Philopœmen

stratège de la Ligue achéenne

Philopœmen, Philopœmène, Philopoimen ou Philopoïmène, en grec ancien Φιλοποίμην / Philopoímên[N 1], né vers à Megalopolis et mort en 183 ou à Messène, est le stratège de la Ligue achéenne et le successeur d'Aratos de Sicyone. Sa valeur militaire, son désintéressement et ses vertus civiques lui ont valu, aux dires de Plutarque, d’être surnommé par les Romains « le dernier des Grecs ». Pausanias écrivit de lui qu'« après sa mort, la Grèce cessa tout à fait de produire de grands hommes ».

Philopœmen
Image dans Infobox.
Philopœmène blessé à Séllassie, par David d'Angers, 1837, musée du Louvre
Fonction
Stratège de la Ligue achéenne
Biographie
Naissance
Décès
Époque
Activités
Homme politique, militaireVoir et modifier les données sur Wikidata
Père
Craugis de Mégalopolis (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Maîtres
Philopœmène à Séllassie par Bernard Lange
Musée des Augustins de Toulouse.

BiographieModifier

Né à Mégalopolis en Arcadie vers , il est le fils de Kraugis, riche et noble citoyen, mais reste orphelin et est élevé par un ami de son père, nommé Cléandre, qui lui donne une éducation soignée ; attiré dès son jeune âge par l'éducation physique, il s'entraîne à la fatigue et aux privations en allant vivre au milieu des paysans et des bergers, d'où son surnom ; on ignore s'il avait un autre prénom auparavant. De cette enfance champêtre, il garde l'habitude de toujours porter des vêtements d'une grande simplicité. Il a pour précepteurs Ecdémos et Démophanès, platoniciens originaires comme lui de Mégalopolis, et disciples d'Arcésilas de Pitane[1].

En 222, il joue un rôle remarqué dans la victoire des troupes macédoniennes d'Antigone III Doson à la bataille de Sellasie, où il est blessé à la cuisse et à l'issue de laquelle le roi de Sparte Cléomène III est vaincu. Philopœmène s'engage ensuite comme mercenaire en Crète où les luttes entre les cités sont continuelles. Devenu quadragénaire, il rentre en Arcadie en 210 et deux ans plus tard, est nommé stratège de la Ligue achéenne, devenant ainsi, après Aratos mort depuis peu, le second dirigeant d'importance de cette ligue dont il réorganise et réarme l'armée selon le modèle macédonien (phalange). Cela lui permet de remporter en 208 la victoire du Larissos (en) sur les Étoliens et les Éléens. Il se lance dans une politique de primauté de la Ligue dans le Péloponnèse, se heurtant ainsi à Sparte, qui aspire au même but. À la bataille de Mantinée en 207 il vainc et tue de sa main le tyran de Sparte Machanidas, puis bat également son successeur Nabis.

Après avoir été commandant en chef de l'armée de Gortyne, Philopœmène quinquagénaire revient chez lui en 194. Peu après, il est réélu, à plusieurs reprises, à la tête de la Ligue achéenne. En 192, il vainc de nouveau Nabis : le déclin de Sparte est dès lors irréversible. Nabis est finalement assassiné par Aleximène, son allié étolien, et Philopœmène force Sparte à intégrer la Ligue en 188. Il traite Sparte avec une sévérité « spartiate » : ses murs sont abattus, ses institutions abolies, les hilotes sont libérés et dispersés, les esclaves de Sparte vendus au profit de la Ligue. Cette politique lui vaut l'hostilité de Rome.

En 184, la Ligue doit faire face au soulèvement de Messène, avec à sa tête Dinocrate, probablement soutenu par les Romains qui font prisonnier Philipœmène à Messène en 183 ou 182. Il y meurt, peut-être empoisonné, de gré ou de force[2].

Sources antiquesModifier

BibliographieModifier

  • Jean-Georges Texier, « 192-182 av. J.-C. : regards et réflexions sur dix ans d’histoire spartiate », Dialogues d'histoire ancienne, no 11 supplément,‎ , p. 237-296 (lire en ligne, consulté le ).
  • A. Aymard, « Les stratèges de la Confédération achéenne », Études d'histoire ancienne, 1967, p. 1–45.
  • Pierre Cabanes, Le Monde hellénistique de la mort d’Alexandre à la paix d’Apamée, Seuil, coll. « Points Histoire / Nouvelle histoire de l’Antiquité », (ISBN 2-02-013130-7).
  • Yvon Garlan, Recherches de poliorcétique grecque, École française d'Athènes, 1974.
  • Claude Mossé, La Tyrannie dans la Grèce antique, PUF, coll. « Quadrige », 2004 (1re édition 1969) (ISBN 2130546641).
  • Édouard Will, Histoire politique du monde hellénistique 323-, Paris, Seuil, coll. « Points Histoire », (ISBN 2-02-060387-X)

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Ce nom est composé du verbe signifiant « aimer » et du nom « berger ».

RéférencesModifier

  1. R.M. Errington, Philopoemen, Clarendon publ., Oxford 1969. 314pp.
  2. Will 2003, p. 243, tome 2.