d'Avila, très sainte ou cintrée ? : étude d'une folie très aboutie, Paris, Kimé, 2011, 162 p.
  • Explications littéraires. 5, Molière, Bossuet, Montesquieu, Paris, Eurédit, 2012, 139 p.
  • Rire et colère d'un incroyant, Paris, Kimé, 2012, 86 p.
  • Être girardien ou ne pas être : Shakespeare expliqué par René Girard, Paris, Kimé, 2013, 158 p.
  • Défense de Montesquieu : sur une lecture absurde du chapitre « De l'esclavage des nègres », Paris, Eurédit, 2014, 101 p.
  • Freud et Léonard de Vinci : quand un déjanté décrypte un géant, Paris, Kimé, 2014 134 p.
  • La « Psychopathologie de la vie quotidienne » Ou quand Freud déménage du matin au soir, Paris, Kimé, 2015, 129 p.
  • Piques et polémiques, Paris, Kimé, 2016, 154 p.
  • Roland Barthes : grotesque de notre temps, grotesque de tous les temps, Paris, Kimé, 2017, 234 p.
  • Joyeusetés freudiennes, Paris, Kimé, 2018, 132 p.

Notes et référencesModifier

  1. « René Pommier », sur Annuaire, ENS.
  2. http://rhe.ish-lyon.cnrs.fr/?q=agregsecondaire_laureats&annee_op=%3D&annee%5Bvalue%5D=1959&annee%5Bmin%5D=&annee%5Bmax%5D=&nom=&periode=All&concours=12&items_per_page=10&page=3.
  3. Engel 2018.
  4. François-Georges Maugarlone, « Haro sur les psys ! », sur Nouvel Observateur,
  5. Rappelons le titre de certains de ses ouvrages : Roland Barthes, ras le bol !, Roblot,  ; Thérèse d'Avila, très sainte ou cintrée ? : étude d’une folie aboutie, Kimé,  ; Freud et Léonard de Vinci : quand un déjanté décrypte un géant, Kimé,
  6. « Feu nourri contre Barthes & les jobarthiens », sur Passouline, Le Monde, 2009 juil 30
  7. Nicolas Journet, « Réné Girard et les joies du bashing », Sciences humaines,‎ (lire en ligne)

AnnexesModifier