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Phloème

type de tissu végétal
Schéma d'une coupe transversale de feuille montrant ses différents constituants :
1. : cuticule.
2. et 5. : épiderme.
3. : parenchyme palissadique.
4. : parenchyme spongieux
6. : stomate.
7. : cellules stomatiques.
8. : xylème.
9. : phloème.
10. : tissu conducteur.

Le phloème est le tissu conducteur de la sève élaborée qui est une solution riche en glucides tels que le saccharose, le sorbitol et le mannitol chez les plantes vasculaires. Le phloème est un tissu vivant composite, de tubes criblés, de cellules compagnes, de fibres et de parenchyme longitudinal[1]. Il a un rôle conducteur de la sève et aussi de réserve comme pour les parenchymes et un rôle de soutien comme pour les fibres libériennes et les sclérites. En biologie végétale les tissus sont classés selon leur fonction. Les tissus conducteurs des angiospermes dicotylédones ou des gymnospermes (principalement les arbres) incluent le phloème secondaire pour le transport de la sève élaborée, et le xylème secondaire ou bois, pour le transport de la sève brute.

Sommaire

ÉtymologieModifier

C'est Karl Wilhem von Nägeli qui en 1858 dans « Beitraege zur Wisseschaftliche Botanik » lui donne le nom de phloème. C'est un dérivé du mot grec φλοιός (phloios) qui signifie écorce. Cependant cette étymologie ne traduit pas tout à fait la véritable fonction du phloème qui est celle de tissu conducteur ; l'écorce est un tissu plus largement composé de liège (tissu protecteur) et de phloème secondaire synonyme de liber (tissu conducteur).

Deux origines méristématiquesModifier

 
Coupe transversale d'une tige de lin 1. Moelle 2. Xylème I 3. Xylème II 4. Phloème 5. Sclérenchyme 6. Écorce 7. Épiderme

On distingue :

  • Le phloème primaire (phloème I) issu de la différenciation du procambium.
  • Le phloème secondaire (phloème II ou liber) issu de la différenciation du cambium (zone génératrice libéro-ligneuse), rencontré uniquement chez les dicotylédones[2]

Dans les racines et dans les tiges cette formation est centripète, c'est-à-dire que le phloème va se former de l'extérieur vers l'intérieur du cylindre central. On retrouve le même type de formation pour le xylème des racines. Pour le xylème de la tige cela est un peu différent, l'élongation est dite centrifuge c'est-à-dire que le sens de différenciation des cellules se produit de l'intérieur vers l'extérieur du cylindre central.

HistologieModifier

 
Phloème d'une tige

Le tissu phloèmien est un assemblage de plusieurs type de cellules :

  • Des tubes criblés, cellules vivantes allongées. Elles ont des parois longitudinales et transversales dotées de pores appelés cribles, qui permettent aux cellules de communiquer entre elles[3]. Ces cellules n'ont pas de noyau, ni de vacuole, mais un contenu hyaloplasmique particulier avec des protéines allongées[4].
  • Des cellules compagnes accolées aux tubes criblés. Elles assurent l'approvisionnement des tubes criblés, par transfert d'éléments comme le saccharose, qu'elles synthétisent[5].
  • Des cellules parenchymateuses, cellules de remplissage qui jouent un rôle conjonctif, de réserve et de sécrétion [6].
  • Des fibres libériennes, cellules dont la paroi est épaisse et lignifiée ou cellulosique[3]. Ce sont des éléments de soutien.

Le mouvement de la sève élaborée dans le phloème est bidirectionnel[2], tandis que dans les cellules de xylème, le flux de sève brute est continu (ascendant).

Le phloème réalise la translocation chez les arbres, c'est le processus de transfert des composés organiques et solubles des feuilles où a lieu la photosynthèse vers les organes de réserve (tubercules, racines...).

Phloème et pesticidesModifier

Certains désherbants pénètrent dans la plante puis sont véhiculés par le phloème pour tuer l'ensemble du végétal. Des insecticides comme le fipronil circulent dans le phloème et se répartissent dans toute la plante[7], ce qui augmente leur efficacité, mais aussi leur écotoxicité.

Notes et référencesModifier

  1. Éditions Larousse, « Définitions : phloème - Dictionnaire de français Larousse », sur www.larousse.fr (consulté le 6 janvier 2018)
  2. a et b « Phloème », sur Futura Planète (consulté le 5 janvier 2018)
  3. a et b « Angiospermes : tissus conducteurs », sur www.snv.jussieu.fr (consulté le 6 janvier 2018)
  4. « Les tissus végétaux », sur www.uvt.rnu.tn (consulté le 7 janvier 2018)
  5. « L’eau, de l’absorption à la transpiration – Cours Pharmacie », sur www.cours-pharmacie.com (consulté le 7 janvier 2018)
  6. « Phloème : définition et explications », sur Aquaportail (consulté le 6 janvier 2018)
  7. (en) Aajoud, A., Raveton, M., Azrou - Isghi, D., Tissut, M. et Ravanel, P., « How can the fipronil insecticide access phloem ? », Journal of agricultural and food chemistry, vol. 10, no 56,‎ , p. 3732-3737 (DOI 10.1021/jf800043h).
  • Karl Wilhelm von Nägeli, Beitraege zur Wissenschaftliche Botanik, . Créateur du terme « Phloem ».

Voir aussiModifier