René Castel

naturaliste français
René Castel
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Portrait de Castel par Louis Germain (1831).
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Député français
Calvados
-
Biographie
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René Richard Louis Castel, né le à Vire et mort le à Reims, est un poète et naturaliste français.

BiographieModifier

Fils d’un militaire, qui s’était distingué à la bataille de Fontenoy, Castel a été envoyé, l’âge de douze ans, au lycée Louis-le-Grand. Après de brillantes études, il a embrassé les opinions philosophiques en cours à la fin du XVIIIe siècle et, de mœurs simples, d’une humeur indépendante, d’une imagination riante et facile, il a très tôt été attiré vers la botanique ainsi que la poésie. À peine avait-il terminé ses études qu’il a composé un poème sur les Fleurs, dont il n’a rien conservé, préférant se consacrer à l’étude approfondie de Boileau, Racine, La Fontaine et surtout Virgile, maitres et modèles dont il avait fait une espèce de culte[1].

Peu après l’avènement de la Révolution, il a été élu procureur-syndic du district de Vire[2]. Il fut, en outre, le premier maire de Vire, de février à juillet 1790[3]. Dans cette période difficile, il a su, par sa fermeté, préserver sa ville de la famine qui éprouvait alors les autres contrées de la France. Plus d’une fois, pendant la durée de son administration, il est allé, le fusil sur l’épaule, suivi de quelques hommes dévoués, repousser, au milieu de la nuit, les attaques des malfaiteurs qui infestaient le pays[1].

Élu, le 10 septembre 1791, par 264 voix sur 413 votants, député du Calvados à l'Assemblée législative, il siégea parmi les constitutionnels modérés, défendant la monarchie et le roi[2]. Après avoir applaudi aux réformes des commencements de la révolution, il en a désapprouvé les erreurs et les excès, faisant partie de ceux qui ont bravé la proscription pour ne pas se rendre complice des violences qui ont marqué les derniers moments de la Législative. Lorsque le bruit avait couru qu’on en voulait aux jours de Louis XVI, au moment où le roi devait jurer sur l’autel de la patrie fidélité à la Constitution au cours de la fête de la Fédération, 14 juillet 1790, il ne l’a pas perdu pas un instant de vue pendant toute la cérémonie, bien décidé à sacrifier sa vie pour sauver celle du roi[1].

Dans les temps les plus orageux de la Révolution, de 1792 à 1797, il s’est attaché à la composition du poème des Plantes, poème du genre descriptif. Accueilli, lors de sa parution, avec distinction, les Plantes a obtenu le prix décennal. Plus tard, en 1801, il en a composé un autre sur la Forêt de Fontainebleau, ouvrage de peu d’étendue. On a aussi de lui : un Voyage de Paris à Crévi en Chablais, et une Cantate sur Omphale, publiée d’abord sous un autre nom que le sien, et qu’il a avouée depuis[1]. Il travaillait beaucoup ses vers, pensant, comme Boileau, que les vers ne sont jamais achevés.[n 1].

Retiré, après la session, en Normandie, il n’est revenu à Paris que sous le gouvernement consulaire[2], où son amour pour la retraite et son penchant pour les lettres lui sont fait refuser un poste élevé dans l’ordre administratif. On lui a fait accepter avec peine une chaire de rhétorique au lycée où il avait fait ses études. Après avoir occupé cette chaire avec grande distinction pendant environ dix ans, il l’a quittée, non sans regret, pour remplir les fonctions d’inspecteur-général où l’ont élevé la faveur de Fontanes, alors grand-maitre de l’université. Comme professeur de rhétorique, il prononça, à la distribution des prix du concours général, un discours plein d’indépendance sur la gloire littéraire, d’autant plus remarqué que l’orateur parlait en présence d’un pouvoir ombrageux et qui ne souffrait guère d’autre gloire que la sienne[1].

Chargé, par la suite, de l’inspection supérieure des écoles militaires, il a conservé peu de temps cette place exercées gratuitement[1]. Outre Les Plantes, paru en 1797[n 2], on lui doit le livret d’un opéra, le Prince de Catane (1813). Il est également l'éditeur scientifique des Suites à Buffon, publiées de 1799 à 1803 chez Deterville, en 80 volumes. Il a passé ses dernières années dans la solitude, au sein des lettres et de l’amitié. Il mourut en 1832, victime du choléra.

HommagesModifier

 
Monument du sculpteur Joseph de Bay en hommage à René-Richard Castel, 1835 (salon de 1836) ; statue offerte en 1868 à la ville de Vire.

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. « Tu plains l’homme poète : ah félicite-le plutôt, s’il réussit après tous ses efforts. Je consentirais à six jours entiers de travail pour égaler six vers de Virgile. »
  2. Chénier, dans son Tableau historique de l’état et des progrès de la littérature française : depuis 1789, a jugé avec beaucoup de légèreté les Plantes. Il a paru depuis s’en repentir, disant un jour à Castel qu’il avait rencontré dans le monde : « Je sens, Monsieur, des remords en vous voyant : j’ai parlé de vous sans vous avoir lu ; vous me rendez, je pense, assez de justice pour croire que si j’avais lu le poème des Plantes, comme je l’ai fait depuis, j’en aurais parlé bien autrement. »

RéférencesModifier

  1. a b c d e et f Joseph François Michaud et Louis Gabriel Michaud, Biographie universelle, ancienne et moderne ou, Histoire, par ordre alphabétique : de la vie publique et privée de tous les hommes qui se sont fait remarquer par leurs écrits, leurs actions, leurs talents, leurs vertus ou leurs crimes, t. CAM-CHÉ. 60, Paris, L.-G. Michaud, , 600 p. (7O0TPKleMYsC sur Google Livres), p. 276-9.
  2. a b et c Adolphe Robert et Gaston Cougny, « Castel (René-Richard-Louis) », Dictionnaire des parlementaires français… : depuis le 1er mai 1789 jusqu’au 1er mai 1889, Paris, Edgar Bourloton, t. I. A-Cay,‎ , p. 603-4 (lire en ligne sur Gallica [5 vol. ; in-8°], consulté le ).
  3. François-Michel Morin-Lavallée, « Castel (René-Richard-Louis) », Essai de bibliographie viroise, Caen, Leblanc-Hardel,‎ , p. 18-20 (lire en ligne sur Gallica [in-8°], consulté le ).
  4. Notice no PA14000072, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  5. Statue de René Castel à Vire sur À nos grands hommes
  6. Statue de René Castel à Vire sur le site de René et Peter van der Krogt

PublicationsModifier

ŒuvresModifier

  • Les Plantes : poëme, Paris, Migneret, (lire en ligne sur Gallica).
    Ce poème a été traduit en vers latins par C.-Louis Rohard de La Flèche. La Flèche; 1 vol. in-12, 1818, 100 p. il a été également traduit en diverses langues, et notamment deux fois en portugais.
  • Histoire naturelle des poissons : avec les figures dessinées d'après nature / par Bloch ; ouvrage classé par ordres, genres et espèces, d'après le systeme de Linné ; avec les caractères génériques par René-Richard Castel, avec Marcus Elieser Bloch, part of series: "Histoire naturelle de Buffon" ; t. 32-41.
  • La Forêt de Fontainebleau, poëme, Paris, Deterville, an XIII-1805.

LivretsModifier

  • Le prince de Catane opéra en trois actes, musique de Nicolas Isouard, 1813.

Éditeur scientifiqueModifier

  • Suites à Buffon, Paris, Déterville, 1799-1803, 80 vol.
    Dans cette collection, l'ouvrage de Buffon a été abrégé par Castel, classé d'après le système de Linné et réduit ainsi en 26 volumes. Pour donner un Cours complet d'histoire naturelle, ont été ajoutés 54 volumes formant une suite à Buffon.

BibliographieModifier

  • D. Frion, Notice historique sur la vie et les écrits de Castel, Paris, Ladrange, , 24 p., in-8° (OCLC 410509293).
  • Armand Gasté, R.-R. Castel, procureur-syndic du Directoire du district de Vire (1790-91), Caen, Le Blanc-Hardel, , 136 p., 1 vol. pet. in-8° (OCLC 457617690, lire en ligne).

Liens externesModifier