Najib Razak

homme politique malaisien

Najib Razak
Illustration.
Najib Razak en 2008.
Fonctions
Premier ministre de Malaisie

(9 ans, 1 mois et 7 jours)
Monarque Mizan Zainal Abidin
Abdul Halim Muadzam Shah
Muhammad Faris Petra
Prédécesseur Abdullah Ahmad Badawi
Successeur Mahathir Mohamad
Ministre des Finances

(9 ans, 7 mois et 23 jours)
Monarque Mizan Zainal Abidin
Premier ministre Abdullah Ahmad Badawi
Lui-même
Prédécesseur Abdullah Ahmad Badawi
Successeur Lim Guan Eng
Vice-Premier ministre

(5 ans, 2 mois et 28 jours)
Monarque Sirajuddin
Mizan Zainal Abidin
Premier ministre Abdullah Ahmad Badawi
Prédécesseur Abdullah Ahmad Badawi
Successeur Muhyiddin Yassin
Ministre de la Défense

(3 ans, 10 mois et 17 jours)
Monarque Sirajuddin
Mizan Zainal Abidin
Premier ministre Mahathir Mohamad
Abdullah Ahmad Badawi
Successeur Abdullah Ahmad Badawi
Biographie
Nom de naissance Mohammad Najib bin Tun Abdul Razak[1]
Date de naissance (67 ans)
Lieu de naissance Kuala Lipis (Fédération de
Malaisie
)
Nationalité malaisienne
Parti politique Organisation nationale des Malais unis
Père Abdul Razak
Diplômé de Université de Nottingham
Religion Islam
Résidence Seri Perdana, Putrajaya

Najib Razak
Premiers ministres malaisiens

Mohammad Najib bin Tun Abdul Razak, dit Najib Razak, né le , est un homme d'État malaisien. Dirigeant de l'Organisation nationale des Malais unis, il est Premier ministre de Malaisie de 2009 à 2018.

BiographieModifier

Jeunesse et vie privéeModifier

 
Son épouse, Rosmah Mansor, en 2010.

Najib Razak naît le à Kuala Lipis dans le Pahang[2]. Il est le fils du deuxième Premier ministre malaisien Abdul Razak et le neveu du successeur de ce dernier, Hussein Onn[2]. Son frère cadet, Nazir Razak (en), dirige Bumiputra-Commerce Holdings (en), la deuxième plus grande société de prêt du pays[3]. Najib Razak est également l'un des quatre aristocrates du Pahang Darul Makmur (cour royale) en vertu du titre dont il a hérité, Orang Kaya Indera Shahbandar (en).

Il effectue son éducation primaire puis secondaire à la St. John's Institution (en) à Kuala Lumpur[2]. Il suit ensuite les cours du Malvern College (en), en Angleterre, puis fréquente l'université de Nottingham, où il obtient un baccalauréat universitaire en organisation industrielle en 1974[2]. Il retourne la même année en Malaisie pour faire son entrée dans le monde des affaires en entrant chez Petronas (la compagnie pétrolière nationale malaisienne) comme directeur des affaires publiques[4].

En 1976, il se marie avec Tengku Puteri Zainah Tengku Eskandar (dite « Kui Yie »), nièce du sultan du Pahang, avec laquelle il a trois enfants : Nizar Najib (né en 1978), Nazifuddin Najib (né en 1985) et Puteri Norlisa Najib. Le couple divorce en 1987 et Najib Razak épouse Rosmah Mansor (en), une roturière divorcée, dont il a deux enfants : Norashman Najib et Nooryana Najwa Najib[2]. Cette dernière est mariée au neveu de l'ancien président kazakh Noursoultan Nazarbaïev[5].

Parcours politiqueModifier

Najib Razak est l'un des hommes politiques malaisiens ayant occupé le plus de fonctions régaliennes[réf. nécessaire] : ministre de la Défense et vice-Premier ministre dans le gouvernement de Abdullah Ahmad Badawi (2004-2008), il est également ministre des Finances (2008-2009 et à nouveau dans son propre gouvernement depuis 2009).

Le , il est nommé Premier ministre par le roi Mizan Zainal Abidin. Il est alors aussi président de l'Organisation nationale des Malais unis (UMNO), parti membre de la coalition Barisan Nasional, au pouvoir depuis l'indépendance en 1957.

DébutsModifier

Najib Razak est élu au parlement de Malaisie en 1976, remplaçant son père décédé dans la circonscription de Pekan dans le Pahang[6].

Il entre pour la première fois au gouvernement en 1978 lorsqu'il est nommé, à l'âge de 25 ans, ministre adjoint de l'Énergie, des Télécommunications et des Postes[2]. Il est entre 1982 et 1986 le Menteri Besar (ministre en chef) du Pahang[6]. En 1986, il est nommé ministre de la Culture, de la Jeunesse et des Sports dans le cabinet de Mahathir Mohamad[2]. Il se concentre sur l'amélioration des sports malaisiens et instaura en 1988 la politique nationale des Sports. Ainsi, en 1989, la Malaisie atteignit une performance qu'elle n'a jamais égalée lors des Jeux d'Asie du Sud-Est à Kuala Lumpur.[réf. nécessaire]

Fonctions à l’UMNOModifier

En 1976, Najib Razak est nommé à la tête de la branche de Pekan des jeunesses de l'Organisation nationale des Malais unis (UMNO) et devient alors membre du conseil exécutif (Exco) des jeunes de l'UMNO. En 1981, il est sélectionné pour être membre du conseil suprême de l'UMNO, avant d'obtenir en 1982 le poste de vice-président des jeunes UMNO[7],[8].

Il est nommé en 1987 chef par intérim des jeunes de l'UMNO pour succèder à Anwar Ibrahim qui devient vice-président du parti. À la suite de tensions ethniques croissantes, des déclarations hostiles aux Chinois de Malaisie se font entendre au cours d'un rassemblement des jeunes UMNO à Kampung Baru auquel participait également Najib Razak qui y tient un discours. L'accentuation des tensions interethniques fait craindre l'explosition de violences interethniques et se conclut par une opération de sécurité, connue sous le nom de d’opération Lalang, qui inclut de nombreuses rétentions administratives[9].

En 1988, à la suite d’une importante réorganisation et de la fondation du « nouveau » UMNO engagées par Mahathir Mohamad après la crise constitutionnelle malaisienne de 1988 (en), Najib Razak devient président des jeunes UMNO[8].

En 1993, Najib Razak est élu pour être l'un des six vice-présidents de l'UMNO en réponse à la décision d'Anwar de se présenter pour le poste de président adjoint de l'UMNO[7]. Il continue à défendre sa position aux élections du parti de 1993, 1996 et 2004[10].

Au GouvernementModifier

Ministre de la Défense (1990-1995)Modifier

En 1990, Mahathir Mohamad le nomme ministre de la Défense[2]. En 1993, les troupes malaisiennes sont déployées pour assister les Nations unies dans ses efforts de maintien de la paix en Bosnie[2]. Les forces malaisiennes sont bien accueillies par les Bosniens mais aussi par les Serbes et les Croates[11]. Par ailleurs, le contingent est le grand contingent non occidental en Bosnie[2].

La Malaisie apporte aussi son soutien aux opérations de maintien de la paix en Somalie, perdant un soldat lors de la bataille de Mogadiscio. Najib critique ensuite l'opération des Nations unies en Somalie, jugeant qu'elle accorde trop d'importance à l'action militaire[12]. La Malaisie présente ensuite une préférence pour la participation aux missions d’« application de la paix » du chapitre VI plutôt qu'à celles de « maintien de la paix » du chapitre VII de la charte des Nations unies[13].

Ministre de l'Éducation (1995-2000)Modifier

Durant ses cinq années à l’Éducation, il crée une structure de société indépendante pour les universités publiques et encourage la collaboration avec des institutions et universités étrangères.[réf. nécessaire] La loi de 1996 sur les institutions privées d'enseignement supérieur permet aux universités étrangères d'implanter en Malaisie des écoles délivrant des diplômes, ce qui apporte des opportunités éducatives aux Malaisiens et positionne le pays comme un centre régional pour l'apprentissage[14]. Il promeut également le certificat d'enseignement au statut de diplôme, les enseignants ainsi diplômés pouvant alors recevoir un meilleur salaire au début de leur carrière[15].

Lors des élections législatives de 1999, Najib Razak subit un important revers ; il est lui-même réélu au Parlement de justesse, avec une avance de seulement 241 voix, soit bien moins que les 10 000 voix d'avance qu'il avait lors des élections précédentes[16].

Premier ministreModifier

En , Najib Razak annule la règle qui impose 30 % de propriété malaisienne dans les sociétés, et autorise les Malaisiens non malais, tels que les Chinois ou les Indiens, à exercer plus de contrôle financier en Malaisie. Il œuvre aussi à l'amélioration des relations avec Singapour, ce qui est vu par beaucoup comme un encouragement à investir plus massivement dans l'économie malaisienne[17].

Le , après les élections législatives, il démissionne de la présidence de l'UMNO et de celle du Barisan Nasional. Il est remplacé par un vice-président de l'UMNO, Hishammuddin Hussein (en)[18].

Scandale 1MDBModifier

En , le Wall Street Journal fait part de soupçon de détournement de fonds au profit de Najib Razak portant sur un demi-milliard d'euros (le scandale 1MDB). L'intéressé qui fait preuve d'un autoritarisme croissant et prend des mesures liberticides, évite de s'impliquer directement dans la polémique laissant à ses adjoints le soin de le défendre[19],[20].

Le , deux jours après son départ de la tête du gouvernement, à la suite de la défaite de son parti aux élections législatives malaisiennes de 2018, au profit de la coalition d'opposition Pakatan Harapan, il est interdit de sortie du territoire[21], à la demande de Mahathir[22], alors qu'il s'apprêtait à se rendre en Indonésie pour une « pause »[23]. Durant la campagne, son rival l'ancien Premier ministre Mahathir Mohamad, qui lui a finalement succédé, a déclaré vouloir le poursuivre, éventuellement « par Interpol s'il s'enfuyait »[24].

Ensuite, son domicile, où des sacs de luxe et des diamants sont découverts, est perquisitionné et Razak est entendu par l'agence anticorruption le [25]. Ces biens sont saisis par la police[26].

Le , il est arrêté puis inculpé le lendemain de quatre chefs de corruption[27]. Il est ensuite libéré sous caution[28].

Il est de nouveau arrêté le [29] et inculpé le lendemain de quatre nouveaux chefs de blanchiment d'argent[30]. Il est peu après libéré sous caution[31]. Le , son épouse est à son tour inculpée pour détournement de fonds[32]

Son procès débute le [33].

Le 28 juillet 2020, Najib Razak est reconnu coupable, de tous les chefs d’accusation dans son premier procès pour le retentissant scandale de corruption 1MDB. Ses proches sont également accusés d’avoir pillé le fonds souverain Malaysia Development Berhad (1MDB), censé contribuer au développement économique de la Malaisie, dans une fraude de plusieurs milliards de dollars aux ramifications planétaires. Une partie des fonds détournés aurait servi à financer le film Le Loup de Wall Street, de Martin Scorsese, avec Leonardo DiCaprio, tandis que la banque Goldman Sachs a été éclaboussée par l’affaire[34]. Najib Razak est condamné à 12 ans de prison après avoir été reconnu coupable lors de son premier procès dans le cadre du retentissant scandale de corruption 1MDB ; la Haute Cour de Kuala Lumpur le condamne également à une amende de 210 millions de ringgit (49 millions de dollars) après l'avoir reconnu coupable de sept chefs d'accusation liés au pillage du fonds souverain 1Malaysia Development Berhad[35]. Il reste libre en l'attente du procès en appel[36].

Notes et référencesModifier

  1. (en) « Portal Rasmi Parlimen Malaysia - Profile Ahli Dewan », sur www.parlimen.gov.my (consulté le 24 novembre 2020).
  2. a b c d e f g h i et j David Delfolie, « Dato’Seri Mohamad Najib bin Tun Abdul Razak », Les Champs de Mars, no 18,‎ , p. 155 (ISSN 1253-1871, DOI 10.3917/lcdm1.018.0155, lire en ligne, consulté le 24 novembre 2020).
  3. (en) « The band of brothers », sur www.thestar.com.my, (consulté le 24 novembre 2020).
  4. (en) « Najib Razak », sur britannica.com (consulté le 13 avril 2019).
  5. (en) « Malaysian PM Najib to solemnise daughter's marriage to Kazakhstan President's nephew », sur The Straits Times, (consulté le 24 novembre 2020).
  6. a et b (en) Garimella Subramaniam, « Najib Razak | The fall of a titan », The Hindu,‎ (ISSN 0971-751X, lire en ligne, consulté le 24 novembre 2020).
  7. a et b (en) « Najib is Deputy PM, Cabinet reshuffled », sur thestar.com (consulté le 13 avril 2019).
  8. a et b (en) « TIMELINE: The rise of Najib, Malaysia's sixth Prime Minister », sur in.reuters.com, (consulté le 13 avril 2019).
  9. (en) Graham K. Brown, « Balancing the Risks of Corrective Surgery: The political economy of horizontal inequalities and the end of the New Economic Policy in Malaysia », sur assets.publishing.service.gov.uk, (consulté le 24 novembre 2020).
  10. (en) « Dato' Seri Najib Razak Biography », sur perdana.org (consulté le 13 avril 2019).
  11. (en) « Najib: We’ll send troops despite Israeli reservations », sur thestar.com, (consulté le 24 novembre 2020).
  12. (en) « American soldiers 'held hostage by warlord' », sur HeraldScotland, (consulté le 24 novembre 2020).
  13. (en) « Malaysia's Peacekeeping Effort », sur coe-dmha.org, (consulté le 24 novembre 2020).
  14. (en) « Najib’s Challenge: Clean up UMNO « Malaysia's Dilemma », sur malaysiasdilemma.wordpress.com, (consulté le 24 novembre 2020).
  15. (ms) « 190,000 guru naik gaji -- * Kenaikan sehingga RM365 * sijil perguruan setaraf diploma », sur tusan.com.my, (consulté le 24 novembre 2020).
  16. (en) « Ex M'sian PM Najib under siege, but still a force », sur www.thestar.com.my, (consulté le 24 novembre 2020).
  17. (en) John Burton, « Najib looks to be radically different », sur www.ft.com, (consulté le 24 novembre 2020).
  18. (ms) « Najib letak jawatan Presiden UMNO, Pengerusi BN », sur Berita Harian, (consulté le 24 novembre 2020).
  19. Le Monde du 14 octobre 2015 p. 4.
  20. Randeep Ramesh, « De Bangkok à LA, le roman d'une arnaque mondiale », Vanity Fair no 42, décembre 2016 - janvier 2017, pages 105-109.
  21. « Malaisie : Najib, interdit de voyager, abandonne ses fonctions politiques », sur L'Orient-Le Jour (consulté le 12 mai 2018).
  22. Le Point, magazine, « L'ex-Premier ministre Najib, soupçonné de corruption, interdit de sortir de Malaisie », sur Le Point (consulté le 13 mai 2018).
  23. Laurence Defranoux, « Malaisie: le Premier ministre sortant empêché de quitter le pays », sur Libération, (consulté le 13 mai 2018)  .
  24. « Malaisie : victoire historique de l’opposition », sur Le Monde.fr (consulté le 10 mai 2018).
  25. « MALAISIE - 1MDB, le plus gros scandale financier de la planète ? » (consulté le 25 mai 2018).
  26. Le Point, magazine, « Malaisie: près de 30 millions de dollars saisis chez l'ex-Premier ministre », sur Le Point (consulté le 25 mai 2018).
  27. « Malaisie : l’ancien premier ministre Najib Razak inculpé de corruption », sur Le Monde.fr (consulté le 5 juillet 2018).
  28. « L’ex-premier ministre malaisien Najib Razak arrêté pour blanchiment », sur Le Monde.fr (consulté le 20 septembre 2018).
  29. « L'ex-Premier ministre Najib Razak a été arrêté », sur tdg.ch/ (consulté le 19 septembre 2018).
  30. « Malaisie: de nouveaux chefs d'accusation contre l'ex-Premier ministre Najib Razak », sur L'Orient-Le Jour (consulté le 20 septembre 2018).
  31. « Malaisie: le chef de l'opposition inculpé dans une affaire de corruption », sur Le Figaro (consulté le 19 octobre 2018).
  32. « Malaisie : Rosmah Mansor, l’épouse de l’ancien premier ministre, inculpée de détournement de fonds », sur Le Monde.fr (consulté le 6 octobre 2018).
  33. « Malaisie : l’ex-premier ministre Najib Razak devant les juges », sur Le Monde.fr (consulté le 4 avril 2019).
  34. « Scandale de corruption 1MDB : l’ex-premier ministre malaisien Najib Razak déclaré coupable », sur Le Monde.fr, (consulté le 28 juillet 2020).
  35. « Scandale en Malaisie : l'ex-Premier ministre Najib Razak condamné à 12 ans de prison », sur rtbf.be, (consulté le 28 juillet 2020).
  36. « Scandale 1MDB: l'ex-Premier ministre malaisien Najib Razak condamné à 12 ans de prison », sur Le Point, lepoint.fr, (consulté le 29 juillet 2020).

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier