Rashida Tlaib

personnalité politique américaine

Rashida Tlaib
Illustration.
Fonctions
Représentante des États-Unis
En fonction depuis le
(1 an, 5 mois et 1 jour)
Élection 6 novembre 2018
Circonscription 13e district du Michigan
Législature 116e
Prédécesseur Brenda Jones
Représentante du Michigan

(5 ans, 11 mois et 30 jours)
Circonscription 6e district
Prédécesseur Steve Tobocman
Successeur Stephanie Chang
Biographie
Nom de naissance Rashida Harbi
Date de naissance (43 ans)
Lieu de naissance Détroit (États-Unis)
Nationalité Américaine
Parti politique Socialistes démocrates d'Amérique
Parti démocrate
Diplômée de Université de Wayne State
Université de Western Michigan
Religion Islam[1]

Rashida Tlaib, née Rashida Harbi le à Détroit (Michigan), est une femme politique américaine membre des Socialistes démocrates d'Amérique[2] et du Parti démocrate. Elle a été élue le dans le 13e district du Michigan à la Chambre des représentants des États-Unis devenant, avec Ilhan Omar, une des deux premières femmes musulmanes élues au Congrès américain et la première personnalité d'origine palestinienne[3].

BiographieModifier

Rashida Tlaib naît et grandit dans la ville de Détroit (Michigan). Elle est la fille aînée d'une fratrie de quatorze personnes. Ses parents sont des immigrés originaires de Palestine. Son père travaille dans une usine Ford. Elle est diplômée de Wayne State puis de la faculté de droit de Western Michigan[4].

En 2008, elle est élue à la Chambre des représentants du Michigan. Elle est la première femme musulmane à siéger au sein de la législature du Michigan, et la deuxième à siéger dans une législature d'État de tout le pays. À la Chambre, elle prend notamment la présidence de la commission des finances. Après trois mandats, elle ne peut pas se présenter à nouveau. Elle devient avocate et travaille pour des associations venant en aide à des publics défavorisés[4].

Lorsque John Conyers démissionne de son mandat en raison d'allégations de harcèlement sexuel, Tlaib annonce sa candidature à la Chambre des représentants des États-Unis. Elle se présente donc dans le 13e district, une circonscription fortement démocrate comprenant une partie de Détroit et sa banlieue[4]. En , elle remporte la primaire démocrate pour le prochain mandat avec un point d'avance (moins de 1 000 voix) sur la présidente du conseil municipal de Détroit, Brenda Jones. Elle perd cependant la primaire pour terminer le mandat de Conyers qui s'achève le , Jones la devançant de deux points dans une élection comptant deux candidats de moins[5]. Sans opposant républicain le , son élection est assurée. Elle devient alors l'une des deux premières femmes musulmanes et la première personnalité d'origine palestinienne élue au Congrès des États-Unis[3] (le premier musulman, tous sexes confondus, était Keith Ellison).

En , elle apport son soutien à la candidature de Bernie Sanders pour les primaires démocrates de 2020[6].

Le , alors que Jerome Powell est auditionné par la Chambre des représentants, Rashida Tlaib, pourtant membre du Committee on Financial Services, semble ne pas savoir qui est Ben Bernanke, président de la Réserve fédérale durant la crise financière de 2008[7],[8].

ControversesModifier

Insulte contre Donald TrumpModifier

Fraîchement élue au Congrès, Rashida Tlaib promet de destituer Donald Trump, le désignant de « fils de pute » (en anglais : motherfucker). L'insulte est largement commentée dans les médias, Molly Roberts du Washington Post estimant que ce type de rhétorique ne peut qu'affaiblir les démocrates[9]. Un certain nombre de membres du Congrès démocrate blâment Tlaib pour son langage inapproprié[10]. Nancy Pelosi, tout en précisant qu'elle n'userait pas de ce langage, considère que « ce n'est pas pire que ce que le président a dit »[11].

Engagement dans le mouvement BDS et accusations d'antisémitismeModifier

Alors que Rashida Tlaib est investie dans le mouvement pro-palestinien BDS dont l'une des modalités d'action est le boycott de produits provenant des colonies israéliennes implantées dans les territoires occupés par Israël, la presse israélienne pointe ses contradictions en remarquant qu'elle a créé et fait héberger son site Internet de campagne par la plateforme Wix.com, société fondée en Israël et dont le siège social se trouve à Tel-Aviv[12].

En affirmant son opposition à un projet de loi porté par le Sénat visant à protéger de poursuites judiciaires les États américains qui adopteraient des sanctions contre les appels au boycott de produits israéliens, Rashida Tlaib a estimé que les parlementaires promoteurs de ce projet de loi avaient « oublié quel pays ils représentent ». Le sénateur républicain de Floride Marco Rubio, à l'initiative du projet de loi, a accusé Rashida Tlaib sur Twitter de reprendre une rhétorique antisémite en faisant référence à la « double allégeance »[13].

En aout 2019, alors qu'elle doit se rendre dans les territoires palestiniens, Donald Trump appelle les autorités israéliennes à lui en interdire l'accès[14]. D'après le président américain, l'élue démocrate et sa collègue Ilhan Omar « détestent Israël et tous les juifs, et il n’y a rien qui puisse être dit ou fait pour les faire changer d’avis ». Les autorités israéliennes lui interdisent de se rendre dans les territoires palestiniens[15].

Début 2020, elle est l'objet d'une polémique, après avoir relayé sur Twitter une fausse rumeur de crime rituel contre les Israéliens[16].

Positions politiquesModifier

Rashida Tlaib est considérée comme une progressiste de la gauche du Parti démocrate en étant membre à ce titre, comme Alexandria Ocasio-Cortez, des Socialistes démocrates d'Amérique (DSA). Elle est favorable à une augmentation du salaire minimum à 15 dollars de l'heure, à une couverture santé universelle et à la suppression de l'agence américaine du contrôle aux frontières[17].

Vie privéeModifier

Elle est mère de deux fils[18].

Notes et référencesModifier

  1. (en) « Religious affiliation of members of 116th Congress », sur pewforum.org, (consulté le 4 janvier 2019).
  2. (en) « There Will Now Likely Be Two Democratic Socialists of America Members in Congress », sur thedailybeast.com, (consulté le 5 janvier 2019).
  3. a et b « Rashida Tlaib, première musulmane bientôt élue au Congrès américain », sur madame.lefigaro.fr, (consulté le 27 octobre 2018).
  4. a b et c (en) Erin Kelly, « Six things about Rashida Tlaib, who will likely become first Muslim woman in Congress », sur usatoday.com, (consulté le 27 octobre 2018).
  5. (en) Sarah Cwiek, « A funny thing happened in that 13th District special election… », sur michiganradio.org, (consulté le 27 octobre 2018).
  6. R KALEWOLD et H. KALEWOLD, « «AOC» soutient Sanders: une bonne nouvelle pour la gauche américaine », mediapart.fr,‎ (lire en ligne).
  7. (en-US) « User Clip: Rashida Tlaib Bernanke | C-SPAN.org », sur www.c-span.org (consulté le 4 mars 2020)
  8. (en) « Financial Services Committee Member Rep. Tlaib Unsure Who Ben Bernanke Is », sur news.grabien.com (consulté le 4 mars 2020)
  9. (en) « What’s so wrong with motherf---er? », sur washingtonpost.com,
  10. (en) « Rashida Tlaib: Congresswoman's Trump profanity sparks furore », sur bbc.com,
  11. (en) « Nancy Pelosi Says Rashida Tlaib’s ‘Motherf**ker’ Comment No Worse Than Trump », sur huffingtonpost.com, .
  12. (en) « Rashida Tlaib, pro-BDS congresswoman, has website by Israeli company - Diaspora - Jerusalem Post », sur jpost.com (consulté le 5 mars 2019)
  13. « Marco Rubio : les propos de Rashida Tlaib sur la loi anti-BDS sont « antisémites » », sur The Times of Israel, (consulté le 5 mars 2019)
  14. « Israël ferait preuve de "grande faiblesse" en laissant entrer deux élues américaines, dit Trump »,
  15. « Israël interdit d'entrée deux élues américaines cibles de Trump (qui s'en réjouit) », sur Le Huffington Post,
  16. « Antisémitisme : quand des Palestiniens reprennent l'accusation de crime rituel », sur marianne.net, (consulté le 30 janvier 2020).
  17. (en) Elizabeth Dias, « For Rashida Tlaib, Palestinian Heritage Infuses a Detroit Sense of Community », sur nytimes.com, (consulté le 27 octobre 2018).
  18. « Rashida Tlaib va devenir la première femme musulmane élue au Congrès américain », sur huffingtonpost.fr, .

Liens externesModifier