Ouvrir le menu principal
Okakura Kakuzō
Okakura Tenshin.jpg
Okakura Kakuzō
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 50 ans)
Onsen d'Akakura (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Cimetière Somei (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
岡倉天心Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Université de Tokyo (d)
Ranshadō (d)
Tokyo School of Foreign Languages (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Fratrie
Parentèle
Koshirō Okakura (d) (petit-fils)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Domaine
Membre de
Maîtres
James Ballagh, Seikō Okuhara (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Œuvres principales

Okakura Kakuzō (岡倉覚三?, né le et mort le ), également connu sous le nom Okakura Tenshin (岡倉天心?), ou simplement Okakura, est un érudit japonais ayant contribué au développement des arts japonais en étant à l'initiative du mouvement nihonga. Il est l'auteur du célèbre livre Le Livre du thé.

Sommaire

BiographieModifier

Né à Yokohama, ville où son père, un samouraï de haut rang, s'était installé, Okakura Kakuzō s'initia à l'anglais et aux manières occidentales dans les magasins de négoces de ce grand port fréquenté par les étrangers. Enfant, il passa sept ans dans un temple bouddhiste à étudier les classiques chinois.

En 1875 il fréquente l'école Kaisei Gakkō qui allait devenir en 1877 la Faculté des Lettres de l'Université de Tokyo. Il y étudie avec le professeur américain Ernest Fenollosa[1], professeur invité du gouvernement japonais, qui était chargé des cours de sciences politiques, d'économie et de philosophie[2]. Celui-ci manifeste déjà son très grand intérêt pour l'art japonais.

En 1880, ses études terminées, il entre dans un département du Ministère de l'Éducation. Il assiste Fenellosa dans ses recherches sur l'art japonais en lui servant d'interprète (lors des conférences de Fenellosa) et de traducteur (de ses publications). En 1889, Okakura est l'un des principaux fondateurs de la première académie des beaux-arts du Japon, Tōkyō bijutsu Gakkō de Tokyo,(l'École des beaux-arts de Tōkyō) avant d'en devenir, l'année suivante, le directeur, puis d'en être évincé à la suite d’une lutte de pouvoir[1]. Il en démissionne en 1898, et est accompagné par 17 autres personnes, dont plusieurs professeurs renommés[2]. Quelques mois plus tard, il fonde le Nihon Bijutsuin (Institut des beaux-arts du Japon) avec Hashimoto Gahō et Yokoyama Taikan.

Son livre, Les Idéaux de l'Orient (1904), publié à la veille de la guerre russo-japonaise, est célèbre pour sa première phrase, « L'Asie est une ». Il a fait valoir que l'Asie est « une » dans son humiliation, dans son retard dans la modernisation, cause de sa colonisation par les puissances occidentales. Ce fut l'une des premières expressions du pan-asianisme. Plus tard, Okakura se sentit obligé de protester contre un Japon qui tentait de rattraper les puissances occidentales, mais en sacrifiant d'autres pays d'Asie durant la guerre russo-japonaise.

En 1904, il est invité par William Sturgis Bigelow au musée des Beaux-Arts de Boston qui lui offre, six ans plus tard, le poste de conseiller de la division d'art asiatique[3].

En 1906, il publie en anglais The Book of Tea (Le Livre du thé), au succès prolongé jusqu'à aujourd'hui en Occident.

Durant l'Ère Meiji, il est le premier doyen de l’École des beaux-arts de Tōkyō (maintenant l'Université des Arts de Tōkyō).

Il écrivit tous ses principaux ouvrages en anglais, en particulier de nombreuse recherches sur des arts traditionnels japonais. Il a voyagé en Europe, aux États-Unis, en Chine et en Inde.

Au Japon, Okakura, avec Fenollosa, est crédité d'avoir « sauvé » la peinture japonaise traditionnelle, qui était menacée d'être évincée par les peintures de style occidental et dont le chef de file était Seiki Kuroda.

En dehors du Japon, Okakura a eu un impact sur un certain nombre de personnalités importantes, directement ou indirectement, dont le philosophe Martin Heidegger, le poète Ezra Pound, et surtout le poète Rabindranath Tagore et la collectionneuse d'art Isabella Stewart Gardner, tous de proches amis.

ŒuvresModifier

  • The Ideals of the East (London: J. Murray, 1903), traduction française sous le titre Les Idéaux de l'Orient - Le Réveil du Japon par Jenny Serruys, préface d'Auguste Gérard, ambassadeur de France (Paris, Payot, 1917)
  • The Awakening of Japan (New York: Century, 1904) fr. Le Réveil du Japon (Payot)
  • The Book of Tea (New York: Putnam's, 1906), traduction française de Gabriel Mourey (1927) Le Livre du thé, Paris, André Delpeuch ; réédition Payot, puis chez Philippe Picquier (1996, 2006).
  • Lettre à mon chat (Librairie Naito, Le Petit Prince, Morges, 2015), (ISBN 978-2-9701021-0-6)

Notes et référencesModifier

  1. a et b Hyung 2014, p. 81.
  2. a et b Iwao Seiichi, 2002, p. 62
  3. Hyung 2014, p. 82.

À voir aussiModifier

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

  • (en) "We Must Do a Better Job of Explaining Japan to the World." Asahi Shimbun, 12 août, 2005.
  • (en) Christopher Benfey, The Great Wave : Gilded Age Misfits, Japanese Eccentrics, and the Opening of Old Japan. 2003.
  • (en) Hyung Il Pai, Heritage Management in Korea and Japan : The Politics of Antiquity and Identity [« Politique patrimoniale en Corée et au Japon »], Seattle, University of Washington Press, coll. « Korean studies of the Henry M. Jackson School of International Studies », , 298 p., livre électronique (ISBN 9780295804835 et 0295804831, OCLC 864899238).
  • Dictionnaire historique du Japon, t. 16 (N-R), Maisonneuve et Larose, (1re éd. 1990) (ISBN 2-7068-1633-3, lire en ligne), p. 62-63: article « Okakura Kakuzō ».
  • Okakura Kakuzō (trad. Corinne Atlan et Zéno Bianu), Le livre du thé, Philippe Picquier, coll. « Picquier poche », 2006 pour l'édition de poche (1re éd. 1906), 170 p., 18 cm (ISBN 2-87730-851-0, notice BnF no FRBNF40157595). Préface et postface de Sen Soshitsu XV.

Liens externesModifier