Raoul Dandurand

personnalité politique canadienne

Raoul Dandurand
Illustration.
Fonctions
Président du Sénat du Canada
Prédécesseur Lawrence Geoffrey Power
Successeur James Kirkpatrick Kerr
Sénateur de De Lorimier
Prédécesseur François Béchard
Successeur Thomas Vien
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Montréal, Canada-Uni
Date de décès (à 80 ans)
Lieu de décès Ottawa, Ontario
Parti politique Parti libéral du Canada
Diplômé de Université Laval
Profession Avocat

Raoul Dandurand, né le à Montréal et mort le , est un avocat et un homme politique canadien.

BiographieModifier

Jeunesse et étudesModifier

Né à Montréal le , il étudie à l'Université Laval et il est admis au barreau du Québec. Il épouse Joséphine Marchand, la fille du premier ministre Félix-Gabriel Marchand.

Carrière politiqueModifier

Politique fédéraleModifier

Nommé au sénat par Wilfrid Laurier, il fait partie du gouvernement de Mackenzie King.

En 1911, Raoul Dandurand devint le président de la section montréalaise du Comité France-Amérique (CFA) qui venait tout juste d'être créée[1]. Le CFA avait pour but de rapprocher les Canadiens-français et les Français[2].

Il est président du Sénat du Canada de 1905 à 1909.

Politique internationaleModifier

Il est l'un des rédacteurs du protocole de Genève. Il représente le Canada à la Société des Nations et exige l'indépendance entière de son pays du Royaume-Uni. Entre 1925 et 1926, il est président de l’Assemblée générale de la SDN.

Prise de position contre la persécution des JuifsModifier

En 1933, alors que commençait en Allemagne la persécution systématique des Juifs, Dandurand est invité à prendre la parole à une assemblée de protestation anti-hitlérienne à l’Aréna Mont-Royal, le .  Honoré Mercier et Fernand Rinfret sont aussi présents.[3]  En réponse à ce rassemblement, le groupement Jeune-Canada tient une contre-assemblée au Gésù, le .  Prenant la parole, Pierre Dansereau dénonce dans un discours anti-sémite la participation « de quelques-uns de leurs aînés » à la réunion de l’Aréna Mont-Royal :

« M. Pierre Dansereau, président de la réunion, en a expliqué l’objet dans une alerte allocution. Les Jeune-Canada, au nom du bon sens, viennent protester contre une trop flagrante violation de la mesure par quelques-uns de leurs aînés qui ont, en leur qualité officielle, pris parti à une assemblée des Juifs de Montréal contre la prétendue persécution dont les Juifs d’Allemagne seraient victimes.»[4]

Le Devoir, résume en ces termes le reproche de Dansereau :

« Si les Juifs voulaient protester contre Hitler, c’était leur affaire, ils nous ont donné un exemple de solidarité. Mais les nôtres n’avaient pas le droit de se mêler officiellement de cela. »[4]

Dans une lettre publiée le suivant par le Devoir, Dandurand répond et justifie son action :

« M. Jacobs [qui l'avait invité] ne me fit pas l’injure de me demander si je partageais son sentiment sur les événements qui se déroulaient en Allemagne car, pour lui comme pour moi, Hitler était déjà condamné par la conscience universelle. »[5]

Il cite ensuite la condamnation de la persécution juive par l’archevêque de Paris et mentionne d’autres manifestations anti-hitlérienne en France.  Il critique l’assemblée du Gésù en ces termes :

« Nous allons leur [les Juifs] exprimer nos sympathies, en protestant contre cette persécution, et voilà que la jeunesse des Jeune-Canada croit devoir convoquer le public pour s’insurger contre l’expression de nos sympathies, et marquer ainsi son antipathie! Non seulement leur mouvement fut dénué de toute charité chrétienne mais, il faut bien le dire, de tout sentiment humain. C’était manquer aux convenances les plus élémentaires que de choisir ce moment pour accabler des malheureux. Convoquer une assemblée pour protester contre des sympathies exprimées à des opprimés, c’était commettre l’acte le plus cruel dont j'aie encore entendu parler. »[5]

DécèsModifier

Il meurt à Ottawa le à l'âge de 80 ans.

HonneursModifier

SourceModifier

  • Jean-Yves Grenon, « Raoul Dandurand : pionnier de la diplomatie canadienne », Revue d'histoire du Québec, vol. 5, no 4,‎ , p. 61-64 (lire en ligne)

Notes et référencesModifier

  1. Alban Lachiver, « Le soutien humanitaire canadien-français à la France en 1914-1918 », Guerres mondiales et conflits contemporains, no 179,‎ , p. 149 (JSTOR 25732264)
  2. Alban Lachiver, « Le soutien humanitaire canadien-français à la France en 1914-1918 », Guerres mondiales et conflits contemporains, no 179,‎ , p. 148 (JSTOR 25732264)
  3. « Un reproche fait à nos dirigeants québécois », Le Nouvelliste,‎ , p. 1
  4. a et b « L'assemblée des Jeune-Canada à la salle du Gésù hier soir », Le Devoir,‎ , p. 1
  5. a et b « Sur l'assemblée de jeudi au Gesù », Le Devoir,‎ , p. 1

Voir aussiModifier