Ouvrir le menu principal

Paul-Émile Sarradin

industriel et homme politique français

Paul-Émile Sarradin
Illustration.
Fonctions
Maire de Nantes
Prédécesseur Hippolyte-Étienne Etiennez
Successeur Joseph Canal
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Nantes
Date de décès
Lieu de décès Nantes
Nationalité Française

Paul-Émile Sarradin

Paul-Émile Sarradin, né le à Nantes et mort le dans la même ville, est un industriel et un homme politique français, maire de Nantes de 1899 à 1908, issu d'une famille de parfumeurs installée à Nantes depuis 1781.

BiographieModifier

Paul-Émile est le fils d'Émile Sarradin et le petit-fils de Paul Sarradin, fondateur d'une entreprise nantaise de parfumerie et savonnerie[1] et l'oncle du critique d'art et conservateur, Édouard Louis Sarradin.

FormationModifier

Il fait des études classiques dans une institution privée jusqu'à la 3e, puis entre à l'école primaire supérieure de Nantes, créée en 1833, et à laquelle son directeur Arsène Leloup donne une orientation fortement professionnelle[2], et non pas au collège royal.

Il fait un apprentissage chez un parfumeur parisien, puis revient à Nantes où, le 26 avril 1851, il épouse Clémentine Villemin[3], fille d'un horloger nantais de la place Royale[4].

Chef d'entrepriseModifier

Paul-Émile Sarradin succède à son père Émile à la tête de l'entreprise, qu'il oriente vers la production du savon, notamment le savon pour bébé, puis vers la production de cosmétiques divers (dentifrice, mousse à raser, teinture de cheveux...) avec un produit particulièrement connu à l'époque : la Frizoléine[5]. Un autre produit remarqué est le parfum Stella Violetta. Il ouvre aussi un magasin à Paris (rue d'Enghien).

Il est aussi directeur de la Caisse d'épargne de Nantes à partir de 1876[6].

Homme politiqueModifier

En 1881, il cède la direction de l'entreprise à son frère et se tourne ensuite vers l'activité politique et le journalisme. Il participe à la fondation d'un journal républicain modéré, Le Progrès de Loire-Inférieure, dont il sera administrateur jusqu'en 1896. Ce journal se veut concurrent du Phare de la Loire de George Schwob, plus radical. En 1896, il cède la direction à François Salières, fondateur du Populaire.

Dans la municipalité d'Hippolyte-Étienne Etiennez, il est premier adjoint à partir de 1896[7].

Maire de NantesModifier

 
Buste de Sarradin.

À la suite de la démission pour raisons de santé du maire, Paul-Emile Sarradin est élu à sa place le 7 mai 1899, par 18 voix contre 16 blancs. Il est réélu le 20 mai 1900, après les élections municipales des 6 et 13 mai, par 24 voix contre 4 blancs et 7 abstentions, et de nouveau après les élections des 1er et 8 mai 1904 (18 voix contre 18 blancs).

RéalisationsModifier

Durant ses mandats, il poursuit l'extension du réseau d'égouts et du service des Eaux, avec, en particulier, la construction du réservoir de la Contrie sur le territoire de Chantenay, dont l'inauguration a lieu en 1904[8].

Il installe la Bibliothèque municipale dans ses locaux de la rue Gambetta et crée le bâtiment des Archives municipales. Durant son mandat est créée l'École des beaux-arts.

L'Exposition 1904 et Le Village noirModifier

L'année 1904 est marquée par la présence à Nantes pendant plusieurs mois, dans le cadre de l'Exposition de Nantes 1904, d'une exposition, Le Village noir, organisée par l'entrepreneur de spectacle Jean-Alfred Vigé, assisté par le Sénégalais (citoyen français de Gorée) Jean Thiam[9]. Le village est installé sur l'esplanade du Champ-de-Mars et est animé par « 120 indigènes ». Le journal royaliste L'Espérance du peuple réagit en souhaitant que le maire place cette attraction plutôt là où il habite, cours Delorme (actuel boulevard Guist'hau).

L'annexion de Chantenay et de DoulonModifier

Le principal aspect de son administration est la préparation de l'annexion des communes de Chantenay-sur-Loire et de Doulon. À partir de 1900, la municipalité Sarradin se trouve en conflit avec celle de Chantenay, dirigée par Paul Griveaud, radical allié avec les socialistes. La construction du réservoir de la Contrie donne lieu à des actes d'hostilité symbolique : installation, par l'ingénieur dirigeant le projet, d'un « poteau frontière » entre les deux communes, refus d'inviter le maire de Chantenay lors de l'inauguration… seuls les représentants de l'opposition chantenaysienne avaient été conviés à la cérémonie[8].

L'annexion devient effective après le vote de la loi du .

Les conseils municipaux des trois communes sont alors dissous et c'est le secrétaire général de la préfecture de Loire-Inférieure, Joseph Canal, qui fait fonction de maire pendant environ un mois et demi, en présidant la Délégation spéciale chargé de la gestion courante. Les élections de 1908 ayant donné la victoire aux radicaux, Gabriel Guist'hau devient maire.

Paul-Émile Sarradin est également le fondateur, en 1907, de l'Association des maires de France, dont il est le premier président.

Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur le 30 juin 1901.

DécèsModifier

Paul-Émile Sarradin meurt le 1er[1] (ou le 2[10]) novembre 1909, à l'âge de 84 ans. Il est inhumé le 4 du même mois dans le cimetière Miséricorde, dans le rang 2 du carré FF[10]

La famille SarradinModifier

Le premier Sarradin présent à Nantes est Paul, venu de Vendôme et fondateur, en 1781, du magasin de parfums et de savons de toilette au no 7 de la rue de la Fosse.

Son fils Émile, né en 1800 et mort en 1896, prend sa succession à la tête de l'entreprise ; membre du Comité républicain sous le Second Empire, il fait partie du conseil municipal à majorité républicaine élu en août 1870 ; par la suite, il est adjoint au maire de Waldeck-Rousseau, Lechat et Brissonneau (1871-72 et 1874-1881).

Les frères de Paul-Emile (fils du précédent) :

  • Eugène-Stanislas, né en 1828, dirige l'entreprise lorsque Paul-Emile se tourne vers d'autres occupations ;
  • Amédée, né en 1838, élève du lycée, reçu à l'École normale supérieure, agrégé de Lettres, est ensuite professeur dans différentes villes, dont Nantes.

HommagesModifier

La place Émile-Sarradin, dans le quartier Monselet à Nantes, honore sa mémoire.

Notes et référencesModifier

  1. a et b Le Nail 2010.
  2. L'EPS devient École professionnelle municipale en 1841, et est à l'origine, entre autres, du lycée Gaspard-Monge-la Chauvinière.
  3. Clémentine Eugénie Louise Villemin. Cf. Livre doré, 2, page 20.
  4. Cozic et Garnier, tome 2, page 38.
  5. Affiche sur le site du Conseil général.
  6. Livre doré, 2, page 23.
  7. Livre doré, 2, page 15.
  8. a et b Pascale Wester, « La Contrie stocke l'eau de la ville depuis un siècle », Archives municipales de Nantes (consulté le 15 février 2015), p. 26 et 27.
  9. Alain Croix dir., Nantais venus d'ailleurs, Histoire des étrangers à Nantes des origines à nos jours, Nantes-Histoire/Presses universitaires de Rennes, 2007, pages 187-192. Jean Thiam, de religion musulmane, appartient à la caste des « bijoutiers-griots » de l'ethnie wolof ; c'est par ailleurs un grand propriétaire foncier, conseiller municipal de Gorée en 1904. Dans le village, outre un rôle de codirigeant, il tient un atelier de bijouterie.
  10. a et b Registre d'inhumation du cimetière Miséricorde, archives municipales de Nantes (consultable en ligne).

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • René Blanchard, Le Livre doré de l’hôtel-de-ville de Nantes, Supplément 2, Imprimerie Salières, 1901, pages 19–25.
  • Fernand Soil, Le Livre doré de l’hôtel-de-ville de Nantes, Supplément 3, Imprimerie du Commerce, 1958, pages 11–14.
  • Jean Guiffan, Joël Barreau et Jean-Louis Liters (dir.), Le Lycée Clemenceau. 200 ans d'histoire, Nantes, éditions Coiffard, , 491 p. (ISBN 9782910366858).
  • Claude Kahn et Jean Landais, Nantes et les Nantais sous le Second Empire, Ouest éditions et Université inter-âges de Nantes, , 300 p. (ISBN 2-908261-92-8), p. 289 fiche biographique.  
  • Bernard Le Nail, Dictionnaire biographique de Nantes et de Loire-Atlantique, Pornic, Le Temps éditeur, , 414 p. (ISBN 978-2-363-12000-7), p. 363.  
  • Yves Rochcongar, Capitaines d'industrie à Nantes au XIXe siècle, Nantes, éditions MeMo, , 335 p. (ISBN 2-910391-46-9).
  • Exposition L'Aventure industrielle en Loire-Inférieure, 2008, conseil général conseil général de la Loire-Atlantique, [lire en ligne].