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Plongeur (sous-marin)

premier sous-marin français

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Plongeur (sous-marin)


Le Plongeur
Maquette du Plongeur

Le Plongeur est un sous-marin français mis au point par le commandant Bourgois et l'ingénieur Charles Brun qui fut lancé et commença ses premiers essais en 1863.

Sommaire

Le sous-marinModifier

C'est le premier sous-marin propulsé par un moteurair comprimé). Long de 42,50 m, il déplace 420 tonnes et embarque 7 membres d'équipage. Son autonomie et sa vitesse restent limitées.

Bourgois et Brun ont commencé leurs travaux en 1859 à Rochefort. L'air du moteur comprimé à 12 bars, était contenu dans 23 réservoirs, ce qui explique la grande taille du sous-marin : 435 tonnes de déplacement en plongée. La puissance du moteur à air comprimé était de 60 kW.

Les premiers essais ont lieu dans la forme de radoub de l'arsenal de Rochefort, remplie d'eau après la construction, un hublot en verre éclate sous la pression, l'équipage s'avérant incapable d'aveugler la voie d'eau doit évacuer en catastrophe. Après pompage et réparations d'autres essais sont effectués, notamment celui de la chaloupe-capsule de sauvetage.

La coque n'est pas équipée de gouvernails de profondeur horizontaux (qui apparaîtront sur les sous-marins expérimentaux Gymnote et Gustave Zédé, suites conceptuelles du Plongeur). Au cours des essais, menés devant Port des Barques, puis à La Pallice avec l'assistance du vapeur La Vigie, l'attitude du sous-marin est difficile à contrôler, il a tendance à piquer du nez et laboure avec son étrave les fonds vaseux de la côte charentaise. On tente d'équiper le Plongeur d'une "hélice lest" agissant verticalement, suivant l'idée de l'inventeur Lebellin de Dionne, mais l'amélioration n'est que marginale, ce qui n'empêchera pas nombre de sous-marins expérimentaux de la fin du XIX° siècle d'être ainsi équipés.

Le sauvetage de l'équipage en cas de problème en plongée était confié à une chaloupe étanche accessible depuis l'intérieur du sous-marin et détachable depuis l'intérieur de la chaloupe (on distingue son emplacement en forme d'assiette creuse sur le dessus du pont sur les documents ci-contre). Cette caractéristique se retrouve sur le Nautilus de Jules Verne, les trois protagonistes de l'histoire, Arronax, son valet Conseil et le harponneur Ned Land la mettent à profit pour fausser compagnie au Capitaine Nemo en plein Maëlström, ce n'est pas un hasard, Jules Verne ayant examiné de près la maquette du Plongeur Présentée à l'Exposition universelle de 1867[1].

Après plusieurs années de tests et diverses modifications, la Marine française l'a finalement laissé de côté et désarmé en juin 1867, principalement à cause de problèmes de stabilité[2].

Dépouillée de la plupart de ses équipements secrets, la coque du Plongeur connaîtrea une seconde vie beaucoup moins prestigieuse comme bateau-citerne pour acheminer de l'eau douce aux navires de guerre mouillant devant Rochefort avant d'être ferraillé dans les années 1920.

Problèmes techniques rencontrésModifier

Le sous-marin devait naviguer très près de la surface[3] :

  1. l'air était rejeté par le moteur à l'intérieur du sous-marin, la surpression engendrée devait être évacuée à l'extérieur ;
  2. pour éviter de trop élever la pression dans l'habitacle : la pression de l'air à l'intérieur doit être supérieure à celle de l'eau à l'extérieur pour pouvoir être expulsé ;
  3. une pression trop élevée à l'intérieur entraînait des problèmes physiologiques chez les membres d'équipage ;
  4. une augmentation de la pression à l'intérieur diminuait le rendement du moteur qui dépendait de la différence de pression entre le réservoir et l'intérieur.

Une traînée de bulles d'air signait son passage.

Notes et référencesModifier

  1. G.L. Pesce, la navigation sous marine, Paris, Vuibert & Nony, , 498 p., P 290 à 296
  2. www.netmarine.net Les essais du sous-marin Plongeur
  3. L'Armement, revue de la DGA no 51, mars 1996, p. 55-56, L'apparition du sous-marin dans la guerre navale, article de l'ingénieur général de l'armement Gérald Boisrayon

Voir aussiModifier

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Article connexeModifier

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