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Le référendum sur le statut territorial de la Sarre est une consultation qui a eu lieu en Sarre le 13 janvier 1935.

Plus de 90 % des électeurs sarrois ont opté pour la réunification avec l'Allemagne ; 9 % pour le statu quo (territoire sous mandat de Société des Nations) et moins de 0,5 % pour l'union avec la France.

Sommaire

ContexteModifier

À la fin de la Première Guerre mondiale, le traité de Versailles détache le territoire de la Sarre de l'Allemagne et le place sous mandat administratif de la Société des Nations. En compensation des destructions subies pendant la guerre par les bassins houillers du Nord, la France obtient la propriété de plein droit des mines de charbon de la Sarre (art. 45). Le mandat de la SdN expirant au bout de 15 ans, il est prévu de fixer à cette échéance le statut définitif du territoire par voie de référendum.

CampagneModifier

La majorité des habitants, largement germanophones, souhaitaient depuis toujours le rattachement à l'Allemagne. À l'approche du référendum, le gouvernement nazi ne ménagea pas ses efforts de propagande, présentant la consultation comme une alternative entre le retour à l'Allemagne ou le maintien d'un chômage massif. Les partis de gauche (social-démocrate et communiste) pouvaient se bercer d'un vote anti-nazi. Quant aux autorités religieuses dans cet État majoritairement catholique, elles prônèrent un retour à l'Allemagne[1].

La thèse précédente doit être modérée par celle, largement sourcée, de Guenter Lewy. Selon lui le statu quo avait des chances de l'emporter si l’épiscopat catholique allemand, mis sous pression par le pouvoir nazi était resté neutre. Or deux éléments jouèrent un rôle important : le fait que la Sarre soit restée rattachée aux évêchés allemands de Trèves et Spire et le fait que l'épiscopat allemand voyait son influence réduite fortement du fait du concordat de 1933, puisque la presse catholique et les mouvements d'action catholiques étaient en train de passer aux mains du pouvoir national-socialiste. Par ailleurs, la question sarroise fut abordée entre Rome (via le cardinal Pacelli et Mgr Kaas) et le gouvernement national-socialiste. Le résultat fut que les deux évêques intervinrent, y compris par voie de presse, sur le clergé de la Sarre, partagé sur le rattachement, afin qu'il soit unanime donc en phase avec la propagande nazie[2].

RésultatsModifier

Option Voix %
Unification avec l'Allemagne 477 089 90,73
Statu quo 46 613 8,87
Unification avec la France 2 124 0,40
Invalide/blanc 2 161
Total 527 987 100
Votants 539 542 97,99
Source: Direct Democracy

Le résultat est un triomphe pour Hitler et renforce sa position.

Après le référendum, la Sarre a été réunifiée avec l'Allemagne le 1er mars 1935, Josef Bürckel devenant commissaire du Reich. En 1936, elle a été incorporé dans le Gau du Palatinat rebaptisé Gau Westmark.

On estime que 10 000 personnes ont quitté la Sarre pour rejoindre la France après les résultats.

Notes et référencesModifier

  1. Ian Kershaw, Hitler Flammarion 2008 p. 397-398
  2. Guenter Lewy, L'Eglise catholique et l'Allemagne nazie, Paris, Stock, 3ème trimestre 1965, 368 p., p. 162 à 177

SourceModifier