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Nicolas Gerbel

humaniste allemand, professeur de droit à l’université de Strasbourg
Nikolaus Gerbel
Nicolas Gerbel.jpg
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Anton Gerbel (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Nicolas Gerbel (en latin Nicolaus Gerbellius Phorcencis, parfois Musophilus) est un humaniste, juriste et théologien luthérien allemand, né à Pforzheim vers 1485, mort à Strasbourg le 20 janvier 1560.

Sommaire

BiographieModifier

Il s'inscrivit pour ses études à l'université de Vienne en 1502, et il y devint membre en 1505 du collège de poètes fondé en cette ville par Conrad Celtes. En juin 1506, il passa à l'université de Cologne. Il se mit à cette époque en relation avec l'abbé Jean Trithème. En 1507, il enseigna dans l'école de sa ville natale Pforzheim et y eut pour élève le jeune Philippe Mélanchthon. À partir de mai 1508, il poursuivit ses études comme magister à l'université de Tübingen (où il fit la connaissance de Jean Reuchlin, son compatriote de Pforzheim). En 1510/11, il était régent dans un collège à Mayence. En 1512, il retourna à Vienne, où il travailla comme lecteur et correcteur pour des libraires-imprimeurs de la ville (comme Lukas Alantsee et Johannes Singreiner). En mai 1513, douze distiques de lui furent imprimés à Strasbourg, par Mathias Schurer, dans un volume de poésie de Conrad Celtes. Après avoir suivi des cours de droit à Vienne, il partit en septembre 1514 pour Bologne, où il fut reçu le 2 octobre docteur en décret. Il rendit visite au cours de ce voyage à la librairie d'Alde Manuce à Venise.

En janvier 1515, il était à Strasbourg où il avait été nommé jurisconsulte et secrétaire de l'évêché, fonction qu'il devait conserver jusqu'en 1540 (la ville étant passé entretemps au luthéranisme). Cette même année, il se lia d'amitié avec Ulrich von Hutten, et entra aussi en rapport avec Érasme. Dans la période suivante, il s'intégra dans le cercle des humanistes qui illustrait alors l'Alsace et les alentours (notamment Beatus Rhenanus, Jacques Wimpfeling, Michael Hummelberg, Jacques Sturm). Ayant adhéré tôt à la Réforme (et ayant établi une correspondance avec Martin Luther), il polémiqua avec Thomas Murner. Il resta toute sa vie un partisan inébranlable du luthéranisme. En 1541/43, il fut professeur d'histoire, toujours à Strasbourg.

ŒuvreModifier

Il est l'auteur de dialogues (Carolus, mai 1520 ; Huttenus captivus, octobre 1520), de discours (Oratio ad Carolum maximum... et Germaniæ principes pro Ulricho Hutteno... et Martino Luthero, février 1521) et de lettres dans lesquels il défend ses positions religieuses et ses amis, notamment Ulrich von Hutten. Certains pamphlets lui sont attribués hypothétiquement. Mais il est surtout resté dans les mémoires comme philologue humaniste, éditeur de nombreux textes de l'Antiquité et du Moyen Âge dont il a donné parfois l'editio princeps (principalement à Bâle, chez Jean Oporin). Cette activité se scinde en deux périodes (de 1514 à 1520, puis à partir des années 1530), car il fut entre les deux absorbé par d'autres tâches. Dans la première période, il édita : les Métamorphoses d'Ovide, Cicéron, Apulée, les comédies de Térence, les Vies des sophistes de Philostrate, la Conjuration de Catilina de Salluste, les Nuits Attiques d'Aulu-Gelle, le De natura locorum d'Albert le Grand, un recueil plusieurs fois réimprimé et augmenté de fables latines, et pour les modernes les œuvres de Giulio Pomponio Leto. Dans la seconde période, il donna : l' Anabase d'Arrien (1539), l' Alexandra de Lycophron (1542), les Chiliades de Jean Tzétzès (1546, titre inventé par lui).

En 1540, il publia le De Cæsaribus et imperatoribus Romanis de son maître de Vienne Jean Cuspinien (avec une biographie de ce dernier écrite par lui) ; en 1553, il édita aussi les Fasti consulares du même (commentaires de Cassiodore, Sextus Rufus et d'une liste consulaire anonyme appelée les Fasti Vindobonenses). En 1545, il publia un livre autour de la carte de la Grèce établie par l'humaniste italo-grec Nicolas Sophianos : Nicolai Gerbelij in descriptionem Græciæ Sophiani præfatio ; seconde édition en 1550 : Nicolai Gerbelij Phorcensis pro declaratione picturæ sive descriptionis Græciæ Sophiani (Bâle, chez Jean Oporin).

Voir aussiModifier