Ouvrir le menu principal

Quartier canonial

Résidence des chanoines d'un édifice religieux
Quartier canonial de Tours (en gris foncé).

Un quartier canonial est une zone tout ou partie réservée à la résidence des chanoines d'un chapitre lié à une cathédrale ou une collégiale. Il comprend les maisons des chanoines elles-mêmes, mais également les bâtiments annexes nécessaires au fonctionnement du chapitre. Le quartier canonial est généralement bâti au plus près de cette église et il est parfois doté d'une enceinte appelée « clôture canoniale ».

OrigineModifier

Les quartiers canoniaux trouvent leur origine dans l'organisation de la vie commune des clercs sous Louis le Pieux en 816[1]. Il est prévu que les clercs résident soit collectivement dans un dortoir, soit individuellement dans des maisons. Cet ensemble est enclos, et l'on doit aussi y trouver un réfectoire[2] puis, un peu plus tard, une salle capitulaire[3].

Organisation et architectureModifier

 
Maison canoniale à Rodez.
 
Maison canoniale à Tours.

L'organisation spatiale du quartier canonial, telle que définie par la règle d'Aix, ressemble fortement à celle d'un monastère avec un ensemble clos interdit aux laïcs et aux femmes, comprenant un dortoir ou des cellules, plus tard des maisons individuelles, un réfectoire[4]. Tout ceci est construit sur de vastes terrains contigus à la cathédrale. Ces terrains appartiennent à l'Église ou bien cette dernière les récupère au terme d'échanges avec des propriétaires tiers[5].

À partir du XIIe siècle toutefois, les moments de vie commune des chanoines deviennent plus rares : le réfectoire n'est plus utilisé qu'en quelques occasions et les chanoines résident désormais le plus souvent dans de grandes demeures, occupées par un ou plusieurs chanoines ; ces maisons issues de donations se situent parfois en dehors de l'enclos canonial, faisant du quartier canonial un secteur aux limites parfois imprécises[6]. C'est à l'époque gothique que ce phénomène prend toute son ampleur[7].

Les demeures des chanoines, souvent bâties par de riches propriétaires qui en ont fait don, sont fréquemment de vastes demeures dans lesquelles les chanoines vivent seuls ou à plusieurs dans des appartements séparés. S'ils ont reçu cette maison à titre de don personnel, il est d'usage qu'ils en abandonnent la propriété à l'Église en se contentant de l'usufruit. Bénéficiant en outre de rentes et d'avantages en nature, les chanoines ont peu de dépenses ordinaires et ont les moyens d'agrandir ou embellir leur demeure[8].

Pour en savoir plusModifier

BibliographieModifier

  • Jean-Charles Picard, « Les quartiers canoniaux des cathédrales en France », dans Actes des congrès de la Société des historiens médiévistes de l'enseignement supérieur public, 22ᵉ congrès, Amiens, (DOI 10.3406/shmes.1991.1599, lire en ligne), p. 191-202
  • Jean-Charles Picard, « Les chanoines dans la ville. Recherches sur la topographie des quartiers canoniaux en France », Publications de l'École française de Rome, no 242 « Évêques, saints et cités en Italie et en Gaule. Études d’archéologie et d’histoire »,‎ , p. 451-466 (lire en ligne).

Article connexeModifier

Lien externeModifier

RéférencesModifier

  1. Picard 1998, p. 451.
  2. Picard 1998, p. 454-455.
  3. Picard 1998, p. 457.
  4. Picard 1991, p. 194-195.
  5. Picard 1991, p. 196.
  6. Picard 1991, p. 199-200.
  7. Picard 1991, p. 202.
  8. « Chanoine », sur Encyclopédie de Diderot (consulté le 5 mai 2019).