Pauline de Meulan

romancière et journaliste
Pauline de Meulan
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Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 53 ans)
Sépulture
Nom de naissance
Elisabeth-Charlotte-Pauline de MeulanVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Fratrie
Henriette-Marie de Meulan (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Autres informations
Religion

Pauline de Meulan, dite Mme Guizot, née le à Paris, morte le est une écrivaine et journaliste française.

Origines familialesModifier

Elle est la fille du comte Charles de Meulan, conseiller du roi puis receveur général des Finances de Paris et de Marguerite de Saint-Chamans[1]. Elle reçoit une éducation soignée et évolue dans un milieu distingué, sa famille fréquentant notamment des écrivains et moralistes comme Chamfort, Condorcet ou le futur académicien Suard. A partir de 1790 cependant la mort de son père place la famille dans une certaine gêne financière, et la jeune femme commence à écrire[2]: son premier roman, Les Contradictions ou ce qui peut arriver, paraît en 1799, et bientôt Jean Baptiste Antoine Suard l'invite à écrire dans son journal Le Publiciste[1]. Son talent s'y épanouit, et elle devient une feuilletoniste de renom, jusqu'à ce que cesse la publication en 1810.

Le couple GuizotModifier

Elle épousa François Guizot[1],[3] en 1812. Sa production littéraire s'éloigne alors du roman divertissant pour se centrer sur les questions d'éducation et de morale, sous forme de traité, de lettres, de contes, mais également sur des études savantes d'histoire, de politique, ou de littérature. Son roman L'écolier, ou Raoul et Victor obtient ainsi un prix de l'Académie française en 1822.

L'historiographie moderne constate qu'elle a fréquemment été occultée par mari[4]. son oeuvre d'historienne et de critique étant passée sous silence au bénéfice d'écrits jugés plus féminins. Sainte-Beuve lui consacre pourtant en 1836 un portrait repris en volume en 1844, et qui souligne l'originalité de son talent, son absence de pruderie, et une finesse d'écriture propre aux bons moralistes[5].

Le couple qu'elle forme avec François Guizot semble curieux à l'époque. Elle a 14 ans de plus que lui. Gabriel de Broglie dresse le tableau comparatif suivant dans Guizot p. 32 à 36.

François Guizot Pauline de Meulan
Provincial, issu de la petite bourgoisie, sans fortune Née d'une famille noble et riche de l'ancien régime. Élevée dans une société brillante
Protestant et rigoureux Catholique et tolérante
Solitaire et renfermé Va au théâtre et sort dans le monde
Livresque et sérieux Spirituelle, piquante, cultivant le paradoxe
A des lectures religieuses ou philosophique Se passionne pour Racine
Dogmatique, théoricien, plein de certitudes métaphysiques Observatrice, pragmatique, sans grandes convictions

ŒuvresModifier

  • Les Contradictions, ou ce qui peut arriver (1799)
  • La Chapelle d’Ayton, ou Emma Courtenay (1799)
  • Essais de littérature et de morale (1802)
  • Écolier, ou Raoul et Victor (1821)
  • Lettres de famille sur l'éducation (1826)
  • Une famille (1828)
  • Conseils de morale, ou Essais sur l'homme, la société, la littérature (1828)

Notes et référencesModifier

  1. a b et c « Pauline de Meulan », sur www.guizot.com (consulté le 25 mai 2015)
  2. Charles Dedofon, article "Guizot, Madame", Dictionnaire de l'éducation de Ferdinand Buisson, édition de 1911. Accessible en ligne.
  3. Charles Defodon, « Guizot (madame) » (consulté le 25 mai 2015)
  4. Antoinette Sol, "Genre et historiographie. Quelques réflexions sur Elizabeth-Pauline de Meulan Guizot, romancière, journaliste et historienne (1773-1827)", in Nicole Pellegrin, Histoire d'historiennes, Publications de l'université de Saint-Etienne, 2006.
  5. Sainte Beuve, Augustin de, Portraits de femme, Paris, 1844., p. 186-220

Liens externesModifier