Naiqama Lalabalavu

homme politique fidjien

Ratu Naiqama Lalabalavu, né le 23 décembre 1953, est un grand chef et homme politique fidjien.

Naiqama Lalabalavu
Fonctions
Chef de l'opposition parlementaire des Fidji
En fonction depuis le
(1 an, 5 mois et 13 jours)
Premier ministre Frank Bainimarama
Prédécesseur Sitiveni Rabuka
Premier ministre fantôme des Fidji

(4 ans, 1 mois et 8 jours)
Gouvernement Cabinet fantôme Lalabalavu
Biographie
Nom de naissance Naiqama Tawake Lalabalavu
Date de naissance (68 ans)
Nationalité Fidjienne
Parti politique SVT (jusqu'en 2001)
Alliance conservatrice (2001-2006)
SDL (2006-2013)
Sodelpa (depuis 2013)

TitulatureModifier

Il porte depuis 1999 le titre de Tui Cakau, chef suprême traditionnel des populations autochtones de la province de Cakaudrove et de la confédération Tovata, ce qui fait de lui l'un des trois grands chefs suprêmes traditionnels du pays[1].

Carrière politiqueModifier

Il fait son entrée à la Chambre des représentants comme député du parti Soqosoqo ni Vakavulewa ni Taukei (« Parti politique autochtone »), parti de la droite autochtone, aux élections législatives de mai 1999[2]. Il remporte la circonscription de Lau-Taveuni-Rotuma avec 58 % des voix[3]. Il siège sur les bancs de l'opposition face au gouvernement travailliste du Premier ministre Mahendra Chaudhry jusqu'à ce que celui-ci soit renversé en mai 2000 lors d'un coup d'État mené par des nationalistes autochtones, dirigés par George Speight. Speight vise à réserver à la population autochtone la direction du pays, et s'indigne qu'un membre de la communauté indienne soit devenu premier ministre. Lalabalavu et plusieurs autres chefs autochtones soutiennent ouvertement le coup d'État ; Speight le nomme ministre des Affaires autochtones dans son gouvernement auto-proclamé. Speight est arrêté et condamné à la prison à perpétuité pour trahison. Ses partisans s'associent alors en un nouveau parti politique d'extrême droite, pour défendre ses thèses racistes et suprémacistes par la voie politique. Naiqama Lalabalavu est choisi pour diriger ce parti : l'Alliance conservatrice[2],[4],[3].

Les élections de 2001 portent au pouvoir Laisenia Qarase et son parti Soqosoqo Duavata ni Lewenivanua (« Parti des Fidji unies », droite autochtone). Lalabalavu est élu député de la circonscription ethnique autochtone de Cakaudrove-est. L'Alliance conservatrice s'associe au SDL, et entre au gouvernement. Naiqama Lalabalavu est nommé ministre des Terres et des Ressources minières. En , il est condamné à huit mois de prison pour son rôle lors du coup d'État de l'an 2000. Il démissionne du gouvernement pour purger sa peine[5],[3]. Qarase le fait rapidement libérer (il ne demeure en prison que onze jours), et il retrouve une place au gouvernement, comme ministre des Affaires autochtones. Il demeure à la tête de l'Alliance conservatrice, jusqu'à ce que celle-ci se dissolve pour fusionner avec le SDL en amont des élections de 2006[6]. À la suite des élections, Qarase le maintient au poste de ministre des Affaires autochtones, et le nomme également ministre des Terres et du Développement des provinces[7],[3].

Le gouvernement Qarase est renversé en par le chef des armées, le contre-amiral Voreqe Bainimarama, qui l'accuse de mener une politique raciste à l'encontre de la minorité indo-fidjienne, et de diviser le pays. Pendant les huit années qui suivent, Bainimarama dirige le pays avec l'appui des forces armées, et introduit des réformes politiques visant à amoindrir le racisme en politique. Des élections ont lieu en septembre 2014, et sont remportées par le parti Fidji d'abord, fondé par Bainimarama. Naiqama Lalabalavu est néanmoins élu député pour le parti Sodelpa, refonte du parti SDL. Ro Teimumu Kepa, chef du Sodelpa, est reconnue comme chef de l'opposition officielle au nouveau Parlement, mais décline la direction du cabinet fantôme, et nomme Lalabalavu au poste de « Premier ministre fantôme » (Shadow Prime Minister)[8],[9].

Le le Parlement vote sa suspension de l'assemblée pour une durée de deux ans, pour propos outranciers proférés en dehors de la chambre à l'égard de la présidente du Parlement[10]. Il est réélu député (de justesse) lors des élections législatives de novembre 2018, auxquelles son fils Ratu Atonio Lalabalavu est également élu[11]. Il est nommé ministre fantôme des Affaires autochtones dans le cabinet fantôme du nouveau chef de l'Opposition, Sitiveni Rabuka[12].

Fin novembre 2020, le député Viliame Gavoka défie avec succès Sitiveni Rabuka pour la direction du parti Sodelpa. Le 9 décembre, les députés du parti élisent toutefois Ratu Naiqama comme chef de l'opposition parlementaire, dissociant ainsi ce poste de celui de chef du parti[3].

RéférencesModifier

  1. (en) "Tui Cakau calls on people to vote wisely", FijiOne, 4 juillet 2014
  2. a et b (en) "Fijian coup supporters form party", TVNZ, 26 mars 2001
  3. a b c d et e (en) "High chief elected Fiji's new Opposition Leader", Radio New Zealand, 9 décembre 2020
  4. (en) Edward Aspinall, Robin Jeffrey, Anthony Regan, Diminishing Conflict in Asia and the Pacific: Why Some Subside and Others Don’t, Routledge, 2012, (ISBN 978-0-415-67031-9), p. 179
  5. (en) "New Fiji Lands Minister to replace Ratu Naiqama Lalabalavu", Radio Australia, 8 avril 2005
  6. (en) Stewart Firth, Jon Fraenkel, Brij V. Lal., The 2006 Military Takeover in Fiji: A Coup to End All Coups?, ANU Press, 2009, (ISBN 9781921536502), p. 22
  7. (en) "Fiji Cabinet sworn in", Xinhua, 24 mai 2006
  8. (en) "Shadow ministers", Fiji Times, 18 octobre 2014
  9. (en) "Who is the Leader? Ro Teimumu or Ratu Naiqama?", Fiji Sun, 20 octobre 2014
  10. (en) "Ratu Naiqama suspended", Fiji Times, 22 mai 2015
  11. (en) "Father And Son Team For Parliament", The Fiji Sun, 18 novembre 2018
  12. (en) "Opposition releases shadow cabinet portfolios", Fiji Broadcasting Corporation, 28 novembre 2018