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Ouvrage de Latiremont
Les trois créneaux pour canon de 75 mm du bloc 6.
Les trois créneaux pour canon de 75 mm du bloc 6.

Type d'ouvrage Gros ouvrage d'artillerie
Secteur
└─ sous-secteur
secteur fortifié de la Crusnes
└─ sous-secteur d'Arrancy
Numéro d'ouvrage A 3
Année de construction 1931-1935
Régiment 149e RIF et 152e RAP
Nombre de blocs 6
Type d'entrée(s) Entrée des munitions (EM)
+
Entrée des hommes (EH)
Effectifs 580 hommes et 21 officiers
Coordonnées 49° 27′ 00″ nord, 5° 44′ 00″ est

Géolocalisation sur la carte : France

Localisation de l'ouvrage
Localisation de l'ouvrage

L'ouvrage de Latiremont est un ouvrage fortifié de la ligne Maginot, situé sur la limite entre les communes d'Ugny et de Baslieux, dans le département de Meurthe-et-Moselle.

C'est un gros ouvrage d'artillerie, comptant huit blocs. Construit à partir de 1931, il a été épargné par les combats de .

Sommaire

Position sur la ligneModifier

Faisant partie du sous-secteur d'Arrancy dans le secteur fortifié de la Crusnes, l'ouvrage de Latiremont, portant l'indicatif A 3, est intégré à la « ligne principale de résistance » entre les casemates d'intervalle de Praucourt (C 8) à l'ouest et de Jalaumont Ouest (C 9) à l'est, à portée de tir des canons du gros ouvrage de Fermont (A 2) plus à l'ouest[1].

DescriptionModifier

L'ouvrage est composé en surface de six blocs de combat et de deux blocs d'entrée, avec en souterrain une caserne, une cuisine, des latrines, un poste de secours, des PC, des stocks d'eau, de gazole et de nourriture, des installations de ventilation et de filtrage de l'air, des magasins à munitions (un M 1 et plusieurs M 2) et une usine électrique, le tout relié par des galeries profondément enterrées. Ces galeries sont construites au minimum à 30 mètres de profondeur pour les protéger des bombardements. L'énergie est fournie par quatre groupes électrogènes, composés chacun d'un moteur Diesel SGCM GVU 33 (fournissant 225 chevaux à 500 tr/min)[2] couplé à un alternateur, complétés par un petit groupe auxiliaire (un moteur CLM 1 PJ 65, de 8 ch à 1 000 tr/min)[3] servant à l'éclairage d'urgence de l'usine et au démarrage pneumatique des gros diesels. Le refroidissement des moteurs se fait par circulation d'eau.

La CORF avait prévu en 2e cycle deux autres tourelles d'artillerie, une pour lance-bombes de 135 mm et l'autre pour canons de 75 mm[4].

Le bloc 1 est une casemate cuirassée d'infanterie, armé avec deux cloches JM (jumelage de mitrailleuses) et une cloche GFM (guetteur et fusil mitrailleur).

Le bloc 2 est un bloc d'infanterie et même temps qu'un bloc d'observation, avec une tourelle de mitrailleuses, une cloche JM, une cloche GFM et une cloche VDP (vision directe et périscopique, indicatif O 5).

Le bloc 3 est un bloc-tourelle d'infanterie avec une tourelle de mitrailleuses et une cloche GFM.

Le bloc 4 est un bloc mixte servant de casemate d'infanterie en même temps que de bloc d'artillerie. Il est armé avec une tourelle pour mortier de 81 mm, un créneau mixte pour JM/AC 47 (jumelage de mitrailleuses et canon antichar de 47 mm), un autre créneau pour JM et une cloche GFM.

Le bloc 5 est une casemate d'artillerie flanquant vers l'est, avec trois créneaux pour canons de 75 mm modèle 1932, deux cloches GFM et une cloche LG (lance-grenades).

Le bloc 6 est une casemate d'artillerie flanquant vers l'ouest, avec trois créneaux pour canons 75 mm modèle 1932 et deux cloches GFM.

L'entrée des munitions est une entrée en puits, armée avec un créneau mixte pour JM/AC 47 et deux cloches GFM.

L'entrée des hommes est en puits, armée avec un créneau mixte pour JM/AC 47, une cloche GFM et une cloche lance-grenades.

HistoireModifier

Article connexe : Histoire de la ligne Maginot.

À l'origine, la colline de la Tiremont était un point stratégique d'observation offrant une vue sur les plaines alentour (le sommet est à 398 mètres). Elle avait d'ailleurs été occupée par l'armée française pendant la Grande Guerre, y ayant fait creuser des réseaux de tranchées et autres souterrains (abris, couchettes, etc.) ; ces aménagements sont d'ailleurs encore visibles aujourd'hui même recouverts sous la végétation ; le site étant aujourd'hui une vaste forêt d'où l'appellation actuelle de « bois de Latiremont ».

La position idéale du point fit convaincre l'état-major français d'y faire construire des lignes de fortification lourde dans le cadre du projet de fortification des frontières Nord et Nord-est (Ligne Maginot) Les travaux de construction durèrent de 1931 à 1935. Ces ouvrages ne servirent malgré tout à rien dans la protection de la France pendant la débâcle de 1940...

À noter que l'ensemble de la forêt est classé terrain militaire et donc interdite d'accès.

Voir aussiModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

BibliographieModifier

  • Jean-Yves Mary, Alain Hohnadel, Jacques Sicard et François Vauviller (ill. Pierre-Albert Leroux), Hommes et ouvrages de la ligne Maginot, t. 1, Paris, éditions Histoire & collections, coll. « L'Encyclopédie de l'Armée française » (no 2), (réimpr. 2001 et 2005), 182 p. (ISBN 2-908182-88-2).
    • Hommes et ouvrages de la ligne Maginot, t. 2 : Les formes techniques de la fortification Nord-Est, , 222 p. (ISBN 2-908182-97-1).
    • Hommes et ouvrages de la ligne Maginot, t. 3 : Le destin tragique de la ligne Maginot, , 246 p. (ISBN 2-913903-88-6).

Liens externesModifier

Localisation
Descriptions et photos

Notes et référencesModifier

  1. Jean-Yves Mary et Alain Hohnadel, op. cit., t. 3, p. 80.
  2. La SGCM, Société générale de constructions mécaniques, construisait des moteurs de marine à La Courneuve sous licence MAN. Les SGCM GVU 33 de Latiremont ont six cylindres, chacun avec 6 600 cm3 de cylindrée (un alésage à 200 mm et une course de 330 mm).
  3. Le nom du petit moteur Diesel CLM 1 PJ 65 correspond au fabriquant (la Compagnie lilloise de moteurs, installée à Fives-Lille), au nombre de cylindre (un seul fonctionnant en deux temps, mais avec deux pistons en opposition), au modèle (PJ pour « type Peugeot fabriqué sous licence Junkers ») et à son alésage (65 mm de diamètre, soit 700 cm3 de cylindrée).
  4. Jean-Yves Mary et Alain Hohnadel, op. cit., t. 3, p. 83.

Articles connexesModifier